Féminicide de Mérignac : avertissements et exclusion avec sursis requis contre six policiers

Un policier en service de la police nationale française, à la préfecture de police de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 22 avril 2021.
Un policier en service de la police nationale française, à la préfecture de police de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 22 avril 2021. © Philippe Lopez, AFP

Les six policiers convoqués, mardi, devant deux conseils de discipline dans le cadre de la procédure administrative après le féminicide de Mérignac, près de Bordeaux, se sont vus proposer des sanctions allant de l'avertissement à l'exclusion avec sursis. 

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Six policiers, sommés de s’expliquer en Gironde, ont été convoqués, mardi 4 janvier, devant deux conseils de discipline dans le cadre de la procédure administrative ayant suivi le féminicide de Mérignac, près de Bordeaux, où un homme avait brûlé vive en mai sa femme en pleine rue, selon une source policière. Des sanctions allant de l'avertissement à des jours d'exclusion avec sursis ont été proposées à l'issue de leur audition devant les conseils de discipline à Paris et à Bordeaux.

Quatre officiers et commissaires, dont le Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) en Gironde Martin Levrel, sont convoqués à Paris tandis qu'un brigadier l'est à Bordeaux. Un autre brigadier, qui avait demandé d'abord un report de sa convocation après une opération de la cheville, a retiré sa requête. Sa comparution aura lieu dans l'après-midi en visioconférence. 

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Fautes ou erreur d’appréciation 

Le 4 mai, à Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, Chahinez Daoud avait été blessée par balle avant d'être immolée par le feu dans la rue par son mari violent dont elle était séparée. Déjà condamné pour des faits de violences conjugales, ce dernier – qui venait de sortir de prison – avait de nouveau menacé son épouse. Elle avait déposé une plainte deux mois avant d'être tuée. 

En septembre, un rapport de l'IGPN avait établi que des fautes ou erreurs d'appréciation avaient été commises par plusieurs agents dans le cadre de ce féminicide qui avait déclenché une vague d'émotion. 

Dans ses conclusions, la "police des polices" ne préconisait cependant pas la convocation devant le conseil de discipline, une décision prise finalement par le directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux. 

Parmi les quatre supérieurs hiérarchiques – trois hommes et une femme – figurent, outre le DDSP, le commandant de la Division ouest et son adjointe ainsi que le commissaire de Mérignac. 

Sanctions 

Les sanctions susceptibles d'être proposées par les instances disciplinaires, où sont présentes les organisations syndicales, seront ensuite transmises à la Direction générale de la police nationale (DGPN) qui décidera in fine de les valider ou non. 

Plus tôt, en juillet, le Canard Enchaîné avait révélé que le policier de Mérignac qui avait pris la plainte de Chahinez Daoud, le 15 mars, avait été condamné le 10 février à huit mois de prison avec sursis probatoire par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour "violences habituelles sur son ex-conjointe". Un conseil de discipline s'était réuni en septembre à Bordeaux pour examiner son cas. 

Selon des sources syndicales, le fait que ce gardien de la paix a été privé par le tribunal de son droit d'éligibilité pendant un an a conduit à sa radiation de la police nationale.  

Autre conséquence de cette affaire, l'ancien DDSP de Gironde, Patrick Mairesse, a été sanctionné d'un blâme, sans convocation disciplinaire, selon ces mêmes sources. Il avait été remplacé dans cette fonction en mars par Martin Levrel, devenant directeur zonal de la sécurité publique. 

Avec AFP

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