Vendée Globe: Ca balance pas mal pour Dalin et Ruyant

En mer (AFP) –

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Un coup à droite, un coup à gauche: le leader du Vendée Globe Charlie Dalin et son dauphin Thomas Ruyant jouent de manœuvres en manœuvres mardi pour toucher le peu de vent tout en tentant d'échapper à une zone anticyclonique qui serait un coup de frein sur leur route du sud.

"J'imaginais plus l’Atlantique sud comme la zone la plus rapide du tour du monde, et bien c’est raté !", a lancé Dalin mardi matin lors d'une vacation avec le PC course.

Sur son bateau dernière génération capable de +voler+, Dalin (Apivia) tient la tête de la course depuis lundi matin dans un duel avec Ruyant (LinkedOut), lui aussi à la barre d'un voilier +volant+ dernier cri.

Selon la direction de course, au jeu des empannages (passer d'un bord sur l'autre avec le vent dans le dos), Dalin a un coup d'avance: dix empannages en 36 heures pour Dalin contre neuf pour Ruyant (au pointage de 7h/6h GMT mardi).

"On passe du temps à la table à cartes pour trouver le chemin. On en connaît les grandes lignes, mais il y a beaucoup de subtilités à gérer et, pour l’instant, Charlie (Dalin) fait ça très, très bien. Charlie a pris un peu d’avance, mais on n’est pas si loin, et on a un écart assez important avec le reste de la flotte", a souligné Ruyant, qui a dû monter lundi en haut du mât pour quelques petites réparations.

- 'C'est pas possible' -

Les deux marins, qui naviguent au milieu de l'Atlantique sud, ne sont séparés que d'une centaine de kilomètres (56,76 milles nautiques) et cherchent le meilleur chemin pour rejoindre le cap de Bonne-Espérance.

"On est dans une zone très perturbée avec ce front qui coupe l’anticyclone. On va aller chercher le sud de l’anticyclone le plus sud. La route va être vers le sud-est, pour ensuite aller chercher la zone des glaces et une route plus classique pour le début de l’océan Indien", a relevé Ruyant.

A quelque 500 kilomètres derrière eux, Jean Le Cam savoure une troisième place inattendue. A bord de son bateau vieux de 13 ans (Yes We Cam!), le marin de 61 ans n'avait pas envisagé de se retrouver devant des bateaux de toute dernière génération.

"Personne ne l'avait imaginé ! Même pas nous !", a dit Le Cam lors de l'émission quotidienne dédiée au Vendée Globe et diffusée sur le site de l'organisation.

"C'est quelque chose qui n'est pas prévisible. Là, c'est pas possible, pas possible d'avoir 10 jours de reaching (situation où le bateau avance avec du vent de travers donc très vite, NDLR) sur le même bord et que je sois là" a poursuivi le skipper, qui participe à son cinquième Vendée Globe.

- 'Comme un pet sur une toile cirée' -

"Là c'est mer plate, ça glisse comme un pet sur une toile cirée, c'est le cas de le dire! C'est super agréable, c'est nickel".

Le Cam est suivi de Kevin Escoffier (PRB), qui pointe à 50 nm derrière (80 km), puis de Yannick Bestaven (Maître Coq IV) et de l'Allemand Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco).

A l'arrière de la flotte, Armel Tripon et son bateau +volant+ (L'Occitane en Provence) frôlent les côtes brésiliennes mais reviennent petit à petit dans le jeu (24e).

Le Japonais Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One), obligé de réparer pendant six jours sa grand voile déchirée, reprend lui aussi le cours de la course.

Idem pour le grand favori Alex Thomson (Hugo Boss), dont le bateau a subi des dommages structurels, une avarie qui lui a fait perdre plus de 500 milles nautiques (800 km) en 24 heures. L'ancien leader a dégringolé à la 8e place.

Enfin Sébastien Destremau (Merci) semble en mesure de réparer les dommages subis sur sa quille, annoncés mardi matin à la direction de course.