Pas question d'accréditer les journalistes à des manifs, assurent plusieurs rédactions

Paris (AFP) –

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Les directions des rédactions d'une trentaine de médias se sont engagées à ne pas accréditer leurs journalistes pour couvrir des manifestations, au nom de la liberté de la presse, dans une tribune publiée vendredi sur le site du Monde.

"Responsables de rédaction, nous nous inquiétons de la volonté du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, de porter atteinte à la liberté de la presse dans le cadre des manifestations", écrivent-ils.

"Les journalistes n’ont pas à se rapprocher de la préfecture de police pour couvrir une manifestation. Il n’y a pas d'accréditation à avoir pour exercer librement notre métier sur la voie publique. Nous refuserons, pour cette raison, d'accréditer nos journalistes pour couvrir les manifestations", ajoutent les signataires.

En outre, "ce dispositif s’inscrit dans un contexte particulièrement inquiétant avec la proposition de loi sur la +sécurité globale+ qui prévoit la restriction de la diffusion des images de policiers et de gendarmes", ajoutent les directions des rédactions, qui réaffirment également leur "attachement à la loi de 1881 sur la liberté de la presse" et assurent qu'ils resteront "vigilants pour qu’elle soit préservée".

Cette tribune a été signée par les responsables des rédactions de l'AFP, BFMTV, Le Canard enchaîné, Charlie Hebdo, CNews, Courrier International, Europe 1, ainsi que les rédactions de France Télévisions, le HuffPost, La Croix, La Croix hebdo, La Vie, LCI, Le Pèlerin, Les Echos, L’Express, Le Figaro, Le Figaro-Magazine, Le Point, Le Monde, Le Parisien/Aujourd’hui en France, Libération, L’Obs, M6, Marianne, Mediapart, Télérama, les antennes de Radio France, RMC, RTL, TF1.

Par ailleurs, plusieurs dirigeants de ces médias ont exprimé leur préoccupation concernant l'article 24 de la proposition de loi "pour une sécurité globale", dont la direction de l'information de l'AFP.

Cette disposition controversée "menace l'exercice du travail des journalistes sur le terrain, la liberté de la presse et plus généralement le droit d'informer", a estimé le directeur de l'information de l'agence de presse, Phil Chetwynd.

De son côté, le directeur du Monde Jérôme Fenoglio déclare dans un éditorial publié vendredi, qu'"aucune réécriture ne peut plus justifier l'indéfendable article 24, dont la suppression pure et simple s’impose désormais".

Le gouvernement s'est engagé jeudi soir à amender cet article pour garantir la liberté d'informer, alors que les syndicats de journalistes et défenseurs des libertés publiques estiment que cette mesure interdirait en pratique de filmer les forces de l'ordre et empêcherait de documenter les violences policières.