Biathlon: des Bleus en quête de rebond

Paris (AFP) –

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Orpheline de Martin Fourcade et étouffée par l'armada norvégienne, l'équipe de France de biathlon a vécu une première partie de saison très contrastée et espère enclencher une nouvelle dynamique avec la reprise de la Coupe du monde, vendredi à Oberhof (Allemagne).

Avec six podiums dont une victoire en neuf courses, le bilan des Bleus est loin d'être infamant, mais il fait pâle figure comparé à celui de la Norvège, qui place trois des siens parmi les quatre premiers du classement général (Johannes Boe, Sturla Holm Lagreid, Johannes Dale).

Certes, les Français doivent apprendre à vivre sans l'ogre Fourcade, l'homme qui a écrasé la discipline durant la dernière décennie, et leur préparation a été perturbée par les conséquences de la pandémie de Covid-19. Mais le contraste est pour le moment saisissant avec les Norvégiens, totalement survoltés (six succès dont 3 pour la révélation Lagreid), là où les Bleus doivent se contenter de coups d'éclat sporadiques.

Le cas de Quentin Fillon-Maillet est le plus emblématique. Promu leader avec la retraite de Martin Fourcade, le Jurassien n'avait pas caché ses hautes ambitions avant le début de l'hiver, annonçant son intention de lutter pour le gain du gros globe de cristal, propriété de Johannes Boe depuis deux ans. Mais avec une seule victoire (poursuite d'Hochfilzen) et une 2e position, le compte n'y est pas et le biathlète de 28 ans, 3e du général en 2019 et 2020, est déjà largement distancé en Coupe du monde (5e avec 89 points de retard sur Boe).

- "Manque de fraîcheur" -

"Il a été plutôt très bien sur le tir, mais il a eu du mal physiquement sur certaines courses, analyse Vincent Vittoz, l'entraîneur des Bleus. Il n'a pas retrouvé ce petit plus qui peut faire la différence sur les skis. C'est peut-être un manque de fraicheur et de compétition. Il s'est beaucoup investi pour cette saison et il n'a peut-être pas encore totalement digéré ce travail."

Pas évident non plus d'endosser le costume laissé vacant par Fourcade même si le technicien français balaye l'argument.

"Ce n'est pas une question de pression, mentalement il est là. Mais c'est quelqu'un qui se construit dans le travail, il n'a pas les mêmes facilités que d'autres et c'est réellement un besogneux", explique Vincent Vittoz, qui mise sur le réveil habituel du diesel Fillon-Maillet en 2e partie de saison pour lancer véritablement la machine.

- Gros travail foncier -

Pour bien tenir le choc, les Bleus ont d'ailleurs eu droit à un gros travail foncier durant les fêtes de fin d'année. Outre les épreuves habituelles de Coupe du monde, il y aura en effet une autre grande échéance à ne pas rater dans les semaines qui viennent avec les Mondiaux de Pokljuka (Slovénie), du 10 au 21 février.

Chez les dames où la Norvégienne Marte Olsbu Roeiseland mène le bal, la 2e place décrochée dès la 3e course par Anaïs Chevalier (sprint de Kontiolahti) n'a pas fait longtemps illusion, seule Julia Simon étant montée sur le podium par la suite (3e de la poursuite d'Hochfilzen). La faute à un déchet rédhibitoire à la carabine.

"On manque de régularité au tir, regrette Frédéric Jean, l'entraîneur des Bleues. C'est frustrant parce que physiquement, elles ont le niveau pour jouer régulièrement devant. Mais elles ont changé trois fois de coachs de tir en trois ans et il faut du temps pour assimiler les nouvelles méthodes de travail. Techniquement tout est en place et il y a moyen de faire de belles choses."

La preuve sur les relais où les Françaises ont réussi deux courses abouties (2e à Kontiolahti et à Hochfilzen).