Cinéma : le président du CNC mis en examen pour agression sexuelle et tentative de viol

Le président du CNC, Dominique Boutonnat, est mis en examen pour agression sexuelle et tentative de viol sur son filleul.
Le président du CNC, Dominique Boutonnat, est mis en examen pour agression sexuelle et tentative de viol sur son filleul. © Xavier Leoty, AFP

Le président du Centre national du cinéma (CNC), Dominique Boutonnat, a été mis en examen jeudi pour agression sexuelle et tentative de viol et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé le parquet de Nanterre. Cela fait suite à l'ouverture d'une information judiciaire après une plainte déposée par son filleul de 22 ans le 7 octobre dernier.

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Le président du Centre national du cinéma (CNC), Dominique Boutonnat, a été mis en examen jeudi 11 février pour agression sexuelle et tentative de viol, assorti d'un placement sous contrôle judiciaire.

Cette mise en examen fait suite à la plainte déposée le 7 octobre dernier par son filleul de 22 ans, sans lien familial, pour des faits datant d'août 2020 lors de vacances en Grèce. Dominique Boutonnat a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec la victime et de se rendre au domicile des parents de la victime, a précisé le parquet contacté par l'AFP.

Sollicitée par l'AFP, l'avocate du plaignant, Me Caroline Toby, n'a pas répondu dans l'immédiat.

"Dominique Boutonnat conteste avoir commis quelque infraction que ce soit, il est tout à fait serein sur l'issue de cette procédure", a déclaré à l'AFP le défenseur de ce dernier, Me Emmanuel Marsigny.

Le parquet a indiqué n'avoir "pas connaissance d'autres plaintes" le concernant à ce stade. L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Nanterre.

Dominique Boutonnat, 51 ans, a été nommé président du CNC le 24 juillet 2019, après une longue carrière dans le financement de la création cinématographique et audiovisuelle.

Mercredi, le collectif 50/50, qui milite pour la parité dans le cinéma et l'audiovisuel et avait notamment été à l'origine de la mise en place par le CNC de formations contre le harcèlement sexuel dans le milieu, a appelé à sa "mise en retrait", "le temps que la justice puisse dire le droit".

Nomination contestée

Depuis le début de l'année, les affaires de viol ou d'agression sexuelle concernant des personnalités du monde de la culture ou de la politique se sont succédées, suscitant l'ouverture d'enquêtes judiciaires.

C'est d'abord le politiste Olivier Duhamel, accusé par sa belle-fille Camille Kouchner, dans le livre "La Familia grande" paru début janvier, d'avoir violé son beau-fils adolescent, le jumeau de l'autrice, dans les années 1980.  

Une semaine plus tard, on apprenait que l'artiste Claude Lévêque était accusé par un autre artiste d'agressions sexuelles à la même époque, sur lui (lorsqu'il avait entre 10 et 17 ans) et ses deux frères. Le plasticien dénonce "des propos diffamatoires et calomnieux".

L'acteur Richard Berry a été visé fin janvier par une plainte de sa fille Coline pour "viols et agressions sexuelles", remontant également aux années 1980. Le comédien dément formellement.

Le président du parti UPR François Asselineau a été mis en examen début février pour harcèlement moral et agressions sexuelles. Il conteste "catégoriquement".

Et une enquête pour "viols sur mineurs" et "complicité de viols sur mineurs" a été ouverte le 21 janvier contre le producteur de télévision Gérard Louvin et son mari après le dépôt d'une plainte par le neveu du premier, Olivier A., a-t-on appris mardi auprès du parquet de Paris. Le couple dément "fermement les accusations opportunistes".

Après avoir commencé sa carrière professionnelle chez l'assureur Axa, Dominique Boutonnat avait rejoint le monde du cinéma à 35 ans, en 2005. C'est son frère Laurent, réalisateur et auteur-compositeur connu pour ses chansons interprétées par Mylène Farmer, qui l'y avait introduit.

D'après le CNC, il a contribué entre 2007 et 2019 au financement d'environ 250 œuvres telles que "Cleveland contre Wall Street" (2010), "Polisse" et "Intouchables" (2011), "La Belle Saison" (2015) ou encore "Le Chant du Loup" (2019).

Sa nomination à la tête de l'établissement public, à l'été 2019, avait suscité des remous. Le milieu du cinéma s'était à l'époque inquiété de voir s'imposer une logique fondée sur la rentabilité, le candidat retenu étant notamment l'auteur d'un rapport sur le financement du cinéma français qui venait d'être remis à Bercy et au ministère de la Culture. Il y plaidait pour développer la part du financement privé dans le cinéma, en complément des soutiens publics.

Cet ancien condisciple d'Édouard Philippe à Sciences Po Paris avait été, selon Le Figaro, l'un des premiers soutiens à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron en 2017.

Avec AFP

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