LE FIL DU 23 MAI

L'Ukraine enquête sur quelque 13 000 crimes de guerre russes présumés

L'équipe du procureur chargé des crimes de guerre à Borodyanka, dans la région de Kiev, en Ukraine, le 7 avril 2022.
L'équipe du procureur chargé des crimes de guerre à Borodyanka, dans la région de Kiev, en Ukraine, le 7 avril 2022. © Zohra Bensemra, Reuters

L'Ukraine a annoncé, lundi, que sa justice enquête sur quelque 13 000 crimes de guerre russes présumés, le jour où un soldat russe a été condamné pour ce motif à la prison à perpétuité lors d'un premier procès à Kiev. Sur le terrain, l'offensive de Moscou se poursuit dans le Donbass, où la Russie bombarde Severodonetsk.

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  • 1 h 54 : Moscou va privilégier les relations avec la Chine

Au cours d'une séance de questions-réponses lors d'un événement à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a assuré que la Russie étudierait toute offre des Occidentaux pour rétablir leurs liens et déterminerait alors si cela est nécessaire. Le chef de la diplomatie russe a par ailleurs indiqué que l'objectif de Moscou était désormais de renforcer les liens avec Pékin.

Sergueï Lavrov a reproché aux pays occidentaux d'avoir adopté une "russophobie" depuis le début de l'offensive de son pays en Ukraine. La Russie œuvre pour remplacer les produits importés depuis les pays occidentaux et, à l'avenir, s'appuiera seulement sur des pays "fiables" n'étant pas redevables de l'Occident, a-t-il déclaré. "Nous devons arrêter d'être dépendants d'une quelconque manière des livraisons de quoi que ce soit en provenance de l'Occident afin de garantir le développement de secteurs primordiaux pour la sécurité, l'économie de la sphère sociale de notre patrie."

  • 22 h 59 : des missiles Harpoon envoyés par le Danemark

Le Danemark s'est engagé à fournir un système lance-missiles antinavires Harpoon à l'Ukraine, a précisé le chef du Pentagone, Lloyd Austin. Le Harpoon est habituellement embarqué à bord de navires de guerre ou de sous-marins, mais le Danemark est le seul pays à avoir acquis la version modifiée de ce lance-missiles qui est installée sur un camion et devient ainsi une batterie de défense côtière.

Équipé d'un radar autonome et d'un système de navigation sophistiqué, le Harpoon vole à basse altitude pour éviter les radars ennemis. Selon son constructeur Boeing, il est capable de toucher une cible en mer ou terrestre d'un rayon d'action pouvant aller de 125 à plus de 300 km selon les versions. Lorsque l'Ukraine le recevra, le Harpoon pourrait donc mettre le port de Sébastopol, en Crimée occupée par la Russie, à portée de l'armée ukrainienne.

  • 21 h 14 : Volodymyr Zelensky prêt à rencontrer Vladimir Poutine seulement pour arrêter la guerre

Le président ukrainien a déclaré que Vladimir Poutine était le seul représentant de la Russie qu'il était disposé à rencontrer et avec pour seul thème de discussion l'arrêt de la guerre en Ukraine.

S'adressant par liaison vidéo au Forum économique de Davos, le chef de l'État ukrainien a aussi indiqué que l'organisation de pourparlers entre son pays et la Russie devenait de plus en plus difficile en raison de l'attitude des Russes vis-à-vis des civils dans les territoires d'Ukraine qu'ils occupent.

  • 19 h 20 : vingt pays s'engagent à fournir des armes supplémentaires à l'Ukraine

"De nombreux pays vont donner des munitions d'artilleries, des systèmes de défense côtière, des chars et autres blindés qui sont indispensables" pour l'armée de Kiev, a affirmé le ministre américain de la Défense. Parmi ces pays figurent l'Italie, le Danemark, la Grèce, la Norvège et la Pologne, a précisé Lloyd Austin aux journalistes

  • 18 h 14 : plus de 13 000 dossiers en cours d'examen sur des crimes de guerre 

La procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova a déclaré dans une interview au Washington Post que ses services enquêtaient sur environ 13 000 cas de crimes de guerre présumés commis par les Russes en Ukraine.

  • 17 h 08 : les autorités prorusses instaurent le rouble dans la région de Kherson

L'administration civile et militaire prorusse de cette région située dans le sud de l'Ukraine a indiqué que "le rouble va circuler au même titre que la hryvnia [monnaie ukrainienne]. Les sociétés et les entrepreneurs peuvent afficher les prix dans les deux monnaies".

Fin avril, un responsable local avait affirmé que rouble et hryvnia pourraient circuler pendant une période de transition, avant un passage complet à la monnaie russe, une possibilité qui n'a pas été évoquée cette fois par l'administration régionale prorusse. Des responsables locaux et russes ont toutefois fait état de la possibilité que toute la région soit rattachée à terme à la Russie.

