Le confinement "pas d'actualité" en Île-de-France, malgré une "forte tension"

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, lors d'un point presse à Paris, le 17 décembre 2020.
Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, lors d'un point presse à Paris, le 17 décembre 2020. © Martin Bureau, AFP

Interrogé mardi sur un renforcement des restrictions à Paris et dans sa région, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a assuré que le confinement n'était pas à l'ordre du jour. Cette mesure pourrait toutefois être proposée au gouvernement en "dernier recours".

Publicité

Malgré une "très forte tension" dans les hôpitaux liée au virus du Covid-19, "Le confinement de l'Île-de-France n'est pas d'actualité", a assuré, mardi 9 mars, Jérôme Salomon, directeur général de la santé, sur la radio RTL.

"Cette mesure de dernier recours serait proposée au gouvernement et au chef de l'État si nous avions l'impression que l'hôpital ne pouvait pas tenir et que nous étions en face d'un risque majeur de ne pouvoir accueillir les malades graves à l'hôpital", a poursuivi Jérôme Salomon.

La région parisienne, confrontée au variant anglais du coronavirus, plus contagieux, a vu le nombre de malades du Covid-19 monter en flèche dans les services de réanimation de ses hôpitaux, à 964 malades lundi pour "moins de 1 050" lits disponibles selon le directeur de l'Agence régionale de Santé, Aurélien Rousseau.

Résultat, l'ARS a donné lundi "l'ordre ferme" aux hôpitaux et cliniques de déprogrammer 40 % de leurs activités médicales et chirurgicales les moins urgentes pour augmenter les capacités d'accueil, avec un objectif de 1 577 lits de réanimation.

"Trouver un équilibre"

Le gouvernement avait déjà renoncé, la semaine dernière, à imposer un confinement le week-end en Île-de-France, région la plus peuplée du pays (12 millions d'habitants), notamment face aux réticences de la maire de Paris, Anne Hidalgo, et de la présidente de région, Valérie Pécresse. Cette mesure a été limitée au Pas-de-Calais, après le littoral des Alpes-Maritimes et l'agglomération de Dunkerque.

Sur France Inter, le président du Sénat, Gérard Larcher, a appelé mardi, à "trouver un équilibre entre sécurité sanitaire et réalités économiques et sociales", au moment où l'Insee a estimé à 320 200 le nombre d'emplois détruits en 2020.

Avant même son premier week-end confiné, le taux d'incidence s'est stabilisé autour de 400 nouveaux cas pour 100 000 habitants sur sept jours dans le Pas-de-Calais. Mais il a grimpé à 433 en Seine-Saint-Denis, 405 dans le Val-de-Marne, et à 346 pour toute l'Île-de-France, selon des chiffres arrêtés à vendredi, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale fixé à 250 par le gouvernement, ce qui n'augure pas d'un soulagement dans les hôpitaux.

Au niveau national, le nombre de patients soignés dans les services de réanimation ne cesse de progresser, à 3 849 dans toute la France lundi, contre 4 900 au pic de la seconde vague et 7 000 lors de la première. Avec une charge très élevée dans les Hauts-de-France, en Provence Alpes-Côte d'Azur et en Île-de-France, qui oblige à de nouveaux transferts de patients vers d'autres régions.

Six semaines de "mobilisation maximale"

Trois-cent-soixante morts du Covid-19 à l'hôpital ont été enregistrées sur les dernières 24 heures, portant le bilan total des décès depuis le début de l'épidémie, il y a un an, à près de 89 000.

Interrogé sur l'expression "il faut tenir quatre à six semaines" prononcée par Emmanuel Macron le 1er mars, Jérôme Salomon a insisté sur "six semaines de tension" à venir, "six semaines de mobilisation maximale pour tous nos concitoyens". 

"Nous avons une période cruciale qui s'ouvre actuellement, effectivement de six semaines, où nous sommes dans cette course contre l'épidémie, en accélérant en même temps la vaccination et en demandant aux Français la mobilisation maximale pour passer cette période difficile", a-t-il prévenu. 

Mercredi dernier, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait esquissé l'espoir d'"un retour à une vie plus normale (...) peut-être dès la mi-avril".

La France métropolitaine a entamé sa huitième semaine de couvre-feu à 18 h et les cafés, restaurants, lieux culturels et salles de sport privées sont fermés depuis plus de quatre mois.

Lundi soir, la DGS a fait état de 158 903 nouvelles injections de vaccin dans les dernières 24 heures. Au total, près de 4 millions de personnes ont reçu une première dose, et près de deux millions sont vaccinées avec deux doses. Mais si elle a accéléré ces derniers jours, la campagne vaccinale n'a pas fait taire les polémiques.

Sur RTL, le patron de la DGS a repoussé les appels à la démission des syndicats de médecins, rendus furieux par l'annonce, dimanche soir, qu'ils ne pourraient pas commander de vaccins cette semaine à cause d'approvisionnements limités des doses d'AstraZeneca, la priorité étant donnée aux pharmaciens qui commenceront les piqûres la semaine prochaine.

"Nous allons rouvrir aux médecins dès la fin de la semaine les réservations de doses pour la semaine du 22 mars", a voulu rassurer le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors d'un déplacement à l'hôpital de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre).

Avec AFP

   

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine