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Procès du Thalys : "On aurait dû mourir ce jour-là", raconte l'un des ex-militaires américains

Alek Skarlatos, l'un des trois "héros" américains du train Thalys, a été entendu comme témoin au procès d'un présumé tireur qui a ouvert le feu sur un train reliant Amsterdam à Paris, le 20 novembre 2020.
Alek Skarlatos, l'un des trois "héros" américains du train Thalys, a été entendu comme témoin au procès d'un présumé tireur qui a ouvert le feu sur un train reliant Amsterdam à Paris, le 20 novembre 2020. © REUTERS - Gonzalo Fuentes
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L'un des trois ex-militaires américains, ayant empêché un bain de sang dans le train Thalys reliant Amsterdam à Paris en août 2015, a été entendu, vendredi, devant la Cour d'assises. Aleksander Skarlatos raconte comment lui et ses amis ont neutralisé le tireur grâce à leur sens de l'observation et leur réactivité. 

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"J'ai tout de suite compris ce qu'il se passait." L'ex-militaire Aleksander Skarlatos, l'un des trois Américains célébrés en héros pour avoir affronté le tireur du Thalys en août 2015, a raconté, vendredi 20 novembre, aux assises l'attaque qui a "changé sa vie".

"On aurait dû mourir ce jour-là", résume Aleksander Skarlatos, 28 ans, devant la Cour d'assises spéciale, qui juge le tireur Ayoub El Khazzani et ses co-accusés.  

Dans le Thalys Amsterdam-Paris ce 21 août 2015, Aleksander Skarlatos est assis côté fenêtre. "J'avais changé de place avec mon ami Spencer pour pouvoir regarder le paysage", raconte, via une interprète, Aleksander Skarlatos, carrure large dans un costume bleu marine, cravate autour du coup, cheveux bruns coupés court.

Les trois amis d'enfance passent cet été-là leurs premières vacances en Europe. Aleksander Skarlatos, membre de la Garde nationale de l'Oregon, Spencer Stone, soldat de l'armée de l'air américaine, et Anthony Sadler, étudiant, ont 23 ans tous les trois.

"No fucking way"

"J'ai entendu un bruit de déflagration, et j'ai vu un employé courir à toute allure dans l'autre sens", se rappelle-t-il à la barre. El Khazzani, 25 ans à l'époque, vient de tirer une balle dans le dos du passager qui le premier avait réussi à s'emparer de sa kalachnikov. Aleksander Skarlatos regarde à travers l'interstice entre les deux sièges, aperçoit le tireur, torse nu, se baisser et ramasser sa kalachnikov au sol.  

"J'ai tout de suite compris. Le temps s'est arrêté, mon cœur a fait un bond dans ma poitrine. Et j'ai pensé 'no fucking way' (y a pas moyen)". "Spencer, go", lance-t-il à son ami assis côté couloir. Spencer Stone, qui a fait un malaise à son arrivée à Paris, mercredi, est toujours hospitalisé. Il sera entendu par la cour lundi après-midi si son état le permet.

Une clé d'étranglement neutralise le tireur

Alors que Spencer Stone court en direction du tireur, "Monsieur El Khazzani commence à pointer son arme vers lui", décrit Aleksander Skarlatos. La veille à la barre, le troisième Américain Anthony Sadler avait mimé pour la cour les gestes d'El Khazzani qui arme, puis vise droit devant lui. 

Spencer Stone roule au sol avec El Khazzani, lui fait une clé d'étranglement. "Et là, Spencer crie 'Il a un pistolet'". Arrivé en renfort, Aleksander Skarlatos attrape le pistolet, braque El Khazzani à la tête : "Arrête de résister, arrête", lui crie-t-il en anglais. 

El Khazzani continue à se débattre, Aleksander Skarlatos appuie sur la gâchette. Aucune balle ne sort. Skarlatos jette le pistolet au sol, frappe El Khazzani avec la kalachnikov pendant que Spencer continue sa clé d'étranglement. "Il me regardait fixement sans même cligner des yeux", se souvient Aleksander Skarlatos. EL Khazzani, qui n'a pas émis un son, finit par perdre connaissance.

Le tireur ligoté avec les cravates des passagers

"Qu'est-ce qu'il se serait passé sans votre intervention ?", a demandé le président à Anthony Sadler. "Il aurait tiré sur tout le monde dans le wagon et je suppose qu'il serait ensuite passé au wagon suivant".

Le président : "Ayoub El Khazzani dit qu'il était là pour viser les militaires américains. Y avait-il un moyen de savoir que vous êtes américains ?" Anthony Sadler hésite, rigole. "Et ben... Spencer a une tête d'Américain. Mais non", dit-il, provocant des rires dans la salle.

Une fois le tireur ligoté avec des cravates de passagers, Aleksander Skarlatos examine la kalachnikov. "À ma surprise, une balle a été éjectée. Elle était percutée ce qui signifie que monsieur Khazzani avait tiré". 

"Vous connaissez bien les armes", rappelle le président. L'Américain a indiqué en posséder une vingtaine, dont une kalachnikov. "Les balles étaient de mauvaise qualité, je l'ai vu tout de suite", dit-il à la cour. "On a vraiment eu de la chance."                

Avec AFP

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