Covid-19 : il faudra bientôt trier les patients, alertent des médecins à Paris

Des professionnels de santé au chevet d'un patient atteint d'une forme grave du Covid-19 à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt, le 8 mars 2021.
Des professionnels de santé au chevet d'un patient atteint d'une forme grave du Covid-19 à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt, le 8 mars 2021. © Alain Jocard, AFP

Dans une tribune publiée dimanche par le JDD, 41 directeurs médicaux de crise de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) évoquent une "situation de médecine de catastrophe". Ils disent se préparer à devoir "faire un tri des patients afin de sauver le plus de vies possibles", alors que le nombre de patients en réanimation se rapproche désormais de celui du pic de la deuxième vague. 

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La troisième vague épidémique monte inexorablement en France et pourrait submerger les hôpitaux de la région parisienne selon une quarantaine de médecins, qui préviennent dans une tribune publiée dimanche 28 mars dans le Journal du dimanche qu'ils se préparent à devoir faire un tri des patients.

En dépit des nouvelles restrictions mises en œuvre dans 19 départements, la France a enregistré dimanche une nouvelle hausse des entrées dans les services de réanimation, qui comptent désormais 4 872 malades contre 4 791 samedi. Un chiffre qui se rapproche de celui de la deuxième vague à l'automne qui avait culminé le 16 novembre à 4 903 malades.

"Dans les quinze prochains jours, les contaminations ayant déjà eu lieu, nous avons une quasi-certitude sur le nombre de lits de soins critiques qui seront nécessaires et nous savons d’ores et déjà que nos capacités de prise en charge seront dépassées au terme de cette période", écrivent 41 médecins réanimateurs et urgentistes exerçant dans les hôpitaux de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

"Sauver le plus de vies possible"

"Dans cette situation de médecine de catastrophe où il y aura une discordance flagrante entre les besoins et les ressources disponibles, nous serons contraints de faire un tri des patients afin de sauver le plus de vies possible", ajoutent-ils.

Ce tri, poursuivent-ils, concernera tous les patients, y compris ceux qui ne sont pas touchés par le Covid-19. "Nous n’avons jamais connu une telle situation, même pendant les pires attentats subis ces dernières années", soulignent les praticiens chargés de la gestion de la crise. "Nous ne pouvons rester silencieux sans trahir le serment d’Hippocrate que nous avons fait un jour."

Les appels à un durcissement des mesures de restriction se multiplient en France pour freiner l'épidémie alors que le gouvernement a opté pour l'instant pour des mesures de confinement partielles et locales.

Dans un entretien accordé vendredi soir au JDD, Emmanuel Macron a défendu de nouveau sa décision de ne pas reconfiner le pays, ajoutant qu'aucune décision n'avait été prise à ce stade quant à l'adoption de nouvelles mesures.

" Pour les jours qui viennent, nous allons regarder l’efficacité des mesures de freinage et nous prendrons si nécessaire celles qui s’imposent", a déclaré le chef de l'État au JDD. "Mais à cette heure, rien n’est décidé."

Un nouveau conseil de défense est programmé mercredi.

Avec Reuters et AFP

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