Reconfinement en France : une rentrée scolaire en hommage à Samuel Paty

Le Premier ministre français Jean Castex, à droite, assiste à un hommage au professeur Samuel Paty, le 2 novembre 2020, dans une école de Conflans-Sainte-Honorine, au nord-ouest de Paris.
Le Premier ministre français Jean Castex, à droite, assiste à un hommage au professeur Samuel Paty, le 2 novembre 2020, dans une école de Conflans-Sainte-Honorine, au nord-ouest de Paris. © Thomas Coex, Pool via AP

Dans une France reconfinée, les établissements scolaires ont ouvert leurs portes lundi, après deux semaines de vacances. Les douze millions d'élèves ont observé une minute de silence à la mémoire de l'enseignant Samuel Paty, assassiné à la veille des congés.

Publicité

De retour au travail, au télétravail ou à l'école, les Français sont entrés, lundi 2 novembre, dans le vif de leur nouveau quotidien de reconfinement allégé, avec la rentrée très particulière de plus de 12 millions d'élèves sous une inédite vigilance sanitaire et sécuritaire.

La grande nouveauté de ce reconfinement : les écoles, collèges et lycées sont ouverts, contrairement au printemps, mais seront soumis à un protocole sanitaire renforcé. Outre des limitations de déplacement à la cantine ou dans la cour de récréation, le port du masque sera dès lundi désormais obligatoire pour les élèves dès six ans.

>> À lire : Le port du masque obligatoire dès 6 ans : "Comment voulez-vous apprendre à lire avec un masque ?"

"On a toujours rien reçu de l'école, ni sur les masques ni sur l'ouverture ou pas de la cantine, je vais lui mettre des masques chirurgicaux dans le cartable et on verra", dit Marion Lafuste, 35 ans, mère de Raphaël, scolarisé en CP à Paris, en "télétravail à 100 %".

"La situation angoisse et inquiète tous nos compatriotes, donc les parents et les élèves", explique Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, première association de parents d'élèves.

"Pour que les gestes barrière puissent être appliqués, il faut massivement embaucher des enseignants comme l'a fait l'Italie, c'est la seule façon qu'on a de lutter efficacement contre la propagation du virus", a-t-il ajouté.

"Nous faisons tout pour qu'il y ait une continuité du service public de l'éducation, c'est dans ces moments-là que nous montrons que nous sommes une République forte", a assuré le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, dans son message vidéo de rentrée.

Un hommage à Samuel Paty

Accompagné du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le Premier ministre, Jean Castex est arrivé, lundi, vers 9h30 au collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, où enseignait le professeur Samuel Paty, assassiné à la veille des vacances pour avoir montré des caricatures de Mahomet dans un cours sur la liberté d'expression. 

Ils ont participé à l'hommage qui lui a été rendu à l'occasion de la rentrée scolaire et ont échangé avec la communauté éducative. 

Jean Castex a insisté sur la nécessaire reconstruction collective et le rôle central des professeurs dans l'école de la République.

"Ici, Samuel Paty apprenait à chaque enfant de la République à devenir un citoyen libre. Pour lui, pour notre pays, nous continuerons. C'est notre honneur et notre devoir", a écrit sur Twitter le chef du gouvernement en postant une photo illustrant sa rencontre avec les collégiens.

Le Premier ministre, son ministre de l'Éducation et le maire de la ville, Laurent Brosse, se sont ensuite rendus vers 11 h à l'école primaire voisine, le Clos d'en Haut, de Conflans-Sainte-Honorine où ils ont écouté la lecture par trois élèves de la "Lettre aux instituteurs et institutrices" de Jean Jaurès. 

"C'est un texte déjà ancien (...) mais on dirait qu'il était d'aujourd'hui (...) Son auteur, lui aussi, est mort assassiné. (...) On n'a pas le droit d'assassiner, jamais", a déclaré le chef du gouvernement lors d'un échange avec cette classe.

"C'est important de venir à l'école, d'apprendre, de respecter tous les autres enfants", a-t-il souligné. 

>> À voir : Enseignant assassiné : "Nous sommes passés de la sidération à la détermination"

Prenant tour à tour la posture du professeur, Jean Castex puis Jean-Michel Blanquer ont interrogé les élèves sur la signification de l'hommage à Samuel Paty et sur les symboles de la République. Pour illustrer le propos, le ministre leur a proposé de chanter ensemble La Marseillaise.

Une minute de silence dans les établissements

En cette journée de rentrée scolaire marquée par les nouvelles mesures sanitaires, le Premier ministre a également insisté sur le port du masque pour les élèves. L'échange s'est conclu par une invitation de la classe au ministère et à Matignon.

En raison des contraintes sanitaires et sécuritaires, l'hommage à Samuel Paty s'est limité dans bon nombre d'établissements scolaires à une minute de silence.

Depuis la mort de l'enseignant décapité, la France a connu une autre attaque dans une église à Nice et le plan Vigipirate a été porté au niveau "urgence attentat" sur l'ensemble du territoire. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a assuré que les forces de l'ordre étaient mobilisées pour la protection des établissements scolaires.

Une rentrée "difficile", selon Emmanuel Macron

Sur Snapchat, Instagram et Facebook, Emmanuel Macron a, de son côté, adressé lundi matin un message de soutien aux élèves pour cette rentrée "difficile".

"Vous qui reprenez le chemin de l'école, je pense à vous", écrit le président dans un message, à l'adresse des élèves, ajoutant qu'"il faudra du temps" pour "surmonter tous ensemble" le virus. "Je sais que le port du masque toute la journée est difficile. Mais plus nous ferons d'effort, plus vite nous retrouverons une vie normale", a plaidé le chef de l'État en demandant aux élèves d'installer l'application TousAntiCovid.

Avec AFP et Reuters 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine