Covid-19 : le Parlement approuve les nouvelles mesures annoncées par Emmanuel Macron

Le Premier ministre, Jean Castex, devant l'Assemblée nationale, le 9 mars 2021.
Le Premier ministre, Jean Castex, devant l'Assemblée nationale, le 9 mars 2021. © Martin Bureau, AFP

Au lendemain des nouvelles annonces du président Emmanuel Macron destinées à lutter contre l'épidémie de Covid-19 en France, le Premier ministre a précisé ces mesures, jeudi, devant les députés. Les restrictions sanitaires ont été approuvées par le Parlement, même si le vote a été marqué par un boycott massif des oppositions.

Publicité

Concours maintenus, déplacements permis pour accompagner ses enfants chez leurs grands-parents, mesures pour les familles modestes privées de cantine, alcool interdit dans la rue : le Premier ministre, Jean Castex, a détaillé, jeudi 1er avril, dans une ambiance houleuse à l'Assemblée nationale, les nouvelles restrictions annoncées la veille par Emmanuel Macron pour tenter de juguler la troisième vague de Covid-19.

Le président avait annoncé la fermeture pour trois à quatre semaines des établissements scolaires et l'extension à tout le pays des restrictions déjà imposées à 19 départements. Ces nouvelles mesures sont "nécessaires pour nous permettre de franchir un cap, espérons-le un dernier cap, dans la perspective du déploiement massif de la vaccination et d'un retour à une vie normale", a justifié le chef du gouvernement dans un discours d'une grosse demi-heure débuté à 9 h.

Les annonces du gouvernement ont été approuvées par 348 voix contre 9 à l'Assemblée, malgré un boycott massif des oppositions de droite (LR) comme de gauche (LFI, PS, PCF).

Au Sénat, dominé par l'opposition de droite, le boycott a été important lors du vote qui a eu lieu jeudi après-midi à la suite de celui des députés, mais les mesures de l'exécutif ont été néanmoins techniquement approuvées par 39 voix pour et deux contre. 

Ce débat est "un mauvais poisson d'avril, et comme tous les poissons, il pourrira par la tête", a ainsi cinglé Jean-Luc Mélenchon dans la matinée au nom des députés LFI.

"Il n'y a pas d'opposition entre le pouvoir politique et le pouvoir médical, nous tenons le plus grand compte des avis, des analyses, des modèles et des prévisions des experts, conseils scientifiques et médicaux", a par ailleurs souligné le Premier ministre, alors que l'exécutif se voit reprocher d'avoir tardé à serrer la vis quand scientifiques et opposition de droite comme de gauche l'y appelait.

Jean Castex a aussi condamné "sans réserve" ceux qui ne respectent pas "les règles sanitaires", visant notamment les participants à de récents "rassemblements festifs" ou ceux refusant le port du masque, qui devront être poursuivis "systématiquement" par les parquets.

Les vacances scolaires et le "préavis pour les familles"

Signe de l'intérêt des Français, les annonces du président de la République ont été suivies par 30,8 millions de téléspectateurs, toutes chaînes confondues, soit 90,7 % de part d'audience globale, selon Médiamétrie.

L'annonce la plus forte est la fermeture des crèches, écoles, collèges et lycées pendant trois à quatre semaines alors que l'exécutif avait fait de la poursuite de l'ouverture des établissements scolaires le "totem" de sa stratégie.

Les élèves suivront, au lendemain du week-end de Pâques, les cours à distance, avant deux semaines de vacances à partir du 12 avril pour toutes les zones. La rentrée est fixée pour tous le 26 avril en présentiel pour les écoles, et en distanciel pour collèges et lycées.

Avancer les vacances scolaires de printemps était "une réponse nécessaire, mais qui aurait mérité un préavis pour les familles", a réagi la présidente (ex-LR) de l'Ile-de-France Valérie Pécresse, qui avait réclamé la mesure.

150 000 commerces fermés pendant un mois

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que les restrictions en vigueur depuis la mi-mars dans 19 départements – dont tous ceux d'Île-de-France et des Hauts-de-France – seront étendues à l'ensemble du territoire pour quatre semaines à partir de samedi. Seront ainsi fermés les commerces non-essentiels, notamment d'habillement, et les déplacements seront limités à 10 km.

Selon Bercy, cette extension va faire passer le nombre d'établissements fermés de 90 000 à 150 000 et le coût total des aides aux entreprises à 11 milliards d'euros par mois.

Grâce à cette mobilisation en avril, le chef de l'État a promis la réouverture de certains lieux de culture et des terrasses de bars et de restaurants à partir de la mi-mai.

Ce retour espéré à la normale sera rendu possible grâce à une accélération de la campagne de vaccination, élargie aux plus de 60 ans à partir du 16 avril, puis aux plus de 50 ans le 15 mai et à partir de la mi-juin aux moins de 50 ans.

Emmanuel Macron a par ailleurs promis des "renforts supplémentaires" en réanimation pour faire face à l'afflux de malades graves du Covid-19 et passer "dans les prochains jours" à 10 200 lits, selon une précision de Jean Castex, contre 7 665 actuellement.

"Des erreurs"

Sous la pression de critiques allant crescendo de nombreux médecins et des oppositions, Emmanuel Macron a admis mercredi soir "des erreurs" dans la gestion de la crise, après avoir refusé tout "mea culpa" pour avoir décidé fin janvier de ne pas reconfiner.

"À chaque étape de cette épidémie, nous pourrions nous dire que nous aurions pu faire mieux, que nous avons commis des erreurs. Tout cela est vrai", a-t-il reconnu. "Mais je sais une chose : nous avons tenu, nous avons appris, et nous nous sommes à chaque fois amélioré".

Pourtant, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a critiqué, jeudi, la lenteur "inacceptable" de la vaccination contre le Covid-19 en Europe, qui est confrontée à la situation épidémique "la plus inquiétante" depuis "des mois".

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine