À Saint-Denis, un camp de plus de 2000 migrants démantelé par les forces de l'ordre

Des migrants attendent d'être évacués d'un camp de fortune situé en dessous de l'autoroute A1, dans la banlieue nord de Paris, à Saint-Denis, le 17 novembre 2020.
Des migrants attendent d'être évacués d'un camp de fortune situé en dessous de l'autoroute A1, dans la banlieue nord de Paris, à Saint-Denis, le 17 novembre 2020. © Christophe Archambault, AFP

Un camp de migrants, situé à Saint-Denis, près de Paris, a été démantelé, mardi matin, par les forces de l'ordre. Plus de 2 000 personnes vivaient dans ce camp, qui s'est formé dès la mi-août. Les associations réclament la prise en charge rapide de ces publics fragiles et exposés au Covid-19. 

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Les forces de l'ordre ont procédé, mardi 17 novembre, à Saint-Denis, au pied du Stade de France, au démantèlement d'un campement de migrants, où vivaient plus de 2 000 personnes. Cette opération d'évacuation a été dénoncée par les associations qui y voient un "cycle sans fin et destructeur".

Encadrée par un important dispositif policier, l'opération d'évacuation et de mise à l'abri des exilés vers différents centres d'accueil et gymnases d'Île-de-France a débuté vers 7 h, loin des journalistes tenus à distance.

Dès 4 h 30, des migrants, munis de leurs affaires, attendaient d'être pris en charge et de monter dans des bus, dans une opération conjointe de la préfecture de police de Paris, de la préfecture de la région Île-de-France et de Seine-Saint-Denis.

Selon le décompte de l'association France terre d'asile, opératrice de l'État, environ 2 400 exilés vivaient la veille encore dans ce camp, qui n'a cessé de grossir depuis août. Des feux de palettes étaient visibles depuis le cordon de sécurité mis en place par les forces de l'ordre. 

Mise à l'abri des personnes en situation régulière 

"Ces camps ne sont pas acceptables" a déclaré, lors d'un point presse, le préfet de police de Paris, Didier Lallement. "Cette opération a lieu pour faire en sorte que les personnes en situation régulière soient mises à l'abri et celles en situation irrégulière n'ont pas vocation à rester sur le territoire", a expliqué le préfet.

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Toutes les personnes prises en charge feront dans un premier temps l'objet d'un test au Covid-19 dans des centres de dépistage mis en place par l'ARS. Elles seront ensuite soit isolées dans un premier temps, en cas de résultat positif, soit immédiatement mises à l'abri. 

"Ce sont des tests antigéniques, dont on aura les résultats rapidement, le jour-même", a précisé à l'AFP Delphine Rouilleault, directrice générale de France terre d'asile.  

Au total, 70 bus devaient acheminer les migrants alors que 26 centres d'hébergement ont été mis en place par la Préfecture de région d'Île de France (Prif) pour les accueillir.

Lors du premier confinement, entré en vigueur le 17 mars, un important camp de 700 migrants situé à Aubervilliers, avait été démantelé le 24 mars. La précédente évacuation remontait, elle, à juillet, dans la ville voisine d'Aubervilliers. Les premières tentes sont apparues à Saint-Denis, toujours le long du canal, dès la mi-août.

Le campement de fortune, où des centaines de tentes s'étaient progressivement installées, était majoritairement constitué d'hommes seuls, originaires en grande majorité d'Afghanistan, mais également du Soudan, d'Éthiopie et de Somalie. Beaucoup sont auparavant passés par d'autres campements à Paris, successivement démantelés.

Des migrants "confinés dehors", déplore Médecins du monde 

"Comment ce campement a pu se développer en état d'urgence sanitaire, où le respect des gestes barrières est impossible et où les personnes vivent dans l'insalubrité totale ? Ces personnes sont confinées dehors", regrette Louis Barda, coordinateur général à Médecins du monde Paris.

Alix Geoffroy, chargée de programme Cedre-Secours catholique, à la fois "soulagée" et "inquiète" par cette mise à l'abri, souhaite qu'"il y ait une pause de la rue pour ces personnes le temps du confinement". 

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Pour cette évacuation, la stratégie des autorités reste identique. "Deux mille places d'accueil sont mobilisées, en gymnases et en centres d'accueil", a indiqué à l'AFP Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Dans un communiqué publié mardi, une trentaine d'associations et collectifs, comme la Cimade ou Solidarité Migrants Wilson dénoncent le "cycle sans fin et destructeur" des évacuations.

Avec AFP

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