Un nouveau dérapage de Viktor Orban indigne le comité d'Auschwitz

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors de son discours annuel sur l'état de la Nation, à Budapest, le 12 février 2022, derrière le slogan "Allons de l'avant, pas en arrière !"
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors de son discours annuel sur l'état de la Nation, à Budapest, le 12 février 2022, derrière le slogan "Allons de l'avant, pas en arrière !" © Bernadett Szabo, Reuters

Le comité international d'Auschwitz s'est dit, mardi, "horrifié" après des propos du Premier ministre hongrois contre "les races mixtes". Le même jour, Zsuzsa Hegedus, une sociologue conseillant Viktor Orban depuis près de vingt ans, a remis sa démission en dénonçant "un pur texte nazi digne de Goebbels".

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Un discours qui ne passe pas. Le comité international d'Auschwitz a manifesté son indignation, mardi 26 juillet, suite aux propos tenus par Viktor Orban, lors d'un déplacement en Transylvanie roumaine. des colère pas. L'intervention du Premier ministre, "un pur texte nazi", a également poussé une conseillère du gouvernement, à remettre sa démission.

En Transylvanie roumaine, où réside une importante communauté hongroise, Viktor Orban, connu pour sa politique anti-migrants, a réaffirmé avec virulence son rejet d'une société "multi-ethnique". "Nous ne voulons pas être une race mixte", qui se mélangerait avec "des non-Européens", a-t-il dit.

Les pays "où des peuples européens et extra-européens cohabitent ne sont plus des nations. Ces pays ne sont rien d'autre que des conglomérats de peuples", a encore lancé le Premier ministre de 59 ans, qui avait tenu des propos similaires dans le passé mais sans utiliser le terme de "race", selon des experts.

Il a aussi fait apparemment allusion aux chambres à gaz en fustigeant le plan de Bruxelles de diminuer de 15 % la demande européenne de gaz. "Je ne vois pas comment ils peuvent y contraindre les États membres, quoiqu'il existe un savoir-faire allemand dans ce domaine, comme le passé l'a montré", a-t-il ironisé.

Le comité international d'Auschwitz s'est dit, mardi, "horrifié" après ces propos contre "les races mixtes", appelant l'Union européenne à "prendre ses distances avec de tels relents racistes". Le discours du dirigeant nationaliste, "stupide et dangereux", rappelle aux survivants de l'Holocauste "les périodes sombres de leur propre exclusion et persécution", a réagi Christoph Heubner, vice-président de l'organisation, dans une déclaration transmise à l'AFP.

Il a appelé le chancelier autrichien Karl Nehammer, qui accueille, jeudi, Viktor Orban en visite officielle à Vienne, à se démarquer au nom de l'UE. Il faut "faire comprendre au monde qu'un Monsieur Orban n'a pas d'avenir en Europe", dont il "nie sciemment les valeurs".

"Position honteuse", idées "inacceptables"

Fait rare sous l'ère Orban, Zsuzsa Hegedus, une sociologue conseillant de longue date le Premier ministre hongrois, a aussi remis, mardi, sa démission. Dans une lettre diffusée par le média hongrois hvg.hu, celle qui revendique "une amitié de près de 20 ans" avec Viktor Orban, a dénoncé "une position honteuse" et "un pur texte nazi digne de (Joseph) Goebbels" – référence à l'ancien chef de la propagande de l'Allemagne nazie.

Disant "regretter une déclaration disgracieuse", Zsuzsa Hegedus a pointé du doigt un discours du Premier ministre hongrois "qui va à l'encontre de toutes (s)es valeurs fondamentales". Et de poursuivre à l'attention de Viktor Orban : "Je ne sais pas comment vous n'avez pas réalisé que vous avez transformé votre (discours) anti-migrant et anti-européen en un pur texte nazi digne de Goebbels (...). Je ne peux pas, en raison de la gravité des faits, même après notre amitié de près de 20 ans, passer outre cette fois-ci."

En réponse, Viktor Orban a mis en avant "la politique de tolérance zéro de son gouvernement quand il s'agit d'antisémitisme et de racisme", selon un courrier rendu public. "Tu ne peux pas sérieusement m'accuser de racisme après 20 ans de collaboration", s'est-il défendu. 

La communauté juive hongroise s'était également insurgée en début de semaine. "De nombreuses espèces différentes peuplent notre planète. Sur deux pattes, travaillant, parlant et pensant parfois, une seule espèce vit pourtant sur cette terre : l'Homo Sapiens Sapiens. Cette race est une et indivisible", a écrit sur Facebook le grand rabbin, Robert Frölich.

Dans la classe politique, le ministre roumain des Affaires étrangères, Bogdan Aurescu, a jugé "inacceptables" de telles "idées".

Quant à la Commission européenne, elle a dit "ne jamais commenter les propos tenus par des responsables politiques européens". "Ce qui est clair, c'est que l'UE a un certain nombre de valeurs qui sont inscrites dans les traités et elle met en œuvre des politiques qui sont en relation avec ces valeurs et ces articles du traité", s'est contenté de réagir le porte-parole Eric Mamer, interrogé lors du point presse habituel.

Avec AFP

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