XV de France: les belles promesses bleues

Paris (AFP) –

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Permis de rêver. Le XV de France, étonnant de fraîcheur, a bouclé le Tournoi des six nations 2020 par une victoire probante (35-27) face à l'Irlande et une deuxième place porteuse d'espoirs, avec notamment l'installation de la charnière Dupont-Ntamack.

. La charnière ne grince plus

Ils n'ont que 21 et 23 ans mais, déjà, toute la planète rugby a les yeux braqués sur eux: Romain Ntamack et Antoine Dupont se sont installés dans l'entrejeu français avec succès.

"Ils sont très à l'aise dans l'animation, ils ont pris beaucoup de maturité durant cette compétition. Ils ont un vécu qui s'est densifié. Et ils terminent, comme toute l'équipe, avec un sentiment de progression, de réussite", a confié le sélectionneur Fabien Galthié, qui s'est également dit "très satisfait" de son duo 100% toulousain.

A coups de déboulés, de percées magnifiques et de réussite au pied, les deux compères toulousains, en pleine confiance, ont (re)pris le jeu des Bleus en main. "Avec allégresse", d'après Galthié.

. Les paris gagnants

En installant Charles Ollivon, quasi-inconnu, en tant que capitaine, Fabien Galthié a fait un choix fort. Quelques mois plus tard, le Toulonnais a endossé le costume pleinement. Il le prouve sur le terrain: avec 4 essais, 25 ballons gagnés en touche et 77 plaquages dans le Tournoi, le patron, c'est Ollivon. Aux côtés de l'indispensable Gregory Alldritt et du précieux François Cros, ils forment une muraille quasi-infranchissable.

Le sélectionneur des Bleus s'est également appuyé sur des néophytes qui ont su répondre présents: le centre Arthur Vincent, ancien capitaine des U20 champions du monde, s'est installé dans le groupe tout comme l'arrière Anthony Bouthier, ancien maçon passé par la Fédérale 1.

L'ailier Vincent Rattez ou le pilier Mohamed Haouas se sont, eux aussi, révélés. Plus attendu, le dynamiteur du Racing 92 Virimi Vakatawa a démontré qu'il était le meilleur centre du monde à l'heure actuelle. Le duo qu'il forme avec Gaël Fickou est redoutable, autant que la deuxième ligne 100% sud-africaine avec Bernard Le Roux et Paul Willemse.

. Du plomb dans les ailes

On attendait Teddy Thomas et Damian Penaud. En neuf mois, le Clermontois n'aura disputé qu'un match en Bleu. Il a certes marqué un essai, contre l'Ecosse, mais il a surtout raté tous les autres rendez-vous en raison de blessures (à un mollet puis à une cheville).

Le Racingman a, de son côté, alterné le bon et le moins bon, au point d'être écarté au bout d'une petite heure de jeu à Cardiff et d'être interdit de déplacement à Murrayfield. De retour après le confinement, il a lui aussi raté l'Irlande samedi en raison d'une blessure. Derrière, le staff des Bleus a souvent privilégié le centre Gaël Fickou plutôt qu'un ailier de métier.

Avec Arthur Retière, Gervais Cordin, Lester Etien, Gabin Villière ou Gabriel Ngandebe... le réservoir français semble intéressant mais pas inépuisable.

. Indiscipline

Pénalisés à 45 reprises (dont 14 contre l'Irlande), les Bleus ont souvent été chahutés. Même si cette indiscipline traduit un engagement impressionnant, Fabien Galthié a dû s'étouffer plus d'une fois en voyant son XV de France "parfois à la limite", comme l'admet Fickou.

Le retour du French flair, promis par de nombreux observateurs, attendra un peu. Les arabesques de Dupont, les gestes de Vakatawa ou les inspirations de Ntamack sont surtout mises au service d'un collectif. "On a une équipe assez soudée, avec une cohésion énorme. Il faut qu'on continue comme ça. Ce qui fait notre force depuis le début, c'est qu'on ne se prend pas pour d'autres. On continue à bosser", admettait le pilier Cyril Baille. Comme le promet Fabien Galthié: "Ce n'est que le début!"