C1: Kyle Walker, le roc méconnu de Manchester City

Manchester (Royaume-Uni) (AFP) –

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Inamovible arrière droit de Manchester City et de l'équipe d'Angleterre, Kyle Walker n'est pas le plus connu des Citizens. Mais il est depuis plusieurs saisons l'élément le plus fiable de la défense mancunienne, qui affronte mardi l'Olympiakos en Ligue des champions (21h00).

Après leurs succès contre Porto (3-1) et à Marseille (3-0), les Citizens sont dans une très bonne position avant de recevoir les Grecs, 3e du groupe C avec 3 points. Et Walker aborde cette rencontre en pleine confiance, à l'image de son club.

Après une préparation raccourcie par une trêve réduite, Manchester City semble trouver son rythme de croisière et même sa défense ne semble plus aussi friable, notamment grâce à son arrière droit, parfois aligné dans l'axe.

A 30 ans, le joueur au physique robuste a fait taire tous les critiques qui le jugeaient peu fiable, maladroit ou limité.

"Kyle a été une recrue incroyable et je veux vraiment remercier le club de l'avoir amené ici", avait même dit de lui le coach catalan, juste avant le match de samedi où il a inscrit, pour son 100e match sous le maillot bleu ciel, le but décisif contre son club formateur, Sheffield United (1-0).

- "Le meilleur Kyle jamais vu" -

"J'ai le sentiment que c'est le meilleur Kyle jamais vu", avait ajouté Pep.

"Il a été le meilleur défenseur de Premier League jusqu'ici", avait aussi jugé l'ancien défenseur Rio Ferdinand, 81 sélections avec l'équipe d'Angleterre, au micro de BT Sport après ce match.

"Il attaque ses matches avec de la détermination, il mord dedans. Il n'est jamais en roue libre ou à se prélasser, tout est fait à fond la caisse", avait ajouté le consultant.

Des éloges tardifs pour un joueur dont le transfert, pour plus de 50 millions d'euros depuis Tottenham en 2017 - qui avait fait de lui le défenseur le plus cher de l'histoire, dans un été de tous les excès marqué par les 220 M EUR dépensés pour Neymar par le Paris SG -, avait fait jaser.

"Imaginez combien il vaudrait s'il savait centrer !", avait sournoisement tweeté l'ancien attaquant Gary Lineker.

Centrer n'est toujours pas son point fort - ce n'est de toute façon pas ce que lui demande Guardiola - et Walker est le premier à admettre qu'il a mis du temps à peaufiner son jeu.

Formé comme attaquant chez les Blades, il avait dépanné par hasard au poste d'arrière droit pour un match contre Nottingham Forest.

- Bols de céréales et salle de muscu -

"Leur ailier gauche était leur meilleur joueur et son point fort était qu'il était rapide, et j'étais rapide, donc on ne l'a pas vu du match", avait raconté Walker à The Athletic il y a quelques semaines.

"J'ai joué le match suivant arrière droit en FA Youth Cup (Coupe Gambardella anglaise, NDLR) et je n'ai jamais regardé en arrière depuis", avait-il ajouté.

A sa rapidité qui le rend presque infranchissable à la course, il a ajouté une dimension athlétique tardive.

"Je devais aller à la salle de muscu plus que les autres", s'était-il encore souvenu, évoquant les bols de céréales ingurgités avant de dormir dans l'espoir de s'épaissir, sur les conseils du directeur du centre de formation des Blades.

"Pour être honnête... ça a marché, mais je ne sais pas si c'est dû aux céréales où juste que je me suis mis à grandir", avait-il expliqué.

Son passage à Tottenham de 2009 à 2017, et notamment les droits dernières saisons sous les ordres de Mauricio Pochettino, ont été décisifs, "élevant mon jeu à un tout autre niveau", a-t-il admis.

"Il m'a fait mieux comprendre le jeu sur le terrain", mais aussi l'importance du sommeil et de la nutrition pour un joueur de très haut niveau.

Un apprentissage qui explique peut-être son absence de blessure depuis 5 ans et sa forme resplendissante à 30 ans. Au point que Kyle Walker peut rêver de gloire en Ligue des champions et à l'Euro l'été prochain.