L1: Mavididi fait son nid à Montpellier

Montpellier (AFP) –

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Recrue restée jusque-là dans l'ombre, l'attaquant anglais Stephy Mavididi fait petit à petit son nid dans une équipe de Montpellier qui espère confirmer son sursaut en Ligue 1, samedi à Bordeaux (17h00), et revenir aux portes de l'Europe.

A défaut de forcer la porte d'Arsenal (2010-2018), son club formateur, puis de la Juventus Turin (2018-2019), l'attaquant anglais a pris la tangente du football français pour déboucher au plus haut niveau: d'abord à Dijon, l'an passé sous forme de prêt (8 buts dont 5 en Ligue 1), puis aujourd'hui à Montpellier, où il a été transféré cet été de la Juve pour 6,3 millions d'euros et un contrat de quatre ans.

"Nous avons effectué un sérieux effort de recrutement pour engager cet attaquant dont le profil manquait à notre effectif", rappelle le président Laurent Nicollin.

Mavididi n'a plus de temps à perdre. Blessé à une cheville au terme de la préparation, à l'occasion d'une rencontre amicale face à Rodez (L2) le 14 août, le jeune attaquant, âgé de 22 ans et originaire de Derby au nord de Londres, a manqué la reprise.

Mais il a profité de ses premières véritables minutes de jeu pour marquer son territoire et bousculer la hiérarchie d'une attaque conduite par le duo Delort-Laborde.

Après quelques bouts de match, Mavididi, entré à la pause à Monaco le 18 octobre, s'est offert un premier but en solo (1-1).

- "La fibre du buteur" -

Quinze jours plus tard, pour sa première titularisation à Geoffroy-Guichard, il a récidivé pour assurer le premier succès à l'extérieur de Montpellier (1-0), après avoir enveloppé une frappe à la manière de Thierry Henry, son modèle et ancien formateur chez les Gunners.

"On sent chez lui la fibre du buteur qui peut nous mettre des buts importants. A Monaco ou Saint-Étienne, il a fait la différence et un grand bien à l'équipe", relève le meneur de jeu Florent Mollet.

"Il nous amène les qualités que l'on avait décelées chez lui", se réjouit l'entraîneur Michel Der Zakarian. "On voulait un attaquant de rupture, à travers sa vitesse et ses appels de balle. Il a démontré tout ça de belle manière à Saint-Étienne", poursuit "Der Zak".

Le premier joueur anglais de Montpellier, aux origines congolaises, a nourri sa soif de réussite dans la rudesse du quartier d'East London.

"Certains ont fait les mauvais choix dans leur vie, d'autres sont morts. Le foot m'a permis de sortir les miens de là. Ma mère a travaillé tellement dur… Je veux toujours lui donner plus, jouer le plus haut possible pour la rembourser de tous ses sacrifices durant mon enfance", témoignait au journal régional Midi-Libre ce fils d'une femme de ménage.

- "Complémentaires" -

Mavididi veut se faire sa place. Cet attaquant polyvalent peut être tout à la fois le complément du duo Delort-Laborde, aux qualités jumelles, et le chaînon manquant d'une équipe défaillante la saison précédente loin de la Mosson.

"Au-delà de sa vitesse et de son efficacité, Stephy a des caractéristiques complémentaires d'Andy (Delort) et Gaëtan (Laborde), nos deux guerriers", précise le coach.

L'international anglais des moins de 20 ans peut évoluer au côté des deux avant-centres. Pour cela, Montpellier, et Der Zak, est prêt à bousculer ses habitudes tactiques au point d'abandonner la semaine passée son schéma en 5-3-2.

Par ailleurs, par sa force de percussion, il élargit la palette de l'attaque. "Quand on joue au milieu, il nous apporte des solutions pour jouer dans les espaces", argumente Florent Mollet.

"A l'extérieur, on avait jusque-là un jeu un peu trop stéréotypé. Grâce à ses qualités, on peut faire mal à l'adversaire et le faire déjouer", poursuit le milieu de terrain.

Mavididi, buteur lors des deux ultimes déplacements, cherchera à forcer le verrou de Bordeaux, défense à zéro but à domicile. Pour continuer à faire son trou en Ligue 1.