Tournoi des six nations: l'Angleterre sans fanfaronner

Paris (AFP) –

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Pragmatique à défaut d'être brillante, l'Angleterre a remporté samedi le Tournoi des six nations 2020, étendu sur 273 jours en raison de la pandémie, et succède au pays de Galles, décevant, tandis que l'Ecosse a retrouvé Finn Russell et des couleurs.

. Angleterre: la Rose refleurit

Le défaite inaugurale contre la France (24-17) n'a pas empêché l'Angleterre de remporter son septième Tournoi des six nations depuis 2000, le 39e de son histoire.

Finalistes de la dernière Coupe du monde, les Anglais ont prouvé qu'ils avaient de la ressource après ce revers initial au Stade de France: "C'est un superbe accomplissement pour nous (...) Nous avons un groupe de joueurs formidables, nous pensons vraiment que nous pouvons continuer à nous améliorer et accomplir davantage", s'est réjoui le capitaine Owen Farrell.

Mais le XV de la Rose n'a pas vraiment convaincu avec des victoires laborieuse en Ecosse (13-6) et face au pays de Galles (33-30) ou encore une première période sans relief (10-5) contre l'Italie samedi. Ils ont devancé les Français au goal-average (+44 contre +21) malgré un effectif pétri de talents.

. Irlande: en panne d'inspiration

Ils auraient pu gagner le Tournoi mais, en chutant au stade de France, les Irlandais ont laissé filer leurs espoirs de titre. Avec deux défaites, face aux Bleus donc (35-27) et aux Anglais (24-12), l'Irlande termine troisième pour la deuxième fois d'affilée.

L'arrivée d'Andy Farrell au poste de sélectionneur n'a pas changé grand-chose: le XV du Trèfle est toujours cette équipe difficile à battre, avec des joueurs de classe mondiale dans toutes les lignes, au jeu pragmatique mais qui manque parfois d'imagination et de prise de risque. Et c'est sans doute ça qui a péché: "On a eu suffisamment d'occasions de gagner ces deux matches (contre l'Angleterre et la France, NDLR) mais on n'a pas été assez efficace", a admis Farrell. "Et si vous ne profitez pas de vos chances dans les grands matches, vous finissez par les perdre."

. Ecosse: le Chardon retrouve du piquant

Une quatrième place en forme de trompe l'oeil. Après deux défaites de justesse d'entrée, face à l'Irlande (19-12) puis l'Angleterre (13-6), le XV du Chardon a fini fort, en dominant l'Italie (17-0) puis en scalpant la France (28-17) avant de réaliser un exploit au pays de Galles (14-10).

Ce premier succès au pays de Galles depuis 2002 a été marqué par le retour du fantasque Finn Russell. L'ouvreur du Racing 92 a certes abandonné ses coéquipiers assez rapidement, mais il a montré qu'il pouvait faire du bien à cette équipe d'Ecosse, ravie de gâcher la fête d'Alun Wyn Jones, le capitaine gallois aux 149 sélections, nouveau record mondial.

Avec trois succès et la meilleure défense du Tournoi (58 points encaissés), l'Ecosse retrouve son rang. Le Mondial-2019, tristement terminé dès la phase de poules, est oublié.

. Pays de Galles: coeur de dragon?

Le tenant du titre est tombé bien bas. En 2019, le XV du Poireau bousculait le rugby européen et mondial avec un Grand Chelem dans le Tournoi des six nations et une demi-finale de Coupe du monde.

Quelques mois plus tard, les Gallois ont terminé l'édition 2020 sur "leur pire défaite", selon les médias locaux, synonyme de cinquième place. Et Wayne Pivac, le nouveau sélectionneur, n'a pas convaincu.

Le successeur de Warren Gatland, l'homme aux trois Grands Chelems, n'a pas réussi à trouver de solutions à une touche défaillante, un pack en manque de puissance et une défense qui fuit.

. Italie: Parisse le maudit

Cinq matches, cinq défaites, 178 points encaissés, 44 marqués, six essais pour, 25 contre. Abonnée à la cuillère de bois, l'Italie a conservé son "trophée" pour la cinquième fois de rang. Sans surprise.

Le légendaire Sergio Parisse (37 ans, 142 sélections) devra patienter un peu pour son jubilé, d'abord repoussé par le typhon Hagibis au Japon puis par la pandémie.