Un "mégafeu" frappe le Gard après une journée marquée par de multiples incendies

Les pompiers tentent de mettre fin à un incendie à Bessèges, dans le sud de la France, le 7 juillet 2022.
Les pompiers tentent de mettre fin à un incendie à Bessèges, dans le sud de la France, le 7 juillet 2022. © Sylvain Thomas, AFP

Plusieurs incendies ont ravagé jeudi le sud de la France, une journée qui a culminé avec un "mégafeu" dans les Cévennes qui menace "des milliers d'hectares". Les pompiers sont aux abois et redoutent un "spectacle de désolation" vendredi.

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Opposés à un "mégafeu" menaçant des milliers d'hectares au cœur des Cévennes, les pompiers du Gard ont poursuivi leur lutte toute la nuit, après une journée de jeudi 7 juillet marquée par de multiples incendies dans la région, attisés par des "conditions météorologiques extrêmes".

À Bordezac, à la frontière de l'Ardèche, le sinistre, très virulent, avait déjà brûlé près de 600 hectares de végétation en fin de soirée jeudi. Peu avant minuit, l'incendie avait encore "pris de l'ampleur", selon la préfecture, avec 10 kilomètres de lisière active. Et il menaçait "des milliers d'hectares".

Jeudi soir, les pompiers étaient aux abois au poste de commandement de Bessèges, au cœur d'un ballet incessant de camions arrivant en renfort.

Vent soutenu

"On continue la montée en puissance des moyens car ce sont des secteurs qui sont très, très difficilement accessibles", a témoigné le contrôleur général du service départemental d'incendie et de secours (Sdis), Jean-Michel Langlais. Face à un vent "soutenu toute la nuit, ce qui va nous compliquer beaucoup la tâche, il faut qu'on fasse un très gros maillage autour du feu".

Au total, 900 pompiers ont été prévus pour lutter contre ce sinistre, a précisé la ministre aux Collectivités territoriales, Caroline Cayeux, vers 1 h du matin, lors d'un point-presse à Bessèges, soulignant que les pilotes des sept Canadair et trois Dash mobilisés reprendraient leurs rotations aériennes vers 6 h 30.

De Bessèges, de grands panaches de flammes étaient visibles jeudi soir sur trois collines assez distantes les unes des autres. La colonne de fumée, très impressionnante, était visible depuis la sortie de Nîmes, à plus de 50 kilomètres de là.

"Ça a vraiment brûlé"

"Ce feu est, comment dire, un mégafeu", avait expliqué à l'AFP le commandant Tanguy Salgues, chargé de communication des pompiers du Gard.

"Il faut essayer de tenir le terrain parce qu'il n'y a pas encore eu de tombée d'humidité, qui arrive plus tard dans la nuit, et pour attendre la relève du matin", a précisé à l'AFP le sous-préfet d'Alès, Jean Rampon, toujours au poste de commandement de Bessèges.

"Ça a vraiment brûlé. Ce sont des pins maritimes, très combustibles. Demain, ça sera un spectacle de désolation", a-t-il prévenu, craignant un débordement du feu sur l'autre rive de la Cèze, "où 10 000 hectares avaient brûlé en 1985".

En fin de soirée, 70 personnes habitant Bordezac avaient été évacuées vers Aujac et Robiac-Rochessadoule, deux communes voisines.

"Je suis en train de caser les gens dans des chambres et tous les gîtes ont fait de même", avait expliqué Régine Marchand, gérante du restaurant d'Aujac. "On leur fait des pâtes, les gens sont partis vite, sans rien, mais ils gardent le moral, il y a une bonne ambiance."

Quinze habitants d'une zone menacée de Bessèges avaient également été relogés dans un camp de vacances, tandis que les autorités recommandaient aux autres habitants de cette commune, ainsi qu'à ceux de Gagnières, de rester "confinés", fenêtres fermées.

Grande prudence recommandée jusqu'à dimanche

Jeudi soir, un autre feu sévissait encore dans le Gard, à Générac, dans le sud du département. Cet incendie, qui a parcouru 235 hectares de végétations basses et de pins, évoluait favorablement en fin de soirée. Au total, le Gard a vécu 28 départs de feu jeudi.

Dans le département voisin des Bouches-du-Rhône, ce sont 35 départs de feu que les pompiers ont eu à traiter jeudi, et notamment à Arles, avec un incendie parti de roseaux et de broussailles dans une zone commerciale.

Poussé par un fort mistral, le sinistre s'était rapidement propagé pour finalement sauter la nationale 113, un axe stratégique assurant la jonction de l'A54 entre Nîmes et Marseille, et la couper dans les deux sens.

Quatre maisons ont été brûlées, selon un premier bilan des secours, et quatre autres endommagées, mais l'incendie était fixé vers 20 h, comme celui de Martigues où un départ de feu avait provoqué le confinement des habitants et l'évacuation temporaire des résidents d'une maison de retraite.

Sur Twitter, la direction générale de la sécurité civile a recommandé une grande prudence jusqu'à dimanche "en raison d'un très fort danger d'incendies en zone méditerranéenne".

Avec AFP

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