Quatre suspects interpellés dans l'enquête sur le meurtre du policier à Avignon

Des policiers rassemblés autour du portrait de le leur collègue Eric Masson, à Avignon, le 9 mai 2021, lors d'un rassemblement en sa mémoire.
Des policiers rassemblés autour du portrait de le leur collègue Eric Masson, à Avignon, le 9 mai 2021, lors d'un rassemblement en sa mémoire. © Nicolas Tucat, AFP

Quatre personnes soupçonnées d'être impliquées dans le meurtre du policier Éric Masson mercredi ont été arrêtées, dimanche soir, quelques heures après un hommage ayant réuni une foule émue devant l'hôtel de police d'Avignon.

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Quelques heures après un rassemblement devant le commissariat d'Avignon dans lequel travaillait le policier tué lors d'une opération de lutte contre le trafic de drogue, quatre suspects ont été interpellés dimanche 9 mai dans la soirée. 

Parmi eux figurent le tireur présumé, son complice et le chauffeur, selon une source proche du dossier. Les trois hommes ont été arrêtés par la BRI (Brigade de recherche et d'Intervention) alors qu'ils se dirigeaient vers l'Espagne. Les interpellations ont eu lieu au péage de Remoulins, a précisé sur BFMTV/RMC le ministre de l'Intérieur.

"Ils sont français, nés en France", a ajouté Gérald Darmanin, en précisant qu'ils étaient connus pour trafic de stupéfiants. L'homme soupçonné d'être l'auteur des tirs, et celui qui serait son complice, sont âgés d'une vingtaine d'années. La quatrième personne est une femme, sœur d'un des hommes interpellés. 

Le tireur qui avait atteint mortellement le brigadier de 36 ans avec une arme de poing dans le centre d'Avignon avait pris la fuite immédiatement avec son complice.

"On a démontré qu'on ne laissera jamais tranquille les trafiquants", a indiqué le ministre en saluant l'action des policiers, quatre jours après le meurtre d'Éric Masson. Des perquisitions étaient par ailleurs en cours lundi matin, notamment aux domiciles des suspects.

Des collègues très éprouvés

Dimanche en début d'après-midi, plusieurs milliers de personnes, 5 000 selon la police, policiers en civil ou habitants des environs sont venus déposer des fleurs ou mettre un mot sur les registres de condoléances devant le portrait du père de famille, sur les marches de l'hôtel de police.

Pendant ce rassemblement, à l'appel des syndicats de la profession, le silence a été interrompu seulement par des applaudissements pour la police et deux Marseillaises.

Les coéquipiers d'Éric Masson, très éprouvés, étaient présents mais pas sa famille qui a fait part de son besoin de tranquillité dans ce moment de deuil et souhaite se tenir éloignée de toute agitation politique et médiatique.

Dans la foule, une dame qui préfère taire son nom cachait mal ses larmes. "Mon fils était avec lui, il lui a tenu la main quand il mourait. Il est dévasté. Moi je ressens une colère immense contre ce système. Pourquoi tant de haine ?", confie cette mère d'un des brigadiers de l'équipe d'Éric Masson.

Appelés mercredi sur un point de trafic de drogue bien connu, dans le centre historique d'Avignon, les policiers de la brigade d'intervention départementale Vaucluse-Gard, en civil, avaient procédé au contrôle d'une cliente "de ce qui ressemblait à un échange de stupéfiants", selon le procureur Philippe Guémas.

Alors que la femme venait d'être arrêtée par les deux policiers, "deux individus s'avançaient (...) et l'un des deux, porteur d'une sacoche en bandoulière, (leur) demandait ce qu'ils faisaient là", a expliqué Philippe Guémas : "Éric Masson déclinait sa qualité de policier et l'individu sortait une arme de poing et faisait feu à deux reprises, l'atteignant au thorax et à l'abdomen". Le policier est mort sur place.

"Ce qu'on ressent, c'est même plus de la colère car on est résigné. Ça ira de pire en pire car il n'y a pas de soutien. Derrière, la justice ne suit pas", déplore Nicolas, un ancien collègue marseillais d'Éric Masson. Il confie ses doutes, sa vocation ébranlée. "On aime ce qu'on fait", tempère à ses côtés un collègue, Franck.

"Nous ne sommes pas des guerriers mais des gardiens de la paix", insiste Bruno Bartoccetti, secrétaire régional du syndicat Unité SGP, qui espère des mesures plus fermes contre "des dealers qui aujourd'hui sont armés". "Il faut donner à la justice les moyens de sanctionner", ajoute-t-il.

Un hommage national doit être rendu à Éric Masson mardi après-midi à Avignon par le Premier ministre Jean Castex qui sera accompagné du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Les policiers reçus par le Premier ministre

Lundi, tous les syndicats de police doivent être reçus par le Premier ministre Jean Castex. Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance police nationale, réclame lui "des peines incompressibles pour chaque catégorie d'infractions".

"La lutte contre les trafics de stupéfiants, partout sur le territoire national, s'apparente à une guerre. Cette guerre, nous la menons grâce à des soldats, (...) les policiers et les gendarmes de France. Aujourd'hui, un de ces soldats est mort en héros", avait déclaré mercredi Gérald Darmanin.

Le département de Vaucluse, l'un des dix plus pauvres de France, a connu une hausse du trafic de drogue ces dernières années, comme plusieurs villes de l'arc méditerranéen, selon des responsables policiers et judiciaires.

Avec AFP et Reuters

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