Covid-19 en France : le gouvernement tente de reprendre la main sur la campagne de vaccination

Une infirmière se prépare à administrer le vaccin de Pfizer-BioNTech au Dr Jean-Christophe Richard à l'hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, le mercredi 6 janvier 2021.
Une infirmière se prépare à administrer le vaccin de Pfizer-BioNTech au Dr Jean-Christophe Richard à l'hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, le mercredi 6 janvier 2021. © Laurent Cipriani, AP
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Vidéo par : FRANCE 2
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Critiqué de toutes parts pour le démarrage au compte-gouttes de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, le gouvernement tente de défendre sa stratégie, alors que la perspective d'un rebond de la pandémie de Covid-19 se profile à l'horizon.

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Accablé de critiques, le gouvernement de Jean Castex tente de reprendre la main sur la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, alors que les craintes d'un rebond de la pandémie se font de plus en plus fortes. 

Selon le cabinet du ministre de la Santé Olivier Véran, 12 500 vaccinations ont été réalisées, mercredi, contre 5 000 mardi en fin d'après-midi. 

Le Premier ministre Jean Castex a promis qu'il s'exprimerait "longuement" sur ce dossier, jeudi, lors de sa conférence de presse avec Olivier Véran, prévue à 18 h. Ces derniers entendent défendre la stratégie vaccinale du gouvernement et "donner le plus de visibilité possible aux acteurs qui en ont besoin, avec une part d'inconnu qui demeure sur la circulation du virus", selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Étrillé depuis plusieurs jours à cause d'un démarrage au compte-gouttes, le gouvernement a promis de passer la seconde, notamment en permettant sans délai à tous les professionnels de santé de plus de 50 ans ou à risque de recevoir la fameuse injection dans les hôpitaux, et non plus seulement aux résidents et personnels des Ehpad. 

Accélérer 

Mardi, le ministre de la Santé a aussi promis d'accélérer la cadence en ouvrant la vaccination avant fin janvier, dans des centres dédiés en ville, à toutes les personnes âgées de plus de 75 ans qui ne vivent pas en maison de retraite. 

"Nous ouvrons 100 centres destinés à la ville", puis "nous en ouvrirons 300 la semaine prochaine et 500 celle d'après", a assuré le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l'issue du premier Conseil des ministres de l'année. 

La France dispose d'un million de doses du vaccin Pfizer/BioNTech. Mais avec un million de résidents et de personnels de santé concernés dans les Ehpad, quelque 5 millions de personnes âgées de plus de 75 ans, et en comptant deux injections par personne, les doses attendues suffiront-elles dans l'immédiat ?  

Aux 500 000 doses hebdomadaires du vaccin Pfizer/BioNTech, devraient s'ajouter 200 000 doses "le premier mois", puis "500 000 par mois" du vaccin de l'Américain Moderna, validé mercredi par l'Agence européenne des médicaments (EMA) et la Commission européenne, et qui attend maintenant le feu vert de la Haute autorité de santé (HAS) en France, a expliqué Gabriel Attal.

Un début de polémique a aussi surgi après les révélations de Politico, puis du Canard Enchaîné, sur une mission confiée par le gouvernement au cabinet de conseil privé McKinsey et Company pour l'épauler dans sa stratégie vaccinale. Le ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que ce cabinet travaillait au sein de la "’task force’ vaccination du ministère de la Santé", sans donner de précisions sur ses missions exactes. 

"Discuter de mesures plus lourdes"

Dans ce contexte de polémiques permanentes, le gouvernement doit aussi trouver le bon curseur des restrictions sanitaires pour enrayer le redémarrage de l'épidémie après les fêtes. Certains de ses voisins ont choisi de repasser par la case confinement, écoles comprises, (Angleterre, Écosse) ou de prolonger les mesures de fermeture (Allemagne). 

Fermés depuis le 30 octobre, les restaurants et les bars ont vu leurs espoirs de rouvrir au 20 janvier anéantis. 

Au grand dam des stations de ski, les remontées mécaniques ne rouvriront pas jeudi comme initialement envisagé, a indiqué, mercredi soir, à l'AFP le secrétaire d'État chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne. 

Concernant la culture, Gabriel Attal a évoqué "un calendrier de réouverture qui pourrait être progressif", sans préciser quels acteurs étaient concernés. 

"Au milieu de la semaine prochaine, ça sera le moment peut-être de discuter de mesures plus lourdes pour éviter une expansion de l'épidémie", a estimé mercredi soir sur France 2 Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, qui guide le gouvernement. Actuellement, 15 départements ont un couvre-feu avancé à 18 h, deux heures de tôt que le reste du pays. 

Mercredi, 25 379 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés, loin de l'objectif gouvernemental de 5 000 cas par jour. Avec 291 décès à l'hôpital, le virus a tué 66 565 personnes depuis le début de la pandémie. 

Avec AFP 

 

  

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