Régionales 2021 : un scrutin qui redonne confiance à la droite

Xavier Bertrand, le 27 juin 2021, après l'annonce de sa victoire aux régionales dans les Hauts-de-France.
Xavier Bertrand, le 27 juin 2021, après l'annonce de sa victoire aux régionales dans les Hauts-de-France. © François Lo Presti, AFP

En grande difficulté depuis la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, la droite a retrouvé le sourire, dimanche soir, au sortir d’élections régionales qui lui ont été favorables. Pour le patron des Républicains, Christian Jacob, la droite est désormais “la seule force d’alternance”.

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Il n’y avait pas une minute à perdre pour Xavier Bertrand, facile vainqueur dans les Hauts-de-France. Dès l’annonce des résultats du second tour des élections régionales, dimanche 27 juin, à 20 h, le candidat déclaré à la présidentielle de 2022 se trouvait déjà derrière son pupitre pour une déclaration de victoire qui ressemblait davantage à un lancement de campagne.

"Ce résultat me donne la force d'aller à la rencontre de tous les Français", a affirmé Xavier Bertrand, 56 ans, dans son fief de Saint-Quentin. Dans une première déclinaison de son programme de "redressement" de la France, il a listé en "préalable" le "rétablissement de l'ordre" face à une "insécurité qui mine la République".

"Mon objectif c'est que le travail paye à nouveau, qu'on puisse en vivre dignement, pour élever ses enfants", "ma priorité ce sont les classes moyennes et les catégories populaires", a ajouté celui qui se présente comme un "gaulliste social", se prévalant d'un "nouveau projet de société pour mieux vivre partout", celui de la "République des territoires".

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L’ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy ne s’y trompe pas. Ces élections régionales ont montré que la droite, malgré une abstention record, bénéficiait toujours d’un ancrage territorial conséquent. Elle a ainsi pu conserver ses sept régions métropolitaines : outre les Hauts-de-France, la droite l’emporte en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez, dans le Grand Est avec Jean Rottner, en Ile-de-France avec Valérie Pécresse, en Normandie avec Hervé Morin, dans les Pays de la Loire avec Christelle Morançais et en Provence-Alpes-Côte d’Azur avec Renaud Muselier.

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"On est aujourd'hui clairement la seule force d'alternance"

"C'est une formidable victoire pour nous, un effondrement pour le RN [Rassemblement national] et une humiliation pour LREM [La République en marche]", a réagi le président des Républicains (LR), Christian Jacob. "On a gagné très largement les municipales, on a gagné les sénatoriales, les législatives partielles, les départementales, les régionales : on est aujourd'hui clairement la seule force d'alternance", a-t-il ajouté.

De nombreux ténors de LR sont allés dans le même sens dimanche soir, n’hésitant pas à voir dans les résultats de ces élections régionales le retour au premier plan de leur famille politique.

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"À ceux qui en doutent encore, la droite est plus que jamais debout ce soir", a notamment abondé le président du groupe LR à l'Assemblée nationale, Damien Abad, dans un tweet, estimant qu'"unis, nous pouvons plus que jamais gagner l'élection présidentielle. Les résultats de ce soir sont très encourageants".

Surtout, Les Républicains peuvent s'enorgueillir d’avoir su résister aux assauts de La République en marche qui souhaitait profiter des régionales pour fracturer un peu plus la droite. L’opération en Paca avait mis le feu aux poudres, mais LR a su tenir bon dans la tempête, gardant le cap pour maintenir une identité propre.

Une abstention qui nuance les cris de victoire de la droite

Les résultats lui ont donné raison : non seulement ses candidats, hormis Renaud Muselier, n’ont pas eu besoin du parti présidentiel pour l’emporter, mais surtout, c’est LREM qui ressort affaibli à moins d’un an de la présidentielle. L’échec est patent dans les Hauts-de-France : alors que cinq ministres, dont Gérald Darmanin (Intérieur) et Éric Dupond-Moretti (Justice) avaient été envoyés en campagne pour contraindre Xavier Bertrand – qui n’est plus membre de LR mais reste très lié à son ancien parti – à une alliance dans l’entre-deux-tours, la liste menée par Laurent Pietraszewski ne s’est même pas qualifiée pour le second tour.

Pour autant, l’abstention massive, estimée à environ 66 % au second tour des régionales, nuance les cris de victoire de la droite. "Ce qu'on a mesuré, c'est la capacité d'un électorat plutôt âgé à continuer à aller aux urnes. Je ne sais pas s'il faut y voir un enthousiasme particulier pour les candidats de droite", a jugé la politologue Céline Braconnier, spécialiste de l’abstention, interrogée par l’AFP.

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De plus, si Xavier Bertrand occupe l’espace médiatique en répétant inlassablement qu’il sera le candidat de la droite en 2022, rien n’est encore joué en réalité. Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, qui peuvent aussi se targuer d’une belle victoire en Ile-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, avancent leurs pions plus discrètement. Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, et l’ancien négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit, Michel Barnier, sont eux aussi dans les starting-blocks. Bref, les prétendants ne manquent pas.

Et d’ici à la désignation d’un candidat en novembre, la droite a le temps de se déchirer et d’être prise en tenaille entre la ligne libérale d’Emmanuel Macron et la ligne identitaire et sécuritaire de Marine Le Pen. Alors même si la droite a repris confiance grâce aux régionales, l’Élysée est encore loin.

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