Des milliers de migrants massés à la frontière polonaise, Varsovie accuse Vladimir Poutine

Des migrants à la frontière biélorusso-polonaise dans la région de Grodno, le 9 novembre 2021.
Des migrants à la frontière biélorusso-polonaise dans la région de Grodno, le 9 novembre 2021. © AFP

La Pologne a pointé la responsabilité russe dans la crise migratoire en cours à sa frontière avec la Biélorussie, accusant directement le président russe Vladimir Poutine. L'UE a annoncé quant à elle une surveillance accrue de vingt pays, dont la Russie, soupçonnés d'avoir organisé l'acheminement de migrants vers Minsk. 

Publicité

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a accusé mardi 9 novembre le président russe Vladimir Poutine d'orchestrer la crise migratoire à la frontière polono-biélorusse, limite orientale de l'Union européenne.

Le dirigeant biélorusse Alexandre "Loukachenko est l'exécuteur de la dernière attaque, mais cette attaque a son commanditaire qui se trouve à Moscou et ce commanditaire est le président Poutine", a déclaré Mateusz Morawiecki lors d'une réunion d'urgence du Parlement polonais. 

La Pologne a dénoncé depuis lundi l'arrivée d'une vague de migrants venus du Biélorussie comme une "attaque hybride" menaçant l'UE tout entière.

Paris accuse Minsk de chercher à "déstabiliser" l'UE 

La France a, quant à elle, accusé le régime d'Alexandre Loukachenko de chercher à "déstabiliser" l'UE en organisant un "trafic de migrants" à ses frontières. "Ce régime alimente un trafic de migrants visant à déstabiliser l'Union européenne", a déclaré la porte-parole de la diplomatie française, Anne-Claire Legendre.

"Nous réitérons notre solidarité à l'égard de la Pologne, comme de la Lituanie et de la Lettonie plus tôt, face à cette instrumentalisation inacceptable des flux migratoires par le régime biélorusse", a-t-elle ajouté.

Paris s'est dit "prêt à examiner un renforcement des mesures" contre le régime et contre "les personnes et les entités impliquées dans ce trafic d'êtres humains". Ce sujet sera à l'ordre du jour de la prochaine réunion lundi des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept. 

Pour sa part, Bruxelles a indiqué mardi surveiller vingt pays, dont la Russie, pour leur possible rôle dans l'acheminement de migrants vers la Biélorussie. L'UE a aussi entrepris des démarches auprès de treize autres pays où des vols pour le transport des migrants vers la Biélorussie ont participé à leur "instrumentalisation".

L'Allemagne s'est, de son côté, dite favorable à de nouvelles sanctions de l'Union européenne contre Minsk, a déclaré mercredi le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, accusant le président Alexandre Loukachenko d'exploiter "sans scrupules" les migrants en les envoyant à la frontière avec la Pologne.

De son côté, Minsk a mis en garde Varsovie contre des "provocations" à la frontière.

Des milliers de migrants massés dans le froid glacial

La Pologne avait averti lundi de l'arrivée d'au moins 3 000 à 4 000 migrants à sa frontière avec la Biélorussie, théâtre depuis cet été d'une crise migratoire, et bloqué une tentative de passage en masse.

Ces milliers de personnes, principalement des Kurdes du Moyen-Orient, sont massées à la frontière entre la Pologne et le Biélorussie sous des températures glaciales. Ils se retrouvent face aux barbelés et à l'important dispositif militaire déployé par Varsovie, déterminé à les stopper.

Selon les gardes-frontières de Minsk, ces migrants désormais entassés dans un camp improvisé côté biélorusse, non loin du village polonais de Kuznica, se trouvent dans un état physique et psychologique "extrêmement mauvais", en manque notamment d'eau et de nourriture.

Répondre à un questionnaire, s'inscrire et trouver quelqu'un qui vous correspond pour... débattre sur des thématiques européennes. En partenariat avec 17 médias dont France 24 et ENTR, Europe Talks vous propose de participer à sa plateforme d'échanges entre Européens. Prêt pour une rencontre ? 

Avec AFP et Reuters

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine