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Focus

Vidéo : 30 ans après Tchernobyl, les "liquidateurs" inquiets pour leurs enfants

capture d'écran France 24

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, les "liquidateurs" encore en vie, ces pompiers et soldats envoyés en premier sur le site sans aucune protection, subissent encore les conséquences du drame. Selon certains chercheurs, leurs enfants et petits-enfants pourraient hériter de pathologies.

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L'Ukraine commémore, mardi 26 avril, le trentième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, la pire de l'histoire du nucléaire civil. Le pays doit notamment rendre hommage aux "liquidateurs", ces pompiers et soldats envoyés sur le site sans aucune protection dans les heures qui ont suivi l'explosion. Peu d'entre eux sont encore en vie aujourd'hui.

Ivan Vitkouski faisait partie de ces hommes qui se sont mobilisés en 1986. Il y a cinq ans, il a appris que les radiations auxquelles il avait alors été exposé avaient endommagé son système nerveux et cérébral. Aujourd'hui, il a perdu ses cheveux et beaucoup de poids, mais son état s'est stabilisé, raconte-t-il à France 24.

>> À voir sur France 24 : Billet retour à Tchernobyl

"Depuis que je suis mon traitement, je me sens un peu mieux, assure-t-il. Auparavant, je m'évanouissais trois ou quatre fois par an. Ces derniers temps, cela ne m'arrive plus qu'une ou deux fois."

Ivan Vitkouski, qui travaillait dans la centrale au moment du drame, vit toujours à Naroulia, en Biélorussie, une zone contaminée mais officiellement habitable.

Contamination : "Une sorte d’héritage"

S’il se montre optimiste quant à son état de santé, Ivan Vitkouski ne cache ses inquiétudes en ce qui concerne sa famille, à laquelle il redoute d'avoir transmis les radiations auxquelles il a été exposé.

"Ma petite-fille Olesia souffre de symptômes similaires aux miens. Parfois, sans aucune raison, ou à cause du stress, elle s'évanouit, comme ça. Je crains fort qu'elle ait hérité de mes problèmes de santé, car ses symptômes sont exactement les mêmes que les miens", dit-il.

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"Cela passe d'une génération à l'autre. Mon père est contaminé, je suis contaminée et mon enfant l'est aussi désormais - c'est une sorte d'héritage", assure pour sa part la mère d'Olesia, Natalia Viktouska.

Les médecins pensent, eux, que la fillette âgée de presque cinq ans souffre d'une forme d'épilepsie. Ils ne se sont pas interrogés sur l'état de santé de son grand-père.

Au Centre public pour la médicine nucléaire de la capitale régionale, Gomel, les chercheurs se veulent rassurants. "Pour les enfants des liquidateurs ou de ceux qui ont été évacués des secteurs les plus touchés et ont grandi dans des zones propres, rien n'indique qu'ils aient hérité de maladies liées aux radiations", affirme Eldar Nadirov, directeur scientifique adjoint du Centre pour la médecine nucléaire. "Même parmi les descendants de liquidateurs qui vivent dans des zones contaminées, nous ne constations aucun symptôme de dommage génétique".

"Le risque d'hériter de différentes pathologies est manifeste"

Pourtant, de l'autre côté de la frontière, en Ukraine, la recherche a produit des résultats qui contestent l'optimisme biélorusse. Le département d'Irina Ilienko, interrogée par France 24, réalise des analyses d'échantillons sanguins d'anciens liquidateurs et de leurs familles. "Nous avons commencé à publier les résultats de ces recherches qui montrent que les dommages génétiques sont systématiques. La transmission d'un patrimoine génétique endommagé est hautement probable, indépendamment de l'endroit où vit le patient. Le risque d'hériter de différentes pathologies est manifeste", explique cette directrice de recherche.

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Dans les heures qui ont suivi la fusion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire, le 26 avril 1986, plusieurs dizaines de "liquidateurs" sont morts. Beaucoup d'autres ont succombé depuis à des maladies liées aux radiations auxquelles ils ont été exposés, notamment des cancers. Le président ukrainien Petro Porochenko doit rendre, mardi, un hommage appuyé à ces quelque 500 000 civils ou militaires acheminés de tout l'Union soviétique pour nettoyer le site de la catastrophe, selon l'Organisation mondiale de la Santé.

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