Rugby: les Wallabies ne mettront pas le genou à terre avant d'affronter les All Blacks

Sydney (AFP) –

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Le sélectionneur de l'Australie Dave Rennie a écarté vendredi l'idée que son équipe mette le genou à terre avant son troisième match contre les All Blacks, expliquant que les joueurs, qui rendent déjà hommage à la communauté aborigène au travers des motifs de leur maillot, ne souhaitaient pas mélanger les messages politiques.

Le joueur australien Dane Haylett-Petty avait évoqué cette semaine la possibilité que les Wallabies fassent ce geste de soutien au mouvement "Black Lives Matter" avant leur troisième test-match de la Bledisloe Cup contre la Nouvelle-Zélande le 31 octobre à Sydney, qui fera office de match d'ouverture du Rugby Championship.

Mais Dave Rennie a affirmé que cela détournerait l'attention de l'hommage que la sélection rend déjà aux peuples autochtones au travers des motifs de leur maillot, qui sont inspirés de l'art des peuples aborigènes et des "Premières nations" d'Australie.

"Non, nous ne le ferons pas", a déclaré Rennie lors d'une conférence de presse en ligne. "La chose importante est l'hommage aux populations indigènes et c'est sur ça que nous voulons nous concentrer."

"Tout le monde a une opinion sur les autres questions, mais nous voulons de notre côté que l'accent soit mis sur la réflexion sur notre propre histoire et notre passé."

"Nous ne souhaitons pas d'une prise de position politique", a-t-il poursuivi. "Nous avons rencontré les leaders de l'équipe, nous avons rencontré le reste de l'équipe et la décision était unanime."

Après un nul (16-16) lors du premier test match à Wellington et une déroute (27-7) lors du deuxième à l'Eden Park d'Auckland, l'Australie cherchera à sauver l'honneur lors du troisième match sur son sol.

- écart de niveau de vie -

L'agenouillement avait été adopté par l'ancien quarterback de San Francisco Colin Kaepernick en 2016, pour protester contre les violences policières faites aux Noirs. Ce qui lui avait valu quelques mois plus tard les insultes de Donald Trump, et lui avait coûté in fine sa carrière.

Le geste a été largement repris cette année en soutien du mouvement "Black Lives Matter" dans le sillage de la mort de George Floyd, asphyxié lors de son interpellation le 25 mai à Minneapolis.

Ce mouvement a aussi trouvé un écho en Australie, avec des manifestations pour dénoncer les décès d'Aborigènes lors de gardes à vue, ou encore la surreprésentation des Aborigènes au sein de la population carcérale.

Les gouvernements successifs australiens ont tous été incapables de combler l'écart de niveau de vie entre les Aborigènes et les autres Australiens, une réalité que le Premier ministre Scott Morrison a encore qualifiée en février de "honte nationale".

L'idée que les Wallabies mettent le genou à terre avait été vivement critiquée par leur illustre aîné Nick Farr-Jones, capitaine des champions du monde de 1991, qui a affirmé que mêler sport et politique pourrait être très mal vu par les supporters.

Il avait ajouté qu'il ne pensait pas que les discriminations étaient un problème majeur pour l'Australie, une déclaration qui a fait sortir de ses gonds son ancien coéquipier Gary Ella, qui est d'origine aborigène et a parlé de propos "stupides".