En Ukraine, Blinken appelle Moscou à cesser ses actions "dangereuses et agressives"

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken (à d.), et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, posent pour une photo avant une réunion à Kiev, en Ukraine, le 6 mai 2021.
Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken (à d.), et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, posent pour une photo avant une réunion à Kiev, en Ukraine, le 6 mai 2021. © Efrem Lukatsky, Reuters

Le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé jeudi depuis Kiev le soutien des États-Unis à l'Ukraine, en proie à une guerre avec des séparatistes prorusses, et a appelé la Russie à cesser ses "actions dangereuses et agressives" à l'égard de ce pays.

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Le chef de la diplomatie américaine a appelé, jeudi 6 mai, la Russie à cesser son comportement "agressif" à l'égard de l'Ukraine, des forces armées russes en nombre significatif restant déployées à la frontière avec ce pays.

"Nous regardons vers la Russie pour qu'elle cesse ses actions dangereuses et agressives", a dit Antony Blinken, lors de sa rencontre à Kiev avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

"Nous sommes conscients que la Russie a retiré certaines forces de sa frontière avec l'Ukraine, mais nous voyons qu'il reste des forces significatives", a-t-il souligné, promettant de travailler avec l'Ukraine pour qu'elle "puisse se défendre elle-même contre une agression".

De son côté Volodymyr Zelensky a dénoncé le retrait russe "trop lent", annoncé par Moscou le 23 avril après des semaines de tensions suite au déploiement de dizaines de milliers d'hommes à leur frontière commune et en péninsule ukrainienne de Crimée annexée par la Russie en 2014.

Cette démonstration de force a fait craindre à Kiev et aux Occidentaux une possible offensive, voire une invasion.

D'autant que ce déploiement massif s'était accompagné d'un regain de violences dans le conflit avec les séparatistes prorusses, dont la guerre avec l'armée ukrainienne dans l'est du pays a fait plus de 13 000 morts depuis 2014.

"Nous considérons que la réduction [des troupes russes] est trop lente, voilà pourquoi la menace peut toujours exister", a indiqué Volodymyr Zelensky. Il s'est tout de même félicité d'une baisse des attaques de tireurs d'élite séparatistes sur la ligne de front dans l'Est.

Largement considérée comme le parrain militaire et financier de ces rebelles, la Russie avait elle affirmé que ses mouvements de troupes "ne menaçaient personne", et qu'il s'agissait d'une réponse à des opérations "agressives" de l'Otan en Europe orientale.

Washington, Bruxelles et l'Otan ont multiplié les déclarations de soutien à Kiev, mais n'ont pas accédé à la demande ukrainienne d'accélérer son adhésion à l'Alliance atlantique, une ligne rouge pour Moscou.

Premier haut responsable américain à visiter l'Ukraine depuis l'investiture de Joe Biden en janvier, Antony Blinken s'est recueilli devant un mémorial aux militaires tués dans la guerre avec les séparatistes.

Oligarques et corruption

"Je suis vraiment venu" pour "exprimer personnellement au nom du président Biden à quel point nous apprécions notre amitié, notre partenariat avec l'Ukraine", a-t-il dit au président ukrainien. "Nous sommes fermement à vos côtés."

Kiev a de son côté dit "apprécier profondément" l'aide de Washington depuis 2014, a souligné le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba.

Rien que cette année, Washington prévoit de fournir à Kiev de l'aide sécuritaire et militaire pour plus de 400 millions de dollars.

L'Ukraine espère aussi, selon des analystes, la poursuite des livraisons d'armes létales américaines.

Volodymyr Zelensky a en outre invité le président Joe Biden a participer à un sommet sur la Crimée prévu à Kiev en août, à l'occasion du 30e anniversaire de l'indépendance ukrainienne.

Le voyage du secrétaire d'État américain intervient au moment où la Maison Blanche a accru la pression sur la Russie avec de nouvelles sanctions et des expulsions de diplomates, tout en cherchant à organiser un sommet entre Joe Biden et Vladimir Poutine dès juin.

Au-delà des tensions internationales, Antony Blinken a pressé Kiev d'attaquer plus activement la corruption, dossier brûlant dans dans le pays et dans les relations avec l'Occident.

L'Ukraine fait face à deux défis : "des forces externes comme la Russie, mais aussi des forces internes, comme des oligarques et d'autres individus puissants qui poursuivent leurs propres intérêts par des moyens illégitimes au détriment des intérêts du peuple ukrainien", a souligné Antony Blinken.

Une récente décision ukrainienne a crispé tant Washington que Bruxelles : le limogeage fin avril du patron du géant énergétique national Naftogaz, Andriï Koboliev, réputé réformateur, et du conseil d'observation de cette société.

Washington avait dénoncé une décision témoignant d'un "mépris des pratiques de gouvernance équitable et transparente".

Avec AFP

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