Face à la crise sanitaire et sociale, la France allonge la trêve hivernale

La ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, lors d'une visite de HLM à Marseille le 30 juillet 2020.
La ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, lors d'une visite de HLM à Marseille le 30 juillet 2020. © Clément Mahoudeau, AFP/Archives

En France, la trêve hivernale des expulsions locatives est repoussée au 1er juin au lieu du 1er avril pour éviter que la crise sanitaire ne débouche sur une crise sociale. Une trêve sur les coupures d'énergie en raison de factures de chauffage impayées a également été décidée par le gouvernement.

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Le gouvernement a décidé, comme l'an passé, d'allonger la trêve hivernale des expulsions locatives en la repoussant au 1er juin "face au risque réel de décrochage des ménages en difficulté".

"Je peux vous annoncer que la fin de la trêve est repoussée de deux mois et prendra fin le 1er juin au lieu du 1er avril", a annoncé la ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, dans une interview au Parisien lundi soir. Une trêve sur les coupures d'énergie en raison de factures de chauffage impayées a également été décidée.

En 2020 déjà, à cause de la pandémie, la trêve hivernale avait été repoussée de plus de trois mois.

Cette annonce intervient au moment où la fondation Abbé Pierre publie un rapport alarmant : la pandémie de coronavirus a non seulement créé de nouvelles situations de précarité, mais aussi aggravé la situation des millions de personnes déjà pauvres et mal-logées en France.

Risque de crise sociale

"D'une crise sanitaire devenue économique, on risque de basculer vers une crise sociale. Nous sommes aujourd'hui face à un risque réel de décrochage de ménages en difficulté", a reconnu la ministre.

"Il me paraît indispensable de prioriser et d'échelonner les expulsions tout en veillant à ne pas expulser sans solution de relogement ou au moins d'hébergement", a estimé la ministre du Logement.

Cette dernière a également reconnu qu'il fallait "mieux indemniser les bailleurs dont on n'expulse pas le locataire, parce qu'on veut lui donner une seconde chance", précisant qu'elle était favorable à une automatisation de cette indemnisation.

En 2020, 3 500 personnes ont été expulsées de leur logement, selon un rapport parlementaire publié dimanche, une baisse de 79 % par rapport à 2019 due à l'extension de la trêve hivernale jusqu'au 10 juillet pour cause de crise sanitaire. 

Avec AFP

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