Top 14: enchaîner pour oublier, défi du Racing et de Toulon, les déçus de l'Europe

Paris (AFP) –

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Comment se remettre d'une finale perdue en octobre, en plein début de saison? "L'important, c'est de vite rejouer au rugby", répondent le Racing 92 et Toulon, battus en finale des deux Coupes d'Europe et qui retrouvent sans transition le Top 14.

Cinq jours après la finale de Coupe d'Europe perdue sur le fil (31-27) face aux Anglais d'Exeter, il reste "de la déception, même plus, de la frustration", a reconnu, jeudi en conférence de presse, Laurent Travers, entraîneur principal du Racing 92.

Ses joueurs ne le cachent pas, la gueule de bois est sévère au Plessis-Robinson. "Ce ne serait pas forcément honnête de dire qu'on a totalement oublié la défaite, parce que ce n'est pas possible", reconnaît l'ailier Louis Dupichot. "C'est une pilule qui va mettre beaucoup de temps à passer pour quelques joueurs", complète le troisième ligne Baptiste Chouzenoux.

Dans ce calendrier inhabituel, conséquence de la pandémie de Covid-19 qui a entraîné le report à l'automne des phases finales européennes, "l'avantage qu'on a, c'est de rejouer très vite", positive Chouzenoux. De fait, ne pas avoir tout l'été pour ressasser la défaite est potentiellement une bonne chose...

"C'est comme quand vous tombez de cheval, il faut vite remonter sur le cheval", confirme Laurent Travers pour qui "l'important, c'est de vite rejouer au rugby". Et pas n'importe quel match: le derby francilien, samedi sur le terrain du Stade français (18h15).

Le Racing a peu de temps pour se remettre: entre contaminations au Covid-19 et campagne européenne, il n'a pour l'heure joué que trois matches de Top 14, contre 4 ou 5 à la plupart de ses concurrents. Et comme la finale était la priorité, ils n'ont pas mis toutes leurs forces dans la bataille le 10 octobre face à Toulouse, venu s'imposer 30-24 à l'Arena.

- "La saison commence ce week-end" -

A tel point que le coach francilien l'assure: jusqu'à présent, pour le Racing, "c'était la saison 2019/2020. Maintenant on va basculer sur la saison 2020/2021".

Les mots sont les mêmes à Toulon, battu vendredi par Bristol (32-19) en finale du Challenge européen. "La saison 2020-21 continue, et elle commence même ce week-end", martelait mercredi en conférence de presse le manager varois, Patrice Collazo, alors que Toulon reçoit Castres en ouverture de cette 6e journée, vendredi à 20h45.

"Évidemment, on veut toujours remporter les gros matches (...) mais on doit oublier cette finale", insiste le Sud-Africain Eben Etzebeth, deuxième ligne de Toulon. Pas si facile, si l'on écoute le demi de mêlée Baptiste Serin, parti entretemps à Marcoussis et pour lequel le match "restera gravé dans nos têtes".

Insomnies ou pas, le message de l'encadrement est passé. "Nous avons vite compris qu'il fallait basculer", assure même le pilier toulonnais Sébastien Taofifénua. Ce n'est que le début de saison et nous avons d'autres objectifs".

Car la particularité de ces finales perdues, c'est leur place dans le calendrier, qui offre une nouvelle chance en Coupe d'Europe au cours de la même saison, en plus du Top 14.

"On a eu l'opportunité de faire une finale qui validait notre bonne saison dernière. Mais qu'on gagne ou qu'on perde, cette finale n'était qu'une étape", tempère ainsi Collazo.

Des discours que rejoint en partie Franck Azéma, entraîneur de Clermont, autre habitué des revers en finale de Coupe d'Europe (2013, 2015, 2017). "C'est toujours très valorisant de jouer des finales en termes de sensations", retient le Catalan. "Quand tu perds, c'est toujours l'opportunité de se remettre en question, comme nous avons su le faire après notre défaite en quart de finale", contre le Racing justement, positivait-il devant la presse jeudi. Depuis son élimination européenne, Clermont reste sur deux victoires en Top 14.