Ski alpin: "Gagner ma place" en géant, ambitionne le slalomeur Clément Noël

Paris (AFP) –

Publicité

Passé tout près du sacre en Coupe du monde de slalom l'hiver dernier, Clément Noël doit patienter jusqu'à fin décembre pour retrouver sa discipline favorite, plus de deux mois après la reprise du ski alpin à Sölden (Autriche).

Après avoir goûté pour la première fois au géant en Coupe du monde en février, le Vosgien de 23 ans explique à l'AFP vouloir "se confronter aux autres", idéalement via des qualifications en interne, pour tenter de gagner sa place à la loyale dans cette discipline.

QUESTION: La saison a repris mais le premier slalom en Coupe du monde n'aura lieu que le 21 décembre à Alta Badia (Italie), plus de dix mois après le précédent à Chamonix (le 8 février)...

REPONSE: "Ca me fait un long moment sans course entre mi-février et le 21 décembre, c'est une grosse coupure et donc une grosse préparation. Il faut prendre le temps de faire bien les choses pour arriver prêt, c'est sûr qu'on n'est pas pressés par le temps..."

Q: En dix mois sans slalom est-ce qu'on perd son niveau?

R: "Je verrai ça à la première course. Mettre un dossard c'est toujours différent c'est sûr. Là on a eu un mois de coupure en plus au printemps et un mois cet automne, je ne sais pas si ça va changer quelque chose. De toute façon avant la première course on manque de repères."

Q: Que pensez-vous du calendrier modifié à cause du Covid-19?

R: "Si tout se déroule normalement ça s'annonce plutôt bien avec pas mal de belles courses. Ça va être très condensé entre fin décembre et janvier (neuf slaloms, NDLR). J'aime enchaîner les courses donc ce n'est pas grave. Il faudra gérer la fatigue, bien s'isoler, faire très attention, ce ne sera pas le moment d'avoir un test positif (au Covid-19). Même tomber malade d'autre chose ce serait très embêtant, il faudra être en forme et bien prêt."

Q: Vous avez disputé un géant l'an dernier. Envisagez-vous de continuer sur cette voie?

R: "Je m'entraîne, je fais tout pour progresser. Je n'ai pas envie de m'aligner sur un géant en n'étant pas prêt ou en prenant la place de quelqu'un qui est meilleur que moi. Plusieurs facteurs entrent en jeu. Si c'était juste l'envie, je l'ai, je veux en faire beaucoup. Il faut aussi que je sois physiquement capable de faire du géant."

Q: Pensez-vous passer d'abord par la Coupe d'Europe (le circuit secondaire)?

R: "Je ne sais pas. On peut aussi faire des qualifications en interne... Si j'ai le niveau j'aimerais me confronter aux autres pour gagner ma place pour les courses de Coupe du monde. L'équipe française de géant est très forte et très dense. On verra avec les coachs (...) Cet été, j'en ai fait un peu plus à l'entraînement que l'an dernier où j'avais été gêné par le dos. Je progresse correctement, c'est positif."

Q: Avez-vous été atteint de manquer le petit globe de slalom pour deux points derrière le Norvégien Henrik Kristoffersen?

R: "Je n'ai pas eu de moment où ça m'a vraiment miné le moral. J'ai été un peu frustré, mais tout ce que j'ai pu faire je l'ai plutôt bien fait, je n'ai rien à regretter de ma saison. Elle a été belle (six podiums dont trois victoires)."

Q: Vous projetez-vous dans votre carrière? Jusqu'aux Jeux olympiques de Pékin en 2022 par exemple?

R: "Je n'ai pas de plan de carrière, je ne me projette pas. Je suis plutôt dans l'instant. Si je m'imagine une carrière complète, j'ai fait de belles choses en Coupe du monde, les autres objectifs comme les JO, les Mondiaux et gagner un globe sont forcément dans un coin de ma tête, ce sont les plus belles choses à gagner et je ne les ai pas gagnées. Mais je n'ai pas de plan du type monter en puissance jusqu'aux Jeux de 2022. C'est très imprévisible une carrière de skieur. Pour l'instant, ça m'a réussi de réfléchir comme ça et ça fait partie de mon caractère, donc je ne vais pas changer ça."

Propos recueillis par Robin GREMMEL