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Attentat de la rue des Rosiers : la Norvège va extrader un suspect vers la France

Pompiers portant secourent aux victimes de l'attentat de la rue des Rosiers, le 9 août 1982, à Paris.
Pompiers portant secourent aux victimes de l'attentat de la rue des Rosiers, le 9 août 1982, à Paris. © Jacques Demarthon, AFP
7 mn

Il est l'un des auteurs présumés de l'attentat qui avait fait 6 morts et 22 blessés le 9 août 1982 à Paris. Walid Abdulrahman Abou Zayed, un Palestinien naturalisé Norvégien, va être prochainement remis aux autorités françaises. Cette extradition, réclamée par Paris depuis plusieurs années, pourrait mener à un procès très attendu par les familles des victimes.

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La Norvège a donné vendredi 27 novembre son feu vert final à l'extradition de l'un des auteurs présumés de l'attentat de la rue des Rosiers qui avait fait six morts à Paris en 1982, une lueur d'espoir pour les familles des victimes en attente d'un procès depuis près de quarante ans.

Prise en Conseil des ministres, la décision du gouvernement norvégien n'est pas susceptible d'appel et devra être exécutée sous dix jours, a-t-on appris auprès des services de renseignement du pays (PST).

Walid Abdulrahman Abou Zayed, aussi connu sous le nom d'Osman en Norvège, est recherché par la justice française pour sa participation présumée à l'attaque qui avait fait six morts et 22 blessés le 9 août 1982 dans le quartier juif historique de Paris.

Clamant son innocence, ce Palestinien naturalisé Norvégien en 1997 s'opposait à une extradition vers la France. Validée par tous les échelons judiciaires du pays nordique, celle-ci devait encore recevoir le feu vert du gouvernement norvégien.

"La plainte d'Osman a été examinée en Conseil des ministres réuni devant le Roi. Elle a été rejetée", a déclaré Annett Aamodt, porte-parole du PST.

"Le ministère de la Justice a ordonné que l'extradition soit mise en œuvre dans le cadre d'un accord entre les police norvégienne et française, et la décision doit être exécutée dans les dix jours", a-t-elle ajouté.

Le 9 août 1982, un commando de trois à cinq hommes avait lancé une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg dans le "Pletzl", quartier juif historique de la capitale française, puis mitraillé dans l'établissement ainsi que des passants.

L'opération avait rapidement été attribuée au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

La justice française soupçonne Abou Zayed, établi en Norvège depuis 1991, d'avoir été "l'un des tireurs de l'attentat". Lui assure qu'il se trouvait à Monte-Carlo au moment des faits.

"Des crimes jamais oubliés" 

La décision d'Oslo a été saluée par les familles des victimes. "Le procès va enfin pouvoir se tenir, avec un accusé dans le box", espère Maître Avi Bitton, qui défend trois anciennes employées du restaurant Jo Goldenberg. 

"Il aura fallu des années de combats, de révélations dans la presse et d'activisme des avocats pour que ce procès puisse avoir lieu", a-t-il souligné.

La Norvège n'avait pas donné suite à une précédente demande de Paris en 2015, car elle n'extradait alors pas ses ressortissants. Mais l'entrée en vigueur l'an dernier d'un accord judiciaire avec l'UE et l'Islande le lui permet désormais.

"Les victimes se félicitent de la coopération de la Norvège et attendent avec impatience que la justice française confronte monsieur à sa responsabilité dans des crimes qu'elles n'ont jamais oubliés", a indiqué un autre avocat des victimes, Romain Boulet.

L'avocat norvégien d'Abou Zayed a refusé de commenter la décision, faute d'avoir reçu une notification écrite. 

"Je n'aime pas la France", avait proclamé son client lors d'une comparution devant la justice en septembre. "Je ne veux pas aller en prison en France".

La justice française a émis trois autres mandats d'arrêt internationaux visant deux individus localisés en Jordanie et un troisième en Cisjordanie, tous soupçonnés d'avoir été impliqués dans la préparation ou la perpétration de l'attaque.

La Jordanie a refusé à plusieurs reprises d'extrader les deux suspects présents sur son territoire, dont le cerveau présumé de l'attentat.

L'affaire est d'autant plus sensible qu'un éventuel accord secret passé à l'époque entre les renseignements français et le groupe Abou Nidal est régulièrement évoqué : les premiers se seraient engagés à une libération de prisonniers en contrepartie de l'engagement du groupe à ne pas perpétrer d'opération sur le sol français.

Avec AFP

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