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Islam de France : le CFCM présente à Emmanuel Macron un projet de conseil des imams

Un imam dirige une prière à l'occasion de l'Eid Al-Adha, le 31 juillet 2020, dans une mosquée de Caen, en Normandie
Un imam dirige une prière à l'occasion de l'Eid Al-Adha, le 31 juillet 2020, dans une mosquée de Caen, en Normandie © Sameer Al-Doumy, AFP
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Le Conseil français du culte musulman a été reçu par Emmanuel Macron à l'Élysée mercredi. À la demande du président, ses dirigeants lui ont proposé un projet de conseil national chargé d'encadrer la formation des imams en France.

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Les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) ont présenté à Emmanuel Macron, mercredi 18 novembre, un projet de conseil national des imams. Le chef de l'État leur avait demandé de créer une instance chargée de labelliser les imams en France, a indiqué l'Élysée.

Le chef de l'État leur a en outre demandé de rédiger, en lien avec le ministère de l'Intérieur, une "charte des valeurs républicaines" sur laquelle devront s'engager le CFCM et les neuf fédérations qui le composent.

Il leur a donné rendez-vous dans une quinzaine de jours pour venir lui présenter cette charte, a indiqué l'Élysée, confirmant les informations du Figaro et du Parisien.

Cette charte, a demandé le président, devra affirmer la reconnaissance des valeurs de la République, préciser que l'islam en France est une religion et pas un mouvement politique, et stipuler la fin de l'ingérence ou de l'affiliation à des États étrangers.

L'objectif est notamment de mettre fin, d'ici quatre ans, à la présence en France des 300 imams étrangers "détachés" par la Turquie, le Maroc et l'Algérie.

"Sortir des ambiguïtés"

Depuis son discours sur le séparatisme et l'islam radical début octobre, et encore plus depuis l'assassinat de Samuel Paty et l'attentat de Nice, le chef de l'État a accentué sa pression sur les instances dirigeantes de l'islam en France pour lutter contre l'influence étrangère, la radicalisation et l'islam politique.

Mercredi, il recevait les dirigeants des neufs fédérations qui composent le CFCM pour la quatrième fois depuis la rentrée selon l'Élysée. Le président leur a dit savoir que plusieurs de ces fédérations ont des positions ambiguës sur les sujets abordés et qu'il fallait "sortir de ces ambiguïtés".

Parmi ces neuf fédérations, représentatives d'une grande partie du culte musulman, trois n'ont "pas une vision républicaine", comme le Milli Görüs, d'obédience turque, et les Musulmans de France, ex-UOIF, relève l'Élysée. "Si certains ne signent pas cette charte, nous en tirerons les conséquences", a averti le président, qui a "pris acte de leurs propositions".

Labelliser les imams

Le conseil des imams, présenté comme une sorte de conseil de l'ordre sur le modèle de celui des avocats, pourra non seulement labelliser les imams et leur donner une carte officielle – actuellement aucun label n'est nécessaire et il est possible de s'autoproclamer imam –, mais aussi leur retirer l'agrément en cas de manquement à la charte et à un code d'éthique qu'il devra élaborer.

Le président a donné au CFCM six mois pour mettre en œuvre un référentiel de formation des imams.

En fonction de leur rôle (imams dirigeant la prière, imams prêcheurs et imams conférenciers), il leur sera demandé différents niveaux de connaissance du français et de diplômes, allant jusqu'à des formations universitaires. Le Conseil devra faire rentrer les imams actuels dans ce modèle.

L'adhésion du CFCM à cette nouvelle organisation du culte musulman en France marquerait une victoire pour Emmanuel Macron, cible des critiques parfois violentes de musulmans dans plusieurs pays pour ses propos sur un islam "en crise" et son discours contre l'islam radical.

Outre les appels au boycott de produits français, le président français, qui récuse toute accusation d'être antimusulman et défend une laïcité neutre vis-à-vis de tous les cultes, est même devenu personnellement la cible de menaces jihadistes.

Avec AFP

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