Hand: avec ses Bleus, Gille veut "voir haut, loin et grand"

Paris (AFP) –

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Après l'échec retentissant de l'Euro-2020, le nouveau sélectionneur de l'équipe de France de handball Guillaume Gille présente ses idées pour que ce "groupe meurtri" puisse "voir haut, loin et grand" alors qu'approchent le Mondial et le tournoi de qualification olympique, en janvier et mars 2021.

A l'occasion du premier regroupement des Bleus depuis le début de la pandémie, à la maison du handball de Créteil, malgré l'annulation des deux matches prévus cette semaine (Belgique et Grèce), Gille a présenté son projet, entouré de son nouveau capitaine, Michaël Guigou, et de l'ancien, Cédric Sorhaindo.

Q: Avez-vous pu débriefer la déroute à l'Euro (défaite au premier tour) ?

R: Le débriefing de l'Euro, vue la configuration de l'équipe, n'aurait pas eu beaucoup de sens. Il manque beaucoup de protagonistes. Une grosse partie de cet effectif est étrangère aux difficultés vécues en janvier. Cette idée n'a pas été oubliée mais je crois que déjà, les uns et les autres se retrouvant, pouvoir communiquer directement, cela permet d'avancer. Il y a huit, neuf mois qui se sont écoulés, bien évidemment que l'énergie n'est pas centrée sur ce qu'il s'est passé. On n'est pas en permanence en train de regarder dans le rétro. On a envie d'avancer, de relever la tête et de voir loin. Ce groupe a été meurtri, staff et joueurs compris, durant les derniers mois, donc on a besoin de retrouver un projet commun, de tous montrer un autre visage.

Q: Tourner la page a-t-il été possible, malgré la pause du hand international due à la pandémie de coronavirus ?

R: On s'est retrouvé dans une forme de paradoxe, à savoir qu'il fallait absolument qu'on se retrouve, qu'on puisse collectivement solder l'aventure de l'Euro mais il n'y avait aucune perspective, aucune échéance qui arrivait. Donc bien sûr qu'avec le staff on s'est mis en quête d'un process qui nous permette de reprendre le contact avec l'ensemble, donc : 'Zoom', entretiens au téléphone, entretiens plus ciblés avec certains cadres, pour à la fois être sûr d'avoir identifié toutes les problématiques, mais surtout mettre ce groupe dans une autre dynamique.

Q: Vous étiez membre du staff pendant l'Euro. Quelle conséquence en tirez-vous ?

R: Bien sûr je me sens aussi en partie responsable de cette cruelle désillusion. A partir du moment où l'on fait un sport collectif et qu'on se retrouve dans ces difficultés-là, bien évidemment qu'en tant que membre du staff j'ai aussi eu l'occasion de remettre en cause ce qui s'était passé, mon mode de fonctionnement, mes erreurs, ça fait partie des bilans que j'ai pu faire, qui m'ont permis de me relever et d'envisager la suite. L'échec de l'Euro est un échec collectif, où chacun d'entre nous, joueurs et staff compris, porte une part importante.

Q: Que va changer pour vous l'inhabituel calendrier du Final 4 de la Ligue des champions 2019-2020, les 28 et 29 décembre ?

R: Quand on regarde les quatre participants (Paris SG, Barcelone, Veszprem, Kiel), on s'aperçoit que l'équipe de France vient largement piocher dans trois de ces équipes (les trois premières, ndlr), donc ces garçons-là ne seront pas présents pour notre traditionnel stage de fin d'année. On va se retrouver avec un groupe plus ouvert, des nouvelles têtes, forcément, parce qu'on parle de 11, 12, potentiellement 13 joueurs en moins. Il y a une porte qui s'ouvre, une opportunité pour tout un tas de nouveaux joueurs.

Q: Avez-vous peur que les prochaines compétitions soient à leur tour affectées par la pandémie ?

R: On peut avoir peur de tout en ce moment, on peut aussi arrêter d'avoir peur. On sait juste qu'il faut se préparer à tous les scénarios possibles. Oui, il y a de l'incertitude, sur la tenue du Mondial, du TQO, des Jeux olympiques. Mais une fois qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on fait? On s'arrête de travailler, on raccroche les baskets et on dit à tout le monde de rester chez soi ? Non. Il faut être prêt à se confronter à ces échéances, être en capacité d'être au rendez-vous. Le Covid est un gros caillou dans la chaussure mais rien ne doit nous empêcher de voir haut, de voir loin, de voir grand.

Propos recueillis en visioconférence de presse