France : faible mobilisation des enseignants pour obtenir un protocole sanitaire renforcé

Une enseignante tenant une banderole indiquant "en lutte», à Marseille, le 10 novembre 2020.
Une enseignante tenant une banderole indiquant "en lutte», à Marseille, le 10 novembre 2020. © Nicolas Tucat, AFP

Malgré un renforcement du protocole sanitaire dans les lycées pour enrayer la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19, plusieurs syndicats d'enseignants ont maintenu leur appel à la grève mardi. Mais la profession s'est faiblement mobilisée.

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Le ministre de l'Éducation nationale face à la colère de ses personnels. Malgré de nouvelles mesures sanitaires annoncées pour les lycées la semaine dernière, le mécontentement d'une partie du corps enseignant ne faiblit pas. 

Selon le ministère, le mouvement de grève de mardi 10 novembre s'est traduit par un taux de grévistes de 8,78 % dans le primaire et de 10,36 % dans le secondaire (collèges et lycées).

Les syndicats font, de leur côté, état d'un taux de grévistes plus élevé. "On est autour de 20 % dans le primaire", a déclaré à l'AFP Guislaine David, la secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, alors que le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, dénombre "environ 45 % de grévistes au collège".

Renfort des mesures

Le 5 novembre, Jean-Michel Blanquer avait annoncé plusieurs nouveaux aménagements pour limiter les risques de contamination au Covid-19 dans les lycées, notamment en autorisant davantage de cours à distance, à condition de conserver au moins 50 % d'enseignement en présentiel pour chaque élève.

Dès la semaine prochaine, le ministère de la Santé va mettre à disposition des établissements scolaires un million de tests antigéniques à destination des personnels, avait-on indiqué lundi auprès du ministère de l'Éducation nationale.

Confronté à la colère naissante de ses personnels, le ministre Jean-Michel Blanquer avait aussi annoncé la semaine dernière de nouvelles mesures pour limiter les risques de contamination dans les lycées, en autorisant davantage de cours à distance, à condition de conserver au moins 50 % d'enseignement en "présentiel" pour chaque élève. 

Mais l'intersyndicale – FSU, FNEC-FP-FO, CGT, Educ'action, SNALC, SUD et SNCL-FAEN – qui a appelé à cesser le travail estime notamment que la "situation actuelle nécessite la présence massive et urgente de personnels dans les écoles, collèges, lycées". Elle demande au ministère de l'Éducation nationale de "procéder dès à présent au recrutement de personnels, en particulier en ayant recours aux listes complémentaires des concours".

"Les enseignants sont épuisés alors que nous ne sommes qu'en novembre"

Les tensions restent fortes au collège qui, selon les syndicats, brasse de nombreux élèves, notamment à la cantine.

"Les questions sanitaires demeurent très vives dans les collèges et la colère est montée d'un cran en fin de semaine dernière, car ils n'ont pas compris d'avoir été totalement écartés des annonces du ministère", a expliqué à l'AFP Sophie Vénétitay du Snes-FSU, le premier syndicat du secondaire. Selon elle, "certains collèges de l'académie de Toulouse et de Créteil étaient mobilisés dès lundi".

Les syndicats ont du mal à estimer l'étendue du mouvement de grève, mais ils pensent qu'il aura été suivi de près au collège.

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L'école primaire aura été également touchée par le mouvement, après l'appel à la grève lancé le Snuipp-FSU, premier syndicat du secteur.

"L'objectif [du gouvernement] est que les écoles restent ouvertes jusqu'en juin, mais sans moyens supplémentaires, comment assurer le non-brassage, la distanciation, la réduction des effectifs ?", s'interroge Guislaine David, la secrétaire générale du syndicat. "La rentrée de la Toussaint a été difficile à gérer au niveau sanitaire, en plus de l'hommage à Samuel Paty. Les enseignants sont épuisés, alors que nous ne sommes qu'en novembre".

"Il est urgent de se mettre autour de la table avec le ministère pour trouver des solutions d'accueil des élèves telles que des gymnases afin de mettre en place des demi-groupes, qui vont nous permettre de tenir sanitairement sur la longueur", poursuit la responsable syndicale.

"Urgent de recruter davantage de remplaçants"

La FCPE [parents d'élèves] va dans le même sens. "On sait notamment à Paris que la mairie a dressé une liste de lieux disponibles pour accueillir des enfants et donc désengorger les classes, alors qu'attendons-nous ?", s'interroge Rodrigo Arenas, son président.

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"Il est aussi urgent de recruter davantage de remplaçants, car en raison des cas de Covid ou de cas contact chez les enseignants, beaucoup d'élèves sont renvoyés chez eux", regrette cet enseignant, également secrétaire départemental SE-Unsa.

Selon Le Snuipp-FSU, le mouvement pourrait être particulièrement suivi en région parisienne et à Marseille.

Avec AFP

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