Covid-19 : en terrasse ou au cinéma, la France retrouve un peu de liberté

Un restaurant niçois se prépare à rouvrir ses terrasses, le 17 mai 2021.
Un restaurant niçois se prépare à rouvrir ses terrasses, le 17 mai 2021. © Éric Gaillard, AFP

La France franchit, mercredi, une nouvelle étape de son déconfinement avec la réouverture des terrasses de cafés et restaurants, ainsi que des salles de cinéma ou encore des commerces avec une capacité restreinte. Le couvre-feu, lui, passe de 19 h à 21 h.

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Un café en terrasse, une séance de cinéma, une visite au musée ? Mercredi 19 mai, après six mois de fermetures et un hiver gâché par un virus meurtrier, la France retrouve une partie de ses loisirs et un peu de liberté, sur fond de recul de l'épidémie.

Témoins de ce souffle de liberté retrouvée, les tables sont dressées et les chaises enfin alignées sur les trottoirs, ou sur des terrasses de bois grignotant les places de stationnement.

Fermés depuis le 30 octobre 2020, soit plus de six mois et demi, les cafés et les restaurants sont de nouveau autorisés à servir leurs clients, mais en extérieur, avec une bonne aération et autour de tables de six personnes maximum.

Une bouffée d'oxygène partielle pour un secteur durement touché par la crise sanitaire, malgré les aides de l'État, car seulement 40 % des établissements disposent d'une terrasse. Mais pour beaucoup, le téléphone n'a pas arrêté de sonner cette semaine et l'affluence ne devrait pas manquer malgré une météo capricieuse sur une partie du pays.

"J'ai des réservations pour les trois premiers jours, pour le déjeuner et l'apéritif, ça fait plaisir", témoigne Patricia Marchand, gérante du Café des feuilles, un petit restaurant du centre de Rennes, qui "appréhende une très grosse euphorie en centre-ville".

Couvre-feu à 21 h

Si ce n'est pas pour un verre en terrasse, la vie reprend dans les cinémas, les théâtres ou dans les musées, malgré des jauges là aussi pour limiter les risques de propagation du Covid-19. "Drunk", "Adieu les cons", "ADN", "Garçon chiffon"... les amateurs de films auront l'embarras du choix en retrouvant le chemin des salles obscures, ouvertes à 35 % de leurs capacités et 800 personnes au maximum par salle.

Autre symbole du retour à une forme de normalité, les commerces pourront rouvrir, des magasins de jouets aux boutiques de vêtements, dont certains accusent une baisse de 40 % de leur chiffre d'affaires, mais avec une limite d'un client pour 8 m².

Enfin, deux affiches de handball inaugurent le retour des fans dans les salles (800 spectateurs maximum), avec un quart de finale retour de la Ligue des champions au stade Coubertin à Paris pour le PSG contre les Allemands de Kiel, et une finale aller de la Ligue féminine entre Metz et Brest dans les Arènes messines.

Un an et deux mois après le début de l'épidémie, qui a fait environ 108 000 morts en France (dont 187 dans les hôpitaux mardi), et qui devrait coûter 424 milliards d'euros sur trois ans aux finances publiques, la liberté reste limitée. Appliqué sur tout le territoire depuis le 16 janvier à 18 h puis à 19 h, le couvre-feu est seulement repoussé à 21 h mercredi.

4 000 malades en réa

Résultat, la finale de la Coupe de France de football, affiche de prestige entre le Paris SG et Monaco à 21 h 15, se déroule à huis clos au Stade de France, transformé la journée en centre de vaccination.

Le train de réouvertures marque la deuxième étape du plan en quatre phases annoncé fin avril par Emmanuel Macron, et qui doit se poursuivre le 9 juin par la réouverture des cafés et restaurants en intérieur, des jauges moins strictes et un couvre-feu décalé à 23 h, avant de disparaître le 30 juin si la situation le permet.

Car si la circulation du virus a diminué depuis quatre semaines, elle est loin d'avoir disparu, avec environ 14 000 nouveaux cas enregistrés chaque jour en moyenne. Dans un avis remis le 6 mai au gouvernement, le conseil scientifique avait appelé à "éviter la survenue durant l'été 2021 d'une possible 4e vague, qui serait induite par une sortie précipitée" des restrictions sanitaires, tout en jugeant la "réouverture souhaitable et même nécessaire".

Pour l'heure, le freinage de l'épidémie a permis un reflux du nombre de malades dans les hôpitaux. Un peu plus de 22 000 patients avec un diagnostic Covid-19 étaient hospitalisés mardi (contre plus de 30 000 en avril), au plus bas depuis la fin octobre. Parmi ces malades, 4 015 étaient soignés dans les services de réanimation, contre près de 4 200 la veille.

En parallèle, la campagne de vaccination se poursuit. Mardi soir, 21 millions de personnes avaient reçu une première injection, soit près d'un tiers de la population totale (31,5 %), dont 9,1 millions ont été vaccinées avec deux doses (13, 6% de la population totale).

Avec AFP

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