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La France veut réduire sa dépendance aux importations de soja

Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, le 17 octobre 2018, à l'Élysée.
Le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, le 17 octobre 2018, à l'Élysée. AFP/Archives
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Augmenter de 40 % les surfaces agricoles destinées aux plantes riches en protéines en France : c'est le projet du gouvernement qui cherche à réduire sa dépendance aux importations de soja en provenance d’Amérique du Sud, a déclaré mardi le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie.

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Le gouvernement et les filières agricoles se sont engagées, mardi 1er décembre, à œuvrer pour augmenter de 40 % en trois ans les surfaces consacrées à la culture de plantes riches en protéines comme les lentilles, le colza ou la luzerne, afin de réduire la dépendance au soja importé, en particulier du Brésil.

Il s'agit d'un "objectif intermédiaire", a détaillé le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, lors d'une conférence de presse. Un objectif de "doublement de la surface cultivée" en dix ans avait déjà été fixé.

"Aujourd'hui, on a un million d'hectares" consacrés à la culture d'oléagineux (colza, tournesol, lin) et de légumineuses (soja, pois, féverolles, lentilles...), a-t-il précisé. Dans les trois ans qui viennent, cette surface doit donc augmenter de 400 000 hectares, avant d'atteindre 2 millions d'hectares d'ici à 2030.

Les filières agricoles s'y sont engagées via une "charte", a précisé le ministre, dans le cadre de  laquelle l'État "met sur la table", en parallèle, un plan protéines crédité de plus de 100 millions d'euros, principalement financé via le plan de relance.

Ce plan protéines est pensé comme "une brique importante" à l'"édifice du regain en termes de souveraineté agroalimentaire", a déclaré Julien Denormandie.

Mettre fin d’ici à 2030 à la déforestation liée à l’importation de produits agricoles non durables

Aujourd'hui, la France dépend pour moitié des importations de protéines végétales pour l'alimentation du bétail. Or on y retrouve notamment du soja transgénique, en provenance des États-Unis ou du Brésil, où il est pointé du doigt pour son rôle dans la déforestation.

La France s'est engagée en 2018 à mettre fin d'ici à 2030 à la déforestation liée à l'importation de produits agricoles ou forestiers non durables.

Le plan protéines végétales pourra notamment contribuer à financer des "outils de production, stockage et distribution" de légumineuses, des achats de semence par les éleveurs, afin d'augmenter la densité en protéines des fourrages, ou encore la recherche variétale.

>> À voir : Au Brésil, l’agrobusiness dévore les savanes du "Cerrado"

Un budget plus modeste (3 millions d'euros) est destiné à la promotion de la consommation de légumes secs en particulier par les enfants, conformément aux recommandations nutritionnelles.

Ce plan était attendu par le monde agricole, près de deux ans après qu'Emmanuel Macron a annoncé, au salon de l'agriculture de 2019, vouloir "porter un plan protéines ambitieux à l'échelle du continent" européen, et ainsi sortir du vieil équilibre induit par un accord commercial négocié dans les années 1960, qui attribuait la production de protéines végétales (soja, colza) aux Amériques et celle de l'amidon (blé, céréales) à l'Europe.

Avec AFP

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