"Sécurité globale": un journaliste de France 3 gardé à vue 12 heures

Paris (AFP) –

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Un journaliste de France Télévisions a été placé en garde à vue alors qu'il filmait des interpellations à la fin d'une manifestation contre la proposition de loi "sécurité globale" mardi soir, déplore le groupe qui "condamne cette restriction des droits de la presse".

"Identifié par sa carte de presse, il a été néanmoins arrêté et remis en liberté aujourd'hui en tout début d’après-midi. Aucun autre motif de garde à vue et l’affaire a été classée sans suite", précise le groupe audiovisuel dans un communiqué mercredi.

"La Direction de France Télévisions condamne cette restriction des droits de la presse et l’obstruction au bon exercice du droit d’informer" et "se réserve l'éventualité de toutes suites utiles".

Le journaliste travaillait pour France 3 Paris-Ile-de-France et filmait avec son téléphone portable. Il a passé plus de 12 heures en garde à vue et a écopé d'un rappel à la loi.

La direction de France 3 Paris Île-de-France "condamne avec la plus grande fermeté cette arrestation abusive et arbitraire d’un journaliste dans l’exercice de son travail".

Des centaines de personnes se sont rassemblées mardi après-midi près de l'Assemblée nationale à l'appel notamment de syndicats de journalistes et d'associations de défense des droits de l'homme pour protester contre la proposition de loi "sécurité globale", qui empêcherait selon eux les journalistes et citoyens de filmer les forces de l'ordre durant les manifestations.

Le rassemblement vise l'article 24 de cette proposition de loi portée par LREM et son allié Agir, dont l'examen démarrait mardi.

"Plusieurs reporters, travaillant pour différents médias, ont égalemnt été molestés ou interpellés lors de cette manifestation", a déploré le Syndicat national des journalistes (SNJ) dans un communiqué, alors que la préfecture de police a fait état de 33 interpellations après des échauffourées à la fin du rassemblement.

Le syndicat appelle à un nouveau rassemblement samedi après-midi, place du Trocadéro à Paris et "dans de nombreuses autres villes".

"Les graves incidents du 17 novembre doivent tous, journalistes, dirigeants de presse et citoyens, nous rappeler que la liberté d'informer est menacée", a regretté dans un autre communiqué le SNJ de France Télévisions.

Les journalistes "doivent se rapprocher des autorités" en amont des manifestations qu'ils veulent couvrir afin de pouvoir en "rendre compte" et "faire (leur) travail", a affirmé mercredi Gérald Darmanin, lors d'une conférence de presse consacrée à l'activité des forces de l'ordre.