Commerces: Faure (PS) dénonce une décision "incohérente" qui sert Amazon

Paris (AFP) –

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Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a dénoncé lundi "l'incohérence" de la décision du Premier ministre Jean Castex de laisser fermés les petits commerces mais de bloquer l'accès aux rayons de produits non-essentiels des grandes surfaces, au seul profit d'Amazon.

"On a des petits commerçants concurrencés par la grande distribution et donc on dit: +bon ok pas de concurrence, donc on supprime tout pour tout le monde+, et au bout du compte, on fait aubaine à Amazon, qui va pouvoir être la seule enseigne à continuer à vendre en cette période de confinement", a critiqué le patron du PS sur France 2.

"C'est insupportable parce que ce n'est absolument pas cohérent et personne ne peut le saisir", a-t-il ajouté.

Selon lui, "nous avons une période qui est très angoissante pour les Françaises et les Français, on n'est pas obligé d'y rajouter l'incompétence et l'impréparation permanente de ce gouvernement".

"Le Premier ministre est très embarrassé parce qu'il découvre les sujets les uns après les autres", a-t-il accusé.

M. Faure s'est aussi interrogé sur la définition des produits essentiels en prenant l'exemple des vêtements pour les enfants et des livres. Il a d'ailleurs réclamé la réouverture des librairies car le "livre est un bien essentiel, qui fait partie des oeuvres de l'esprit", surtout en cette période où on défend la liberté d'expression.

Pour lui, le gouvernement devrait laisser au préfet la possibilité d'ouvrir des petits commerces car "il y a des tas d'endroits, des villages, des petites villes, où le commerce de proximité est le seul qui soit disponible".

M. Faure a également proposé d'instaurer "une taxe exceptionnelle sur les GAFA qui permette d'aller abonder un fonds de solidarité en faveur de ceux qui sont obligés de fermer aujourd'hui".

Interrogé sur les maires qui prennent des arrêtés pour ouvrir les commerces, le patron du PS a répondu: "Je ne les inciterai pas à le faire, mais je comprends le geste, ils veulent créer le débat et pousser le gouvernement à prendre les bonnes décisions". "Ça n'est pas la bonne solution mais enfin parfois on est amené quand on est maire à alerter par le canal qui est celui-là", a-t-il ajouté.