Migrants: deux journalistes se plaignent devant la justice d'être "empêchés de travailler"

Lille (AFP) –

Publicité

Deux journalistes ont dénoncé lundi devant le tribunal administratif de Lille l'"entrave" à la liberté d'informer que représente selon eux l'impossibilité d'accéder à des évacuations de camps de migrants sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais

Ils demandent au tribunal d'enjoindre aux préfectures du Nord et du Pas-de-Calais de les "autoriser à accéder aux différents sites" d’évacuation pour y réaliser leurs reportages. La décision est attendue au plus tard mardi.

"On est avant tout là pour pouvoir faire notre travail à l'instant T, on demande simplement à pouvoir retourner sur le terrain et couvrir ce qui s'y passe", a expliqué avant l'audience le journaliste rédacteur Simon Hamy, à l'origine avec son collègue photojournaliste travaillant sous le pseudonyme de Louis Witter de ce recours en "référé-liberté".

Les deux journalistes de 30 et 25 ans dénoncent une "atteinte grave" et illégale à la liberté d’informer, après s'être vu "opposer un refus de documenter" des opérations d'évacuation de migrants à cinq reprises, mardi et mercredi derniers, à Grande-Synthe, Coquelles et en plusieurs lieux à Calais.

"Un périmètre de sécurité, c'est quelque chose de tout à fait classique", a insisté pour la préfecture du Nord Hervé Tourmente, sous-préfet de Dunkerque, "cela ne choque absolument personne et pas même la presse".

L'enjeu principal est selon lui d'"éviter tout suraccident", alors que des engins de chantier circulent dans la zone et que des armes à feu ou blanches peuvent également être présentes.

Le sous-préfet de Calais Michel Tournaire a quant à lui indiqué qu'à l'issue de chaque opération était diffusé un communiqué de presse qui "détaillait de manière précise les personnes mises à l'abri".

Dans ce dossier, le syndicat national des journalistes (SNJ) a déposé un mémoire en intervention volontaire pour appuyer les deux journalistes, estimant que "ces refus, qui ne trouvent pas à s'expliquer, constituent indéniablement une atteinte à la liberté de la presse".

"Faudrait-il une accréditation comme l'a suggéré M. Darmanin (le ministre de l'Intérieur) pour couvrir les opérations de police ?" a fait mine de s'interroger à l'audience l'avocat des deux journalistes, Me Henry-François Cattoir.