Tour d'Italie: Almeida à l'épreuve du Stelvio

Madonna di Campiglio (Italie) (AFP) –

Publicité

En majesté, le Stelvio se dresse devant le Portugais Joao Almeida, toujours en tête du Giro après la 17e étape gagnée par l'Australien Ben O'Connor, mercredi, dans la station de Madonna di Campiglio.

Pour gagner le Tour d'Italie, dimanche à Milan, Almeida doit résister au long des grandioses lacets du col italien, l'un des plus hauts d'Europe à l'altitude de 2758 mètres, sa descente réfrigérante par des températures très basses puis enfin l'ascension finale vers les lacs de Cancano.

Pour le Portugais, en rose depuis la 3e étape, l'étape-reine fait office de test décisif dès lors que l'autre grande étape de haute montagne, samedi, a perdu l'essentiel de son caractère en renonçant à l'incursion en France.

Le directeur du Giro Mauro Vegni a officialisé mercredi ce changement de parcours en raison des dispositions liées au Covid-19. Sans l'Agnel, le col-frontière géant avec la France qui est l'équivalent du Stelvio par l'altitude et le caractère alpin, et l'Izoard, l'un des cols historiques du Tour de France, l'avant-dernière étape est amputée de ses deux grandes difficultés.

Pour le porteur du maillot rose, qui a peiné dans l'ascension dimanche vers Piancavallo, la nouvelle tombe à pic. Almeida vainqueur du Giro à 22 ans et pour son premier Grand tour ? "S'il passe demain...", a commenté Mauro Vegni. "C'est possible", a répondu, lui aussi, le président de l'Union cycliste internationale (UCI), David Lappartient, en visite sur la course rose.

- O'Connor oublie l'amertume -

"Il ne reste que demain (jeudi) pour faire les différences et renverser le Giro", a insisté Mauro Vegni à l'adresse des grimpeurs. Même si le directeur du Tour d'Italie n'a pas voulu sous-estimer la triple montée de Sestrières à venir samedi, dans une étape qui affichera 4000 mètres de dénivelé (au lieu des 5400 m initialement attendus).

Tous sont conscients de l'importance de l'étape-reine qui a incité les prétendants à la réserve, mercredi, dans la montée vers Madonna di Campiglio. Hormis deux accélérations des deux coureurs de l'équipe Sunweb, l'Australien Jai Hindley et le Néerlandais Wilco Kelderman, vite réprimées par Almeida qui a appelé ensuite son lieutenant, l'Italien Fausto Masnada, pour réguler l'allure.

"J'avais l'équipe parfaite avec moi", a commenté le Portugais, imperturbable, après cette étape au scénario prévisible, avec une nouvelle échappée-fleuve (19 coureurs) qui s'est conclue par le succès du battu de la veille.

Surpris par le Slovène Jan Tratnik à San Daniele del Friuli mardi, O'Connor a attaqué cette fois à 9 kilomètres de l'arrivée et a précédé d'une trentaine de secondes l'Autrichien Hermann Pernsteiner, un coéquipier de Tratnik.

"Ma deuxième place m'avait laissé assez amer. Aujourd'hui j'ai pu rebondir", s'est félicité l'Australien né voici 24 ans dans les environs de Perth et révélé en 2018 par son succès dans une étape de montagne du Tour des Alpes devant Thibaut Pinot.

O'Connor, en fin de contrat, a donné à l'équipe NTT son son premier succès dans le Giro depuis 2017. Pour la formation sud-africaine, à l'avenir incertain du fait du retrait de son parraineur à la fin de l'année, le cadeau est appréciable.