  • 16 h 04 : Starbucks quitte définitivement la Russie

La firme basée à Seattle annonce son retrait du marché russe après près de 15 ans de présence. Starbucks possède 130 magasins et emploie près de 2 000 personnes en Russie. Le géant du café avait fermé ses magasins sur place et suspendu son activité dès le mois de mars. 

  • 15 h 19 : la "honte" et la défection d'un diplomate russe en Suisse

Un diplomate russe en poste à la mission permanente du pays aux Nations unies à Genève a déclaré qu'il quittait son poste en raison de son désaccord avec l'invasion de l'Ukraine par Moscou. Dans une lettre rendue publique, il a déclaré que "jamais" il n'avait eu "autant honte" de son pays.

Boris Bondarev a dit à Reuters avoir déposé sa lettre de démission lundi. "J'ai étudié pour être diplomate et je le suis depuis vingt ans. Le ministère [russe des Affaires étrangères] est devenu mon foyer et ma famille. Mais je ne peux tout simplement plus partager cette ignominie sanglante, stupide et absolument inutile", a-t-il écrit sur LinkedIn.

Un autre diplomate russe, Oleg Anisimov, chef de la délégation russe à la conférence des Nations unies sur le climat, avait lui aussi fait défection en février en raison de la guerre menée par son pays en Ukraine.

  • 13 h 35 : le bombardement russe du 17 mai sur une base ukrainienne a fait 87 morts

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que 87 personnes étaient mortes dans une attaque russe le 17 mai contre une base militaire ukrainienne dans le nord du pays.

"Aujourd'hui, sous les décombres à Desna, il y a 87 victimes ; 87 cadavres, des victimes qui ont été tuées", a dit Volodymyr Zelensky qui intervenait en visioconférence à la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos (Suisse). La frappe a visé ce village abritant une base militaire et situé à une soixantaine de kilomètres au nord de Kiev.

Ce bilan pourrait être l'un des plus meurtriers des bombardements russes en Ukraine depuis le début de la guerre le 24 février.

  • 13 h 29 : la Russie assure étudier un plan de paix proposé par l'Italie

La Russie a reçu le plan de paix proposé par l'Italie et est en train de l'étudier, a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Andreï Roudenko, cité par les agences russes.

"Nous l'avons reçu il n'y a pas longtemps. Nous sommes en train de l'étudier", a-t-il déclaré, soulignant qu'il n'était actuellement pas en discussion entre la Russie et l'Italie.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, avait annoncé vendredi que son pays avait proposé à l'ONU la constitution d'un "groupe international de facilitation" pour tenter de parvenir "pas à pas" à un cessez-le-feu en Ukraine.

  • 12 h 13 : Volodymyr Zelensky réclame à Davos des sanctions "maximum" contre la Russie

Les sanctions de la communauté internationale contre Moscou "devraient être maximum", avec notamment "aucun commerce avec la Russie", a déclaré lundi Volodymyr Zelensky lors d'un discours en visioconférence durant la réunion du Forum économique mondial à Davos.

Le président ukrainien a aussi réclamé davantage d'armes pour son pays. "L'Ukraine a besoin de toutes les armes que nous demandons, pas seulement de celles qui ont été fournies", a-t-il dit.

  • 12 h 06 : le soldat russe jugé pour crime de guerre condamné à la prison à vie

Le premier soldat russe jugé pour crime de guerre depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Vadim Chichimarine, a été reconnu coupable et condamné à la prison à perpétuité à Kiev pour le meurtre d'un civil.

"Le tribunal a décidé de reconnaître Chichimarine coupable et de le condamner à la réclusion à vie", a déclaré le juge Serguiï Agafonov. Le sergent Chichimarine, 21 ans, avait admis avoir abattu Oleksandre Chelipov, un civil de 62 ans, dans le nord-est du pays au cours des premiers jours de l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe.

L'avocat de Vadim Chichimarine a fait savoir que son client fera appel de sa condamnation.

  • 11 h 55 : les Ukrainiens assurent avoir repoussé l'assaut de Severodonetsk

L'Ukraine a déclaré avoir repoussé le récent assaut contre Severodonetsk, une ville de l'est du pays qui est devenue la principale cible de l'offensive de Moscou depuis que les forces russes se sont emparées de Marioupol la semaine dernière.

Les forces russes ont tenté de prendre d'assaut la ville de Severodonetsk, mais n'y sont pas parvenues et ont reculé, a déclaré le bureau du président Volodymyr Zelensky.

La ville, située sur les rives du fleuve Severski Donets qui serpente dans l'est de l'Ukraine, a été la principale cible des Russes ces derniers jours, alors que Moscou tente d'encercler les forces ukrainiennes dans l'est et de s'emparer entièrement des provinces de Louhansk et de Donetsk.

  • 11 h 42 : les séparatistes prorusses veulent juger les prisonniers d'Azovstal

Le dirigeant de la "République populaire de Donetsk" a déclaré que les prisonniers de guerre ukrainiens qui défendaient l'usine métallurgique d'Azovstal à Marioupol seraient traduits devant la justice de l'État séparatiste prorusse autoproclamé, rapporte l'agence russe Interfax.

