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Paris appelle à mettre fin au boycott de produits français dans plusieurs pays du Moyen-Orient

Des rayons vidés de leurs produits français, dans un supermarché de Koweït City, le 23 octobre 2020, après que la France a défendu la publication de caricatures du prophète Mahomet.
Des rayons vidés de leurs produits français, dans un supermarché de Koweït City, le 23 octobre 2020, après que la France a défendu la publication de caricatures du prophète Mahomet. © Yasser Al Zayyat, AFP
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Vidéo par : Sandrine GOMES
8 mn

La France a appelé, dimanche, à mettre un terme aux appels au boycott de produits français, lancés par plusieurs pays du Moyen-Orient. Ces appels ont été lancés dans le monde musulman, après de récents propos du président Emmanuel Macron sur les caricatures représentant le prophète Mahomet. 

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Déjà frappée par une crise sanitaire et économique sans précédent, la France a appelé, dimanche 25 octobre, les gouvernements des pays du Moyen-Orient à faire "cesser" les appels au boycott de produits hexagonaux.

Paris dénonce ces appels, qui concernent notamment des produits agroalimentaires, "ainsi que plus généralement des appels à manifester contre la France, dans des termes parfois haineux, relayés sur les réseaux sociaux", selon le texte du communiqué.

"Ces appels dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d'expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine", poursuit le texte.

"En conséquence, les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale", est-il écrit.

Ce communiqué intervient dans un climat diplomatique tendu entre la France et la Turquie, dont le président, Recep Tayyip Erdogan, a une nouvelle fois pris pour cible, dimanche, son homologue français en déclarant qu'Emmanuel Macron s'était "égaré" par ses positions envers les musulmans et l'islam.

>> À lire aussi : L'ambassadeur de France en Turquie rappelé après une nouvelle attaque d'Erdogan

Une chaîne coopérative koweïtienne de commerce de détail a décidé, pour sa part, de boycotter les produits français en raison des "insultes répétées" envers le prophète Mahomet et des caricatures, dont il fait l'objet.

La défense des caricatures de Mahomet, point de départ des tensions

Le Pakistan s'en est également pris, dimanche, à la France par la voix de son Premier ministre, Imran Khan, qui a accusé Emmanuel Macron d'avoir "attaqué l'islam" en encourageant la publication de caricatures représentant Mahomet. L'ambassadeur de France au Pakistan a également été convoqué au ministère des Affaires étrangères pakistanais.

Son de cloche similaire au Maroc, où le ministre des Affaires étrangères a estimé, dimanche, que la diffusion continue de caricatures "offensantes" du prophète Mahomet était un acte de provocation "offensant le caractère sacré de la religion musulmane".

Les critiques contre Emmanuel Macron et les appels au boycott de produits français interviennent quelques jours après la présentation par le président français d'un projet de loi contre les séparatismes et ses interventions, lors de l'hommage national à l'enseignant Samuel Paty, dont l'assassinat près de son collège par un musulman radicalisé a ému la France.

Pendant cet hommage, Emmanuel Macron a promis que la France continuerait de défendre les caricatures du prophète Mahomet, au nom de la liberté d'expression.

Dimanche soir, le président français a diffusé plusieurs tweets, également en anglais et arabe, soulignant son rejet des "discours de haine" et qu'il continuera à défendre "le débat raisonnable". 

Dans son communiqué, le ministère a précisé que le projet de loi et les déclarations du président visent uniquement à "lutter contre l'islamisme radical, et à le faire avec les musulmans de France, qui sont partie intégrante de la société, de l'Histoire et de la République françaises".

Le quai d'Orsay dit avoir mobilisé le réseau diplomatique français "pour rappeler et expliquer (aux autres pays) les positions de la France en matière de libertés fondamentales et refus de la haine".

"Assurer la sécurité" des Français à l'étranger

Paris a aussi demandé aux pays concernés de "se désolidariser de tout appel au boycott ou de toute attaque contre notre pays, (d')accompagner nos entreprises et (d')assurer la sécurité de nos compatriotes à l'étranger".

Le ministre délégué au Commerce extérieur Franck Riester a indiqué, dimanche soir, à l'AFP être "en contact permanent avec les entreprises françaises concernées (par le boycott, NDLR) dans l'agroalimentaire", citant "Bel, Lactalis, et Danone".

"On aura demain des temps d'échanges un peu plus longs. On reste à observer l'évolution dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les premières conséquences de l'appel au boycott, il a répondu : "Il y a des impacts mais les chiffrer c'est trop tôt".

Avec AFP et Reuters

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