Coup d'envoi du "Beauvau de la sécurité" sous l'égide de Gérald Darmanin

Des policiers anti-émeutes montent la garde, le 9 janvier 2021 à Rennes, dans l'ouest de la France, lors d'un rassemblement non autorisé en soutien à un organisateur présumé d'une fête du Nouvel An illégale.
Des policiers anti-émeutes montent la garde, le 9 janvier 2021 à Rennes, dans l'ouest de la France, lors d'un rassemblement non autorisé en soutien à un organisateur présumé d'une fête du Nouvel An illégale. © Loïc Venance, AFP

Le "Beauvau de la sécurité", une grande concertation nationale consacrée à la police et la gendarmerie annoncée par Emmanuel Macron, a été présenté lundi aux syndicats de la profession. Il commencera le 1er février et abordera notamment la réforme de l'IGPN ou encore les liens entre forces de l'ordre et population.

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Place au "Beauvau de la sécurité". La grande concertation, voulue par Emmanuel Macron en décembre, a été lancée, lundi 25 janvier, aux principaux syndicats policiers et aux représentants de la gendarmerie. Il s'étalera sur plusieurs mois et commencera le lundi 1er février, ont indiqué à l'AFP des syndicats de police informés par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Le lancement de la consultation, annoncée par Emmanuel Macron, doit avoir lieu en présence du Premier ministre Jean Castex, ont précisé à l'AFP trois syndicats de police. Des débats auront lieu tous les quinze jours autour des "sept péchés capitaux" de la police exposés par Gérald Darmanin fin novembre devant la Commission des lois de l'Assemblée nationale.

Ces échanges visent à aboutir à "7 ou 8 propositions très fortes que je proposerai au président de la République", a déclaré le ministre dans un entretien accordé au Parisien à l'issue de cette réunion. "L'idée, c'est d'avoir une grande loi de programmation du ministère de l'Intérieur qui soit prête avant l'élection présidentielle", a-t-il ajouté, en référence à la loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) prévue en 2022.

Les débats doivent débuter sur les relations entre forces de l'ordre et population, puis seront consacrés à la question de l'encadrement. Viendront ensuite la formation, puis la relation à l'autorité judiciaire en mars, en présence du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti. Seront ensuite abordés en avril et mai les sujets, entre autres, des moyens humains et matériels et des inspections, comme l'IGPN – accusée de manquer d'indépendance –, ont détaillé les syndicats.

À la demande du syndicat Alliance, Gérald Darmanin a décidé d'ajouter un "huitième chantier", celui de "la relation à l'autorité judiciaire".

La grogne des policiers

Des élus et personnalités doivent être présents à ces débats : des membres de la CNIL, des services du défenseur des droits ou des syndicalistes comme Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, ou Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, ont encore dit les syndicats.

Ces débats s'accompagneront de "30 déplacements" du ministre de l'Intérieur dans plusieurs villes de France, à la rencontre notamment des policiers et gendarmes locaux. En pleine polémique sur les "violences policières", Emmanuel Macron avait annoncé le 8 décembre la tenue de cette concertation afin d'"améliorer les conditions d'exercice" des forces de l'ordre et "consolider" leurs liens avec les Français.

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Les syndicats Unsa et Alliance avaient initialement opposé leur refus d'y participer en réaction aux propos du chef de l'État qui, quelques jours plus tôt, avait reconnu dans une interview au média en ligne Brut l'existence de contrôles au faciès et des violences de la part de certains policiers.

Ces deux syndicats ont revu leur position après que Gérald Darmanin a accepté leurs conditions, notamment sur la "réponse pénale" ou sur des mesures sociales comme la gratuité des transports pour les policiers.

En décembre, des mobilisations de policiers mécontents de ces déclarations avaient aussi eu lieu dans plusieurs villes, à Paris, à Nantes, à Marseille ou encore à Grenoble, où 132 fonctionnaires avaient symboliquement entamé une démarche pour quitter l’institution.

À lire >> Mécontentement policier : un grand débat pour tenter d’apaiser les tensionsAvec AFP

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