Islam : Macron salue l'"engagement" du CFCM après l'adoption d'une "charte de principes"

Mohammed Moussaoui, le président du CFCM, le 22 mars 2019, à la Grande Mosquée de Paris.
Mohammed Moussaoui, le président du CFCM, le 22 mars 2019, à la Grande Mosquée de Paris. AFP - KENZO TRIBOUILLARD
3 mn

Le président Emmanuel Macron a reçu lundi les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) après l'adoption d'une "charte des principes" de l'islam de France. Le chef de l'État a salué "un engagement net, clair et précis en faveur de la République".

Publicité

Emmanuel Macron a reçu lundi 18 janvier le Conseil français du culte musulman (CFCM) après que celui-ci a formellement approuvé, dimanche, une "charte des principes" de l'islam de France. Le chef de l'État a salué "un engagement net, clair et précis en faveur de la République", selon l'Élysée.

Ce texte marque aussi "une étape extrêmement importante" en permettant "une clarification de l'organisation du culte musulman", a ajouté le président au cours d'une réunion avec les responsables du CFCM à l'Elysée.

Emmanuel Macron avait réclamé ce texte dans le cadre de son offensive contre le séparatisme.

Après plusieurs semaines de crise interne, les trois dirigeants du CFCM avaient annoncé samedi un accord à l'arraché sur ce texte qui affirme la "compatibilité" de la foi musulmane avec "la laïcité", "l'égalité homme-femme" et rejette "l'instrumentalisation de l'islam à des fins politiques".

"La charte rappelle que les actes hostiles aux musulmans de France et aux symboles de leur foi est l'œuvre d'une minorité extrémiste qui ne saurait être confondue ni avec l'État ni avec le peuple français", a précisé Mohammed Moussaoui, le président du CFCM dans un communiqué.

Son adoption formelle par les neuf fédérations composant le CFCM ouvre la voie à une vaste restructuration de la deuxième religion de France et notamment à la création d'un Conseil national des imams (CNI), qui sera chargé de "labelliser" les imams exerçant en France.

"Une avancée très significative"

Gérald Darmanin, à qui les trois dirigeants du CFCM ont présenté cette charte samedi à Beauvau, a salué "une avancée très significative" et la marque d'un engagement contre "l'islam politique".

Cette réaffirmation formelle des principes républicains avait été demandée aux dirigeants du CFCM mi-novembre par le président de la République dans la foulée de son offensive contre le "séparatisme" et l'islam radical, formalisée depuis dans un projet de loi.

Le chef de l'État avait appelé les représentants musulmans à mettre fin à certaines "ambiguïtés" et entendait aussi mettre fin, d'ici à quatre ans, à la présence en France des 300 imams étrangers "détachés" par la Turquie, le Maroc et l'Algérie. "Si certains ne signent pas cette charte, nous en tirerons les conséquences", avait averti le président. 

Après l'échec de nombreuses tentatives de réformes de l'islam en France, la pression de l'exécutif sur les instances musulmanes s'était encore renforcée avec l'attentat jihadiste contre Samuel Paty mi-octobre et dans la basilique de Nice quinze jours plus tard.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine