En Biélorussie, l'opposant Roman Protassevitch placé en résidence surveillée

L'opposant Roman Protassevitch lors d'un briefing organisé par le ministère biélorusse des Affaires étrangères, le 14 juin 2021 à Minsk.
L'opposant Roman Protassevitch lors d'un briefing organisé par le ministère biélorusse des Affaires étrangères, le 14 juin 2021 à Minsk. © AFP

Le journaliste et opposant biélorusse Roman Protassevitch, arrêté le 23 mai lors du détournement d'un avion de ligne européen par Minsk, a été transféré d'un centre de détention à une résidence surveillée dans la capitale, a indiqué vendredi un responsable de l'opposition. Sa compagne, Sofia Sapega, a également été transférée dans un appartement loué.

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La Biélorussie a transféré l'opposant politique Roman Protassevitch, arrêté en mai après l'atterrissage forcé d'un avion Ryanair à Minsk, d'un centre de détention à une résidence surveillée, a rapporté, vendredi 25 juin, un responsable de l'opposition en exil.

"Je viens de parler aux parents de Roman Protassevitch. Il a été placé en résidence surveillée. Mais ce n'est pas la liberté. C'est une prison d'un autre genre. Les gens du KGB vivent dans la même chambre que lui", a écrit sur Twitter Franak Viacorka, conseiller de la cheffe de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa.

La compagne de Roman Protassevitch, Sofia Sapega, arrêtée en même temps que lui, a également été placée en résidence surveillée, selon son avocat Alexandre Filanovitch, qui a dit sur Telegram espérer une "évolution positive dans un futur proche".

Franak Viacorka a précisé que les parents de l'opposant n'ont "pas de contact avec Roman et ont peur qu'il serve de monnaie d'échange avec l'Occident", qui a imposé des sanctions économiques à la Biélorussie. Il a aussi publié une photo prise par un passant à Minsk, montrant ce qui semble être Roman Protassevitch et Sofia Sapega donnant une interview dans un parc de la ville.

Depuis son arrestation, le journaliste de 26 ans a été exhibé plusieurs fois à la télévision, ses soutiens dénonçant des interviews "sous contrainte".

Svetlana Tikhanovskaïa a salué sur sa chaîne Telegram une "bonne nouvelle" même si "la résidence surveillée n'est pas la liberté". "Ils sont toujours mis en examen, leurs moindres mouvements sont surveillés. Ils sont donc toujours retenus en otages", selon elle.

>> À voir : "Biélorussie : les opposants en exil demandent à l'UE de se montrer plus ferme contre le régime"

Sofia Sapega et Roman Protassevitch sont accusés d'avoir coordonné, sur les réseaux sociaux, le mouvement de protestation historique ayant éclaté l'an passé en Biélorussie après la réélection du président Alexandre Loukachenko à un cinquième mandat – scrutin dénoncé comme frauduleux.

Le régime d'Alexandre Loukachenko a durement réprimé ce mouvement, faisant arrêter ou contraignant à l'exil tous les leaders de la contestation, dont plusieurs sont actuellement jugés.

Vendredi, le Parquet biélorusse a annoncé que l'avocat Maxime Znark et Maria Kolesnikova, une figure charismatique de l'opposition arrêtée en septembre, avaient été inculpés pour "complot visant à s'emparer du pouvoir".

Alexandre Loukachenko avait suscité l'indignation des Occidentaux en envoyant fin mai un avion de chasse intercepter un vol Ryanair reliant Athènes à Vilnius, à bord duquel voyageaient Roman Protassevitch et Sofia Sapega. Il avait évoqué une alerte à la bombe, une affirmation jamais étayée.

Cette semaine, l'Union européenne et Washington ont pris de nouvelles sanctions contre des dizaines de responsables et d'entités liés au régime biélorusse, dont les ministres de la Défense et des Transports, le commandant de l'armée de l'air et l'un des fils d'Alexandre Loukachenko.

Avec AFP

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