Orange dans la tourmente après la panne des numéros d'urgence en France

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Image d'illustration. © Eric Piermont, AFP

L'opérateur téléphonique a présenté ses excuses, jeudi, pour la panne "rarissime" qui a empêché l'accès aux numéros de secours dans toute la France, un événement qui pourrait être lié à la mort d'au moins quatre personnes dont un jeune enfant.

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L'opérateur téléphonique Orange est prié de s'expliquer. Pendant au moins sept heures, mercredi soir à partir de 16 h 45 environ, selon un ministre, les numéros 15 (Samu), 17 (police), 18 (pompiers) et 112 (numéro européen unique) ont été inaccessibles ou très difficilement accessibles dans l'ensemble de la France, forçant les habitants à rappeler de nombreuses fois ou à utiliser des lignes directes à 10 chiffres mis en place dans l'urgence par les autorités. 

"Pour nous, la situation est totalement normale. Les gens peuvent appeler ces numéros, ils seront parfaitement acheminés à destination", a indiqué jeudi en fin d'après-midi le PDG d'Orange Stéphane Richard sur RTL.

L'opérateur a annoncé, vendredi 4 juin, le lancement d'une enquête interne approfondie pour "identifier les causes précises" de la panne. Ses conclusions sont attendues dans les sept jours.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a de son côté fustigé des "dysfonctionnements graves et inacceptables" et annoncé qu'au moins trois personnes, dont une dans le Morbihan et deux à La Réunion, étaient décédées d'accidents cardiovasculaires.

Décès

En début de soirée, la préfecture de la Vendée a annoncé le décès d'un enfant de 28 mois, évoquant un "drame" survenu dans le contexte de la panne. Le parquet de Vannes, dans le Morbihan, a ouvert une enquête après la mort d'un homme de 63 ans aux urgences de l'hôpital de Vannes. Le préfet a demandé une enquête administrative.

"Nous sommes bien évidemment à la disposition des organisations qui font ces enquêtes, la justice peut-être, des enquêtes administratives", a indiqué Stéphane Richard sur RTL. "On y collaborera bien entendu sans préjuger aussi du résultat de ces enquêtes."

Il faudra comprendre si la mort de ces personnes est due à l'impossibilité de joindre les secours. "Ce qui est sûr, c'est que les personnes ont témoigné qu'elles ont essayé d'appeler plusieurs fois et qu'elles n'ont pas réussi tout de suite à avoir des opérateurs", a dit Gérald Darmanin, rentré en urgence d'une visite officielle en Tunisie.

Cyberattaque écartée

Plus tôt au JT de 13 h de TF1, le PDG d'Orange avait écarté totalement l'hypothèse d'une cyberattaque. "La cause racine" est "plus probablement une défaillance logicielle dans (les) équipements critiques de réseaux", a-t-il dit alors qu'Orange avait précédemment évoqué un incident sur un "équipement de type routeur", l'équipement chargé d'acheminer le trafic.

"Une nette amélioration de la situation a été constatée au cours de la journée. Le gouvernement a demandé à la société Orange de résoudre les derniers dysfonctionnements locaux qui ont pu être encore relevés", a encore indiqué le ministère de l'Intérieur. "Dans ces conditions, la cellule interministérielle de crise a décidé de maintenir les numéros alternatifs jusqu'à (vendredi) matin". 

Une nouvelle cellule interministérielle de crise devait se réunir vendredi à 7 h 30 pour faire un bilan de la nuit, en présence du Premier ministre Jean Castex, a indiqué Matignon. Un audit a été lancé par le gouvernement, qui rappelle qu'Orange a une obligation de résultat pour assurer l'accès aux numéros d'urgence.

"Tirer les conséquences"

Jean Castex, resté en Tunisie, a également déploré des "dysfonctionnements graves", dont "évidemment il faudra tirer toutes les conséquences".

L'Assemblée nationale avait adopté en première lecture jeudi dernier une proposition de loi qui vise notamment à instaurer ce numéro unique dédié, sur le modèle du "911" américain. Ce texte consensuel est désormais attendu au Sénat.

Avec AFP

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