France : colère d'Olivier Véran à l'Assemblée lors du vote sur l'état d’urgence sanitaire

Le ministre de la Santé Olivier Véran, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 3 novembre 2020.
Le ministre de la Santé Olivier Véran, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 3 novembre 2020. © Stéphane de Sakutin, AFP

Des oppositions très remontées, des députés LREM trop peu nombreux : l'examen mardi soir du projet de loi clé sur la prolongation de l'état d'urgence sanitaire s'est enlisé, entre votes litigieux et suspensions de séance. Le ministre de la Santé Olivier Véran a violemment critiqué l'attitude des députés d'opposition dans l'hémicycle.

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Le désordre à l'Assemblée nationale. Une semaine après l'annonce d'un reconfinement dans toute la France métropolitaine, l'examen mardi 3 novembre au soir du projet de loi prolongeant l'état d'urgence sanitaire est tombé dans l'enlisement. Entre des oppositions remontées et fortes, des rangs clairsemés de La République en marche, votes litigieux et suspensions de séance, la majorité macroniste a accumulé les ennuis.

Ce projet de loi, discuté en nouvelle lecture, prévoit une prorogation de l'état d'urgence jusqu'au 16 février, pour faire face à l'épidémie de coronavirus. Ce régime d'exception permet de limiter drastiquement les déplacements ou de confiner la population.

Mais dès son article 1er, les ennuis ont commencé pour le gouvernement, qui avait déjà eu une journée compliquée par le cafouillage autour d'un éventuel couvre-feu en Île-de-France.

Les oppositions sont parvenues à limiter la prolongation de l'urgence jusqu'au 14 décembre seulement.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a enchaîné les prises de parole face à une opposition très remontée. L'Assemblée débat sans fin "alors que nos soignants se battent pour sauver des vies", s'est-il énervé, s'attirant les foudres des LR notamment.

La majorité minoritaire au vote

Les "fêtes de fin d'année sont un moment privilégié" et "il convient de tout mettre en œuvre pour permettre aux Français de se retrouver en famille", a plaidé l'auteure de l'amendement adopté, Josiane Corneloup (LR).

D'autres groupes politiques avaient demandé une telle clause de revoyure début décembre ou bien en janvier, jugeant le 16 février trop lointain. "Personne n'est d'accord" avec cette date, a souligné Cécile Untermaier (PS). Pas question de mettre la vie démocratique "sous cloche" si longtemps, a renchéri Pascal Brindeau (UDI).

Mais "le gouvernement souhaite inscrire la date du 16 février" car "nous sommes en situation de crise, les Français comprennent que pour agir, il faut de la visibilité", avait déclaré au préalable la ministre déléguée, Brigitte Bourguignon.

Mais la majorité s'est retrouvée minoritaire au moment du vote.

Suspensions de séance et chahut ont suivi. "La majorité est incapable d'être rassemblée sur un texte sur l'urgence à 21 h", a fustigé Philippe Gosselin (LR), tandis qu'Emmanuelle Ménard, proche du RN, lançait aux LREM : "Vous voulez les pleins pouvoirs mais vous n'assumez pas".

Un nouveau vote compliqué s'est ensuivi : un amendement de l'opposition a été adopté contre l'avis du gouvernement.

"Piétiner la démocratie"

Puis, rapidement de retour au palais Bourbon, Olivier Véran a peu après demandé la "réserve des votes" sur les amendements et articles restants, ce qui remet les scrutins au moment où le gouvernement le choisira.

Le gouvernement a toutefois le moyen de revenir sur ces deux votes avant l'adoption définitive du projet de loi, qui est prévue vendredi 6 novembre, mais pourrait être repoussée.

De nouveaux amendements avaient également été présentés, notamment pour permettre des réouvertures de commerces de proximité.

En guise de réponse, le chef de file des républicains à l'Assemblée, Damien Abad, a alors appelé les députés à se lever pour applaudir le personnel soignant. Puis la "marcheuse" Patricia Mirallès, "survivante du Covid", a demandé une minute de silence pour "toutes les personnes mortes aujourd'hui".

Les échanges doivent reprendre mercredi 4 novembre après-midi sur la centaine d'amendements restants.

Signe que ces trois mois supplémentaires d'état d'urgence passent difficilement : le Sénat, dominé par l'opposition de droite, avait lui limité, vendredi 30 octobre, la prolongation au 31 janvier.

Avec AFP

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