Vendée Globe: la pression monte entre Thomson, Ruyant et Dalin

En mer (AFP) –

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Grands favoris de cette neuvième édition du Vendée Globe, Alex Thomson et ses poursuivants Thomas Ruyant et Charlie Dalin rivalisent de stratégie vendredi face à l'anticyclone de Saint-Hélène pour rejoindre le cap de Bonne Espérance.

Au classement de 12h00 heure française (11h00 GMT), le Gallois Thomson (Hugo Boss) mène toujours la flotte de 32 bateaux, et ce depuis le 15 novembre.

Le Britannique, deuxième de la dernière édition (2016/2017), tient à distance Thomas Ruyant (LinkedOut) à 15,55 milles nautiques, soit quelque 28 km, et Charlie Dalin (Apivia) à 54,3 nm (100 km).

Le trio de tête, qui emmène l'armada du Vendée Globe depuis leur sortie du Pot-au-Noir mercredi et qui évolue actuellement au large du Brésil, a dans son viseur la pointe de l'Afrique du sud et pour y arriver, chacun choisit sa route.

"Dans les prochaines 24 heures, il va falloir faire des choix et définir une route vers l’est pour la semaine et ce n'est pas évident", avait prévenu Dalin jeudi. "Pour le moment, c’est une vraie course de vitesse, on crée des petits décalages mais ça ne change pas énormément"

Selon les prévisions de son équipe, Dalin devrait passer le cap de Bonne Espérance dans une huitaine de jours.

- Envolées -

Reste à savoir lequel des trois skippers aura pris la meilleure option pour contourner l'anticyclone de Sainte-Hélène. Thomson navigue plus à l'ouest, Ruyant est décalé dans l'est et Dalin se retrouve entre les deux.

Les trois navigateurs sont à la barre de voiliers +volants+ dernière génération ('les foilers'), qui ont chacun leur spécificité ce qui explique sans doute les stratégies de route.

Les foilers sont des bateaux éprouvants mais très rapides. Depuis le départ de la course des Sables d'Olonne le 8 novembre, Ruyant détient le record de distance parcourue en 24 heures, soit 508,2 milles nautiques (environ 941 km) le 16 novembre.

Sébastien Simon (Arkéa Paprec) a failli faire mieux ces dernières heures avec 507,3 nm (environ 939 km).

"Ce qui est dur à gérer, ce sont les envolées du bateau, mais c’est ce qui me permet d’aller vite car le bateau est très puissant. Il vole très tôt, parfois il est posé sur l’eau selon les conditions de mer et de vent, et parfois il s’envole, et s’il s’envole un peu haut quand il retombe, il faut faire raccrocher le bateau, et c’est cela qui demande de l’énergie", a souligné Simon, classé dixième, à 362 nm (672 km) de Thomson et qui lorgne aussi l'anticyclone de Sainte-Hélène.

- Poissons volants -

"Dans l’Atlantique Sud, ce ne seront pas des conditions à record. On a cet anticyclone à contourner, c’est pour cela que nous nous dirigeons vers le Brésil. Ensuite, on a un front à négocier, ça va être une route extrême Sud. Nous allons sûrement aller chercher la zone de glace bien plus tôt que le cap de Bonne-Espérance. En tout cas, ce ne sera pas une route très directe", a relevé le skipper, qui participe à son premier tour du monde en solitaire.

Bien loin derrière Simon, Didac Costa (One Planet One Ocean) s'approche, lui, du Pot au Noir.

"Il y a de moins en moins de mer, de moins en moins de vagues et il fait surtout plus chaud ! Il y a pas mal de poissons volants qui sautent sur le pont, certains sont même passés juste à côté de mon visage ! Quand je peux, j'essaye de les sauver et de les remettre à la mer", a raconté le pompier espagnol.

Au douzième jour de course, il n'y a qu'un seul abandon, celui de Nicolas Troussel (Corum L'Epargne) après un démâtage lundi au large du Cap-Vert.