Rugby: Yoann Huget prendra sa retraite à la fin de la saison

Toulouse (AFP) –

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Son corps lui a dit d'arrêter: habitué du XV de France dans les années 2010, l'ailier ou arrière toulousain Yoann Huget, âgé de 33 ans, prendra sa retraite en fin de saison.

Fort de 62 sélections avec le XV de France entre 2010 et 2019, il a expliqué sa décision dans un entretien diffusé dimanche soir dans le Canal Rugby Club.

"Ça fait deux ans que je traîne une blessure au tendon d'Achille, j'ai du mal à m'en remettre", explique le trois-quarts toulousain au diffuseur du Top 14.

"C'est pour ça que j'ai pris cette décision d'arrêter et de laisser mon corps se restructurer parce que depuis 2015 je l'emmène dans des retranchements qui sont un peu durs. Je pense que c'est le bon moment."

Formé au Stade Toulousain avec lequel il a débuté sa carrière professionnelle en 2005, mais en manque de temps de jeu sous le manager Guy Novès, l'Ariégeois s'était exilé à Agen (2008-2010) puis à Bayonne (2010-2012) avant de revenir à Ernest-Wallon pour la fin de l'ère Novès (2012-2015) et l'avènement d'Ugo Mola.

Sous les ordres de ce dernier, il remporte enfin un titre de champion de France sur le terrain, en 2019 contre Clermont (24-18), en marquant de surcroît les deux essais de son équipe en finale.

Son parcours avec les Bleus - 14 essais à la clé - restera marqué par deux mésaventures en Coupe du monde: des manquements au suivi antidopage le privent de l'édition 2011, avant une rupture des ligaments croisés dès le premier match de l'édition 2015 contre l'Italie. Il a en revanche pleinement oeuvré au parcours de la sélection au Japon en 2019 en disputant trois des quatre matches comme titulaire.

- En Bleu, les années noires -

L'échec en quarts de finale face au pays de Galles (20-19) sonnera le glas d'une carrière internationale longue d'une décennie mais pas des plus heureuses, avec un XV de France dépassé par les meilleures nations.

D'abord non désiré à Toulouse, Huget aura aussi mangé son pain noir en club avant de connaître enfin les sommets avec le bouclier de Brennus de 2019.

"Ma carrière, elle a été dure, mais elle a été belle", résume-t-il. "Tout ça, ça a été dur à aller chercher, mais j'ai profité de tout ce que j'ai eu. Le commencement, le Stade Toulousain, l'équipe de France. Il faut souffrir un peu, mais bon, ça valait le coup".

Depuis le début de saison, Huget n'a disputé que deux matches de championnat. La faute à des problèmes physiques récurrents, mais aussi à l'émergence de la nouvelle génération d'arrières toulousains incarnée par Matthis Lebel et Lucas Tauzin, champions du monde juniors avec les Bleuets.

"Il y a des bons joueurs qui arrivent au Stade, il y a des jeunes joueurs, la formation est en train de prendre une grosse ampleur, il y a d'autres joueurs que personne ne connaît encore mais qui sont bourrés de talent", souligne-t-il.

Selon Huget, Toulouse lui avait proposé une prolongation d'un an mais il ne se voyait pas "re-signer en n'ayant pas toutes les certitudes d'être à 100%".

Le natif de Pamiers, qui n'a pas dévoilé de projet pour l'après-carrière, a la possibilité de partir sur un deuxième titre de champion de France d'affilée avec Toulouse - la saison passée a été définitivement interrompue par la pandémie de Covid-19 - le 25 juin 2021 au Stade de France. "Je vais finir l'année parce que je suis bien, que je suis compétiteur, je vais la finir du mieux possible en donnant tout ce que j'ai".

Son compère en club et sélection Maxime Médard, âgé de 33 ans également, arrive aussi en fin de contrat l'été prochain, avec une année supplémentaire en option.