League of legends: duel Chine-Corée du Sud pour la suprématie mondiale

Shanghai (AFP) –

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C'est l'événement esport le plus attendu de l'année: Shanghai accueille samedi la finale des Championnats du monde du jeu vidéo League of legends, qui oppose cette année Damwon, incarnation de la "new wave" coréenne, aux surprenants Chinois de Suning.

Malgré la pandémie de coronavirus qui a annulé tous les événements sportifs internationaux en Chine jusqu'à la fin de l'année, Riot Games, l'éditeur du jeu, a réussi à maintenir la dixième édition de ses "Worlds".

La finale aura lieu avec du public dans le tout nouveau Pudong football stadium de Shanghai, inauguré pour l'occasion. D'une capacité de 30.000 places, l'enceinte accueillera finalement 6.300 spectateurs pour cause de pandémie, de quoi faire beaucoup de déçus puisque les organisateurs avaient enregistré quelque 3,2 millions de demandes de billets.

League of legends (Lol, pour les initiés) est un jeu vidéo qui se joue à cinq contre cinq où l'objectif est de détruire la forteresse de son adversaire, appelée le Nexus, le tout en évoluant dans un univers fantastique fait de monstres, de dragons, de tourelles et de sbires.

Historiquement, la Corée du Sud est la nation majeure sur League of legends. Depuis la création de la compétition, cinq équipes coréennes se sont adjugées la Summoner's Cup, le trophée remis au vainqueur.

- Renaissance coréenne -

Mais le pays n'est plus apparu en finale depuis 2017 et c'est désormais la Chine qui domine. L'an dernier à Paris, l'équipe FPX avait surclassé les Européens de G2 et en 2018, Invictus Gaming l'avait emporté sur Fnatic.

"Nuguri", "Showmaker" et leurs coéquipiers auront donc la lourde tâche de ramener le trophée en Corée, après plusieurs années de déclin.

"Damwon, c'est un peu la new wave coréenne. Ils incarnent un peu la renaissance de cette région à travers des joueurs hyper explosifs, hyper agressifs, qui ont vraiment faim", analyse pour l'AFP Laure Valée, intervieweuse des compétitions de Lol.

"Du côté de la Chine, c'est la troisième année consécutive qu'ils envoient une équipe en finale. Donc d'un côté on a une région qui essaie de rétablir sa domination, et de l'autre la Chine qui veut confirmer ce qu'ils construisent depuis trois ans", ajoute-t-elle.

Les champions de Corée du Sud partent toutefois largement favoris après avoir parfaitement maîtrisé la compétition jusque-là. Ils ont marqué les esprits en demi-finale en ne laissant aucune chance à G2, finaliste sortant.

"Ils ont été l'équipe la plus impressionnante de ces Worlds. Leur façon de jouer est assez implacable, ça se voit que c'est la meilleure équipe. Après, il faudra qu'ils soient la meilleure équipe le jour-même", estime Fabien Culié, alias "Chips", commentateur de Lol pour la chaîne O'Gaming.

- Défi logistique -

Face à eux, Suning, qui évoluera à domicile, est l'adversaire que l'on n'attendait pas. Ils ont créé la surprise le week-end dernier en surclassant Top Esport, autre équipe chinoise.

"Ils ont dépassé toutes les attentes, c'est une équipe très rafraîchissante avec des joueurs très jeunes. Est-ce qu'ils peuvent continuer à nous surprendre ?", se demande "Chips".

La finale de samedi vient conclure un tournoi qui a commencé le 25 septembre dernier avec 22 équipes venues du monde entier.

Entre les joueurs, les entraîneurs, les staffs techniques ou les préparateurs physiques des équipes, faire venir plusieurs centaines de personnes en Chine a constitué un énorme défi logistique.

Il a fallu obtenir des visas, effectuer des tests de dépistage, se soumettre à des quarantaines à l'arrivée, à un moment où les voyages aériens internationaux restaient fortement perturbés. Deux équipes vietnamiennes n'ont d'ailleurs pas pu faire le déplacement en raison des restrictions de déplacements.

"C'est en effet la situation la plus difficile à laquelle nous ayons jamais été confrontés", a reconnu Wensen Zeng, en charge du développement de Riot Games en Chine.

"Plus de 1.000 personnes ont travaillé sur l'organisation de la compétition et nous avons investi beaucoup de ressources pour s'assurer que chaque joueur et membre des staffs soit en bonne santé et en sécurité", a affirmé John Needham, patron de l'esport chez Riot.