À l'Élysée, une rencontre délicate entre Emmanuel Macron et l'Américain Mike Pompeo

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo (au centre), lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes du terrorisme, le 16 novembre 2020 aux Invalides, à Paris. À ses côtés, l'ambassadrice des États-Unis en France, Jamie McCourt, et le lieutenant-général de l'armée américaine, Ricky Waddell.
Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo (au centre), lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes du terrorisme, le 16 novembre 2020 aux Invalides, à Paris. À ses côtés, l'ambassadrice des États-Unis en France, Jamie McCourt, et le lieutenant-général de l'armée américaine, Ricky Waddell. © Patrick Semansky, pool, AP

Le président Emmanuel Macron a reçu lundi à l'Élysée le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, alors que Donald Trump n'a toujours pas reconnu sa défaite et que Paris a déjà les yeux tournés vers le président élu des États-Unis, Joe Biden.

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Plus d'une semaine après l'annonce de la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine, Emmanuel Macron s'est astreint, lundi 16 novembre, à un exercice d'équilibriste. Le président français a reçu le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, qui n'a toujours pas reconnu la défaite de Donald Trump. Le chef de l'État travaille pourtant déjà à sa relation avec le futur président des États-Unis, Joe Biden.

Emmanuel Macron a rencontré le secrétaire d'État en fin de matinée à l'Élysée, à l'abri des caméras et des micros. Idem pour le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui s'est entretenu avec son homologue juste avant.

L'exécutif a souligné avoir reçu Mike Pompeo à sa propre demande, "en toute transparence avec l'équipe du président élu Joe Biden", ce alors que Paris souhaite une refondation de la relation transatlantique à l'occasion du changement d'administration américaine.

"Il était normal – et respectueux des institutions américaines – qu'il soit reçu", le mandat de Donald Trump courant jusqu'au 20 janvier, a relevé une source diplomatique française, sans autre précision.

Le président de la République a été parmi les premiers à féliciter le démocrate Joe Biden pour son élection aux États-Unis, puis à s'entretenir au téléphone avec lui. Et ce alors même que le président républicain sortant n'a toujours pas reconnu sa défaite

Avant de s'envoler pour une tournée en Europe et au Moyen-Orient dont Paris est la première étape, Mike Pompeo a lui-même refusé de reconnaître la victoire de Joe Biden. "Il y aura une transition en douceur vers une seconde administration Trump", a-t-il dit la semaine dernière, avant de critiquer les dirigeants étrangers qui ont déjà pris contact avec le démocrate.

L'ambiance a donc pu être tendue dans le huis clos des palais parisiens pour cette première, et vraisemblablement dernière, visite de Mike Pompeo à Paris (autrement qu'en compagnie de Donald Trump).

Désaccords sur la politique étrangère américaine

Entre la France et l'administration Trump, les sujets de friction ne manquent pas. Jean-Yves Le Drian a prévenu qu'il s'opposerait, devant Mike Pompeo, à une accélération du retrait des troupes américaines d'Afghanistan et d'Irak, envisagée par Donald Trump avant la fin officielle de son mandat, le 20 janvier.

Le dossier iranien qui, avec le climat et le commerce, a contribué à une certaine rupture entre Washington et l'Europe depuis quatre ans, a également été une dernière fois sur la table.

Donald Trump a claqué la porte en 2018 de l'accord international signé trois ans plus tôt avec l'Iran pour l'empêcher de se doter de l'arme nucléaire, en le jugeant insuffisant, et a rétabli puis durci les sanctions contre Téhéran. Les Européens tentent de sauver cet accord, au moins jusqu'à l'entrée en fonctions de Joe Biden, qui a promis de renouer avec l'approche diplomatique.

Or l'administration Trump a promis de renforcer encore les mesures punitives jusqu'au bout. Cette stratégie est vue par certains observateurs comme la volonté de bâtir un "mur de sanctions" tellement haut qu'il sera difficile au démocrate de revenir en arrière.

"Quelle que soit l'issue de ces élections" aux États-Unis, "cette administration est là au moins jusqu'au 20 janvier", et "la campagne de pression maximale" contre l'Iran "ne va pas s'arrêter dans les prochains mois", a dit à la presse un haut responsable américain.

Renforcer "l'unité transatlantique"

Selon le département d'État, les discussions devaient également porter sur "l'unité transatlantique", souvent malmenée pendant l'ère Trump, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme.

Après avoir passé le week-end à Paris en privé avec son épouse, Susan Pompeo, lors de ce qui ressemble fort à une tournée d'adieux qui ne dit pas son nom, le ministre américain des Affaires étrangères a rendu un hommage lundi matin aux victimes des récents attentats perpétrés en France.

Avec AFP

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