Top 14: Bordeaux-Bègles, retard à l'allumage ou simple retour sur terre ?

Bègles (France) (AFP) –

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L'euphorie entretenue toute la saison passée, restée inachevée à cause de la pandémie, semble avoir quitté Bordeaux-Bègles en cet automne morose sur le plan des résultats et morcelé en terme de matches, ce qui empêche de réenclencher une dynamique positive.

Leader incontesté du Top 14 au début de la pandémie, porté par un Matthieu Jalibert de gala, par un Semi Radradra créateur hors pair de jeu et d'incertitudes, avec un staff ayant trouvé les leviers pour porter en haut de l'affiche un club confiné depuis 2011 dans le ventre mou du championnat...

Toutes les planètes semblaient alignées, les demi-finales étaient en vue. Mais tout s'est arrêté, net, avec le Covid-19 qui a jeté aux oubliettes le rêve d'une première phase finale, et plus si affinités. Et au printemps, dans le dernier carré de Challenge européen face à Bristol, avec Radradra avec soi et non contre - le Fidjien a rallié le club anglais entretemps -, l'issue aurait peut-être été plus favorable.

Maudite, frustrée... Les sentiments négatifs se sont emmêlés dans les rangs de l'UBB, qui a ruminé intérieurement pendant près de six mois, se demandant si les moments de grâce vécus et désormais enfuis referaient surface un jour.

- "Victime" du Covid -

C'est dans ce contexte, terni par la crise qui ne lui permet pas de bénéficier de sa jauge habituelle, la plus importante d'Europe (24.518 spectateurs de moyenne), que le club de Laurent Marti a tenté de repartir, avec cette échéance européenne placée d'entrée, dès le troisième match, finalement jouée dès le deuxième.

Le match inaugural de la saison face au Stade Français effectivement reporté en raison du cluster du club parisien, Bordeaux-Bègles a abordé le quart de finale européen face à Édimbourg avec un seul galop d'essai réussi face à Brive (25-20). Suffisant pour contenir des Écossais (23-14) pourtant bien plus en avance sur le plan physique et du rythme.

Dans la foulée, l'équipe a fait jeu égal pendant 80 minutes avec Bristol (20-20) avant que la prolongation, sûrement de trop à cette période de la saison (17 points encaissés, 0 marqué), ne le replonge dans ses doutes. Ont suivi les défaites à Lyon (27-10), sans combattre vraiment, et à Pau (29-24) où l'Union a pourtant mené 16-3 à la demi-heure.

Retard à l'allumage ou simple retour sur terre ? "Ce qui nous manque, c'est ce gagner des matches. Pour gagner des matches, il faut un état d'esprit irréprochable", tranchait Christophe Urios avant Pau.

- Urios "adore ça" -

"Après quand tu enclenches une dynamique de victoires, c'est plus facile. Mais je veux vous dire quelque chose: ça m'excite, cette situation", a assuré le manager.

"Mon métier, il est là. Quand c'est tout facile, tu peux entraîner. L'année dernière, tu aurais pu entraîner, pas au début mais à la fin. Là, c'est là où va voir ce que l'on a, si le staff est solide, si nos joueurs... J'adore ça, voir comment on va réagir".

Avec trois revers de suite, à l'extérieur - "et ce n'est pas pareil", relativise Urios - le classement actuel (12e), avec deux matches en retard, importe peu avant le derby dimanche à La Rochelle, en forme. "On n'y fait pas attention", jure Nans Ducuing, plusieurs saisons galère en Gironde au compteur.

"Il n'y a pas d'affolement, sincèrement. On n'a pas du tout ressenti qu'on était dans le bouillon", affirme l'arrière en quête de la bonne carburation, de ce match référence permettant de passer du bon côté.

"Il faut que l'on se recentre, que l'on se pose les bonnes questions, que tout le monde se remette en question, soit sur la même ligne, au diapason pour faire des bonnes performances et retrouver cette confiance", conclut-il. La saison sera longue, sans doute plus que les précédentes.