"Les prisonniers d'Azovstal sont détenus sur le territoire de la République populaire de Donetsk", écrit Interfax en citant Denis Pouchiline. "Nous prévoyons la mise en place d'un tribunal international sur notre territoire."

  • 11 h 35 : opération déminage pour les forces russes à Marioupol

L'usine Azovstal, dernier bastion de la résistance des forces ukrainiennes à Marioupol, a été entièrement "libérée" par la Russie vendredi 20 mai. Un dernier groupe de 531 combattants du régiment Azov s'est rendu à l'armée russe. Celle-ci doit désormais nettoyer la zone, entièrement minée par les Ukrainiens.

  • 8 h 49 : dans la ville d'Irpin dévastée, la vie reprend peu à peu ses droits

Ville martyre de la banlieue de Kiev, Irpin a été libérée depuis plusieurs semaines par les forces ukrainiennes. Malgré les dégâts matériels et le traumatisme de l'exil, certains habitants ont fait le choix de revenir.

  • 8 h 25 : la Russie "doit payer un prix à long terme", déclare Joe Biden 

Le président américain Joe Biden a déclaré à Tokyo que la Russie "doit payer un prix à long terme" pour sa "barbarie en Ukraine" en termes de sanctions imposées par les États-Unis et leurs alliés.

"Il ne s'agit pas seulement de l'Ukraine", a dit Joe Biden. Car si "les sanctions n'étaient pas maintenues à de nombreux égards, alors quel signal cela enverrait-il à la Chine sur le coût d'une tentative de prise de Taïwan par la force ?", s'est-il interrogé.

  • 6 h 50 :  le verdict dans le premier procès pour crime de guerre attendu en Ukraine

À Kiev, le verdict dans le premier procès pour crime de guerre doit être rendu dans la journée. Un soldat russe de 21 ans est accusé d'avoir tué un civil de 62 ans qui poussait son vélo tout en téléphonant. Lors du procès la semaine dernière, Vadim Chichimarine s'est dit "sincèrement désolé" et a "demandé pardon" à la veuve de la victime, justifiant son acte par les "ordres" reçus à ce moment-là. Le procureur a requis la prison à vie.

Selon le Parquet ukrainien, le pays a ouvert plus de 12 000 enquêtes pour crimes de guerre depuis le 24 février, début de l'invasion russe.

  • 5 h 42 : l'Ukraine souffre "de plus en plus" dans le Donbass

"Toutes les forces russes sont concentrées dans les régions de Louhansk et Donetsk", dans le Donbass, indique Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk, sur Telegram. Selon lui, on y trouve les unités retirées de la région de Kharkiv (nord-est), les assaillants du siège de Marioupol (sud-est), les milices des Républiques séparatistes de Donetsk et Louhansk, les forces tchétchènes et des troupes mobilisées en renfort depuis la Sibérie et l'Extrême-Orient russe. En matière d'armement, "tout est concentré ici", ajoute le gouverneur, y compris les fameux complexes antiaériens et antimissiles S-300 et S-400, équivalents des Patriot américains.

Point crucial de cette bataille du Donbass, Severodonetsk, dans la région de Louhansk, est sous le feu de Moscou "24 heures sur 24", s'indigne Serguiï Gaïdaï. "Ils utilisent la tactique de la terre brûlée, ils détruisent délibérément la ville" avec des bombardements aériens, des lance-roquettes multiples, des mortiers ou des chars qui tirent sur les immeubles.

  • 4 h 11 : l'Ukraine, invitée spéciale du forum de Davos

Le Forum économique mondial (WEF) fait son retour dans la station de ski suisse après deux ans de parenthèse pour cause de pandémie de Covid-19. "Nos premières pensées vont à la guerre en Ukraine", a assuré le fondateur du WEF, Klaus Schwab, en présentant le programme de cette réunion se déroulant dans une période qualifiée de "circonstances politiques, économiques et sociales (...) sans précédent".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky sera le premier chef d'État à intervenir. Il devrait profiter de cette nouvelle tribune pour exhorter le monde à fournir davantage d'aides, tant financières que militaires, et peut-être renouveler la demande de Kiev d'adhésion à l'UE. Son discours, à 9 h 15 (GMT), se tiendra en visioconférence. Mais nombre de responsables politiques ukrainiens ont prévu de faire le voyage en personne, parmi lesquels le ministre des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, ou le maire de Kiev, Vitali Klitschko.

  • 2 h 24 : le nombre de personnes déracinées en forte hausse depuis l'invasion de l'Ukraine

L'invasion de l'Ukraine par la Russie a poussé pour la première fois le nombre de personnes déracinées dans le monde au-dessus de la barre des 100 millions, a averti lundi le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés dans un communiqué.

L'Europe n'avait pas connu un flot aussi rapide de réfugiés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Presque 6,5 millions d'Ukrainiens ont quitté le pays, essentiellement des femmes et des enfants. L'ONU estime qu'ils pourraient être 8,3 millions d'ici à la fin de l'année. En Ukraine même, on estime que quelque 8 millions de personnes sont des déplacés internes.

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