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Enseignant assassiné : opérations de police dans la mouvance islamiste et nouvelles gardes à vue

Trois jours après l'assassinat de Samuel Paty, des opérations de police ont visé lundi la mouvance islamiste et la haine en ligne.
Trois jours après l'assassinat de Samuel Paty, des opérations de police ont visé lundi la mouvance islamiste et la haine en ligne. © Bertrand Guay, AFP
17 mn

L'enquête se poursuit après l'assassinat de Samuel Paty vendredi. De nouvelles gardes à vue étaient en cours lundi, dont celles de quatre collégiens. Par ailleurs, l'exécutif a annoncé une série d'opérations visant la mouvance islamiste et la haine en ligne, promettant une "guerre contre les ennemis de la République". Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a également expliqué avoir demandé la fermeture de la mosquée de Pantin, qui avait relayé sur sa page Facebook une vidéo dénonçant le cours de l'enseignant sur les caricatures de Mahomet.

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L'enquête progresse, trois jours après l'assassinat de Samuel Paty, le professeur décapité près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine, au nord-ouest de Paris. Selon une source judiciaire, de nouvelles gardes à vue ont débuté lundi 19 octobre, dont celles de quatre collégiens.

Selon une source proche du dossier, l'enseignant d'histoire-géographie du collège de Conflans-Sainte-Honorine a été "désigné" à l'assaillant "par un ou plusieurs collégiens, a priori contre une rémunération".

Les gardes à vue visent donc à déterminer les responsabilités éventuelles des collégiens en la matière, selon la même source.

Autre nouveau gardé à vue, une personne qui "a déjà été condamnée pour des faits de terrorisme et qui a déclaré spontanément aux enquêteurs avoir été en lien avec l'auteur quelque temps avant les faits".

Les dix autres gardes à vue sont celles qui avaient commencé vendredi soir et pendant le week-end. Tout d'abord, l'entourage familial, avec les parents, le grand-père et le petit frère de l'assaillant, interpellés à Évreux.

Est également questionné le père de l'élève qui a appelé à la mobilisation contre l'enseignant. Il a été interpellé à Chanteloup-les-Vignes.

L'homme qui l'avait accompagné au collège pour se plaindre du professeur et avait interviewé sa fille dans une vidéo, le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, actif en France depuis le milieu des années 2000, ainsi que sa compagne, le sont également.

Au-delà de l'enquête, des opérations de police ont été lancées lundi matin contre "des dizaines d'individus" évoluant dans la mouvance islamiste et se poursuivront dans les prochains jours, a affirmé le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin sur Europe 1.

Ces opérations concernent des personnes qui n'ont pas un "lien forcément avec l'enquête mais à qui nous avons manifestement envie de faire passer un message : (...) pas une minute de répit pour les ennemis de la République", a insisté Gérald Darmanin.

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Des associations dans le collimateur

Selon une source proche du dossier, les opérations entamées lundi visent des personnes connues des services de renseignement pour des prêches radicaux et des messages de haine. Elles ont notamment ciblé "des clients connus" pour radicalisation dans plusieurs villes du centre du pays (Orléans, Chartres et Bourges), selon une source policière.

Dimanche, Emmanuel Macron avait également annoncé un "plan d'action" contre "les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés".

Premières traductions concrètes, selon Gérald Darmanin : 51 structures associatives "verront toute la semaine un certain nombre de visites des services de l'État et plusieurs d'entre elles (...) se verront dissoudre en Conseil des ministres", a annoncé le ministre, qui a particulièrement ciblé le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et l'association humanitaire Baraka City.

"La folie s'empare du ministre de l'Intérieur qui, faute de ne rien trouver contre notre ONG, profite de l'émotion suscitée suite au drame de Conflans", a répliqué Baraka City sur Facebook.

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Enquêtes pour haine en ligne

Depuis l'attentat de vendredi, "plus de 80 enquêtes" ont par ailleurs été ouvertes contre "tous ceux qui de façon apologique ont expliqué d'une manière ou d'une autre que ce professeur l'avait bien cherché", a indiqué Gérald Darmanin, affirmant que des interpellations avaient eu lieu dans ce cadre.

La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a elle réuni lundi à Nanterre les patrons de la police et de la gendarmerie pour étudier de nouvelles dispositions contre le "cyberislamisme" tandis que le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a convoqué en urgence les procureurs généraux lundi matin.

Gérald Darmanin a par ailleurs accusé le père d'une collégienne de Conflans-Sainte-Honorine et le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui d'avoir "manifestement lancé une fatwa" contre Samuel Paty pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet.

Le ministre de l'Intérieur a également expliqué lors d'une interview sur la chaîne TF1 avoir demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de fermer la mosquée de Pantin. Sur sa page Facebook, la mosquée avait relayé la vidéo du parent d'élève qui avait appelé à la mobilisation contre l'enseignant.

Hommage national à la Sorbonne

L'Élysée a indiqué lundi que la cérémonie d'hommage national à Samuel Paty "aura lieu dans la cour de la Sorbonne mercredi en fin d'après-midi".

"Ce choix a été fait en accord avec la famille du défunt", reçue lundi matin à l'Élysée par Emmanuel Macron, précise la présidence, qui souligne que la Sorbonne est "le monument symbolique de l'esprit des Lumières et du rayonnement culturel, littéraire et éducatif de la France".

Le Grand Orient de France a, lui, appelé les pouvoirs publics à passer aux actes pour faire cesser le "règne de la barbarie" tandis que la cour d'assises spéciale de Paris, où sont jugés 14 accusés en lien avec les attentats de janvier 2015, a rendu hommage au professeur.

Dimanche, des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées partout en France pour défendre la liberté d'expression et dire non à "l'obscurantisme".

Parallèlement, le gouvernement espère répondre aux inquiétudes d'une communauté éducative ébranlée par l'attentat, en renforçant la sécurité des établissements scolaires.

Hasard du calendrier, le Sénat commence à examiner lundi une proposition de loi Les Républicains qui vise à inscrire dans la Constitution la prééminence des règles de la République.

Les Républicains ont par ailleurs rendu publiques une série de propositions contre l'islamisme à l'école tandis que la présidente du RN, Marine Le Pen, réclamait une "législation de guerre" contre l'islamisme et une commission d'enquête parlementaire sur l'assassinat de l'enseignant.

Avec AFP